1. Pourquoi lever des fonds ?
La levée de fonds peut répondre à différents besoins de l’entreprise :
- ● aider ou accélérer son développement en France ou à l’international ;
- ● financer un besoin en fonds de roulement (stocks, trésorerie d’exploitation, etc.) ;
- ● réaliser un investissement important (R&D, développement commercial, production, etc.) ;
- ● ou, plus simplement, accompagner le démarrage de l’activité.
Cette opération doit impérativement servir la vision de l’entreprise. Il n’existe pas de critère unique pour entamer une levée de fonds. Néanmoins, ce mode de financement est généralement plus adapté aux projets présentant un fort potentiel de développement sur un horizon de 3 à 5 ans. Il est donc important de déterminer quel sera l’objectif stratégique de cette levée de fonds et d’identifier les leviers de croissance sur lesquels vous pourrez vous appuyer.
Par exemple, investir X € dans une campagne de communication peut permettre d’augmenter de X % le trafic sur votre site internet et, à terme, de soutenir la progression du chiffre d’affaires.
2. Suis-je prêt(e) à partager le pouvoir de ma startup ?
L’entrée au capital d’un investisseur ne signifie pas uniquement l’obtention d’un financement : cela implique aussi de céder une partie du capital de l’entreprise et, le plus souvent, de partager certaines décisions stratégiques. La gouvernance devra ensuite se structurer différemment, notamment par la mise en place de reportings, d’instances de décision ou d’engagements contractuels. Cela implique également que la marge de manœuvre des fondateurs puisse se réduire au fur et à mesure de l’arrivée de nouveaux investisseurs.
3. Quand lever des fonds ?
Si vous n’avez pas encore lancé votre activité ou que vous venez de créer votre startup, il est souvent déconseillé de solliciter trop tôt des investisseurs. En effet, réaliser une levée de fonds prématurément peut avoir plusieurs conséquences :
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● prendre le risque de ne pas encore avoir suffisamment validé l’adéquation entre votre projet et son marché. Beaucoup d’entrepreneurs ajustent leur offre au démarrage en fonction de la demande réelle. Il est donc souvent utile de démontrer une première traction avant de convaincre des investisseurs ;
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● mobiliser un temps important sur la levée de fonds, au détriment du développement opérationnel de l’activité. Cela peut entraîner un ralentissement commercial temporaire. Il convient donc de s’assurer que votre trésorerie est suffisante pour couvrir les besoins de l’entreprise pendant la durée de l’opération.
Il est néanmoins possible d’obtenir des financements avant même une levée de fonds classique. D’autres solutions existent, comme le love money, le crowdfunding, certaines aides publiques ou encore des concours d’entrepreneuriat. L’avantage de certaines de ces solutions est qu’elles peuvent permettre de limiter la dilution du capital ou de préserver davantage l’autonomie des fondateurs, selon le mécanisme retenu.
4. Est-ce le financement le plus adapté ?
La levée de fonds est souvent associée aux business angels ou aux fonds d’investissement, qui financent l’entreprise en échange de titres ou d’une participation au capital. Cependant, avant d’engager cette démarche, il est indispensable de prendre en considération l’ensemble des autres sources de financement possibles, notamment :
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● L’autofinancement, c’est-à-dire la capacité de l’entreprise à financer ses investissements avec ses propres ressources. Cela peut passer, par exemple, par une optimisation du BFR, une réduction des coûts ou une cession d’actifs non stratégiques.
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● L’emprunt bancaire, qui implique un remboursement selon un échéancier défini à l’avance. En contrepartie, l’établissement prêteur perçoit des intérêts. Diversifier ses partenaires bancaires peut être pertinent selon la taille du projet et les besoins de financement.
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● Les aides publiques, notamment via Bpifrance, les collectivités territoriales ou certains dispositifs nationaux et régionaux, sous réserve des conditions d’éligibilité applicables.
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● Le love money, autrement dit la collecte de fonds auprès de l’entourage. Ce mode de financement est souvent mobilisé au démarrage. Il peut prendre différentes formes (apport au capital, prêt, compte courant d’associé, selon les cas). Il s’agit généralement de fonds apportés par la famille, les amis ou des proches.
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● La participation à des concours, notamment au moment de la création de la startup, afin d’obtenir un financement, un accompagnement ou de la visibilité. Ces concours sont souvent organisés par des associations, des écoles, des incubateurs ou des fondations. Ils constituent également un bon levier de réseautage.
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● Le financement participatif, également appelé crowdfunding. Il consiste à solliciter un large public, le plus souvent via une plateforme en ligne, afin de récolter des fonds. Selon le modèle choisi, il peut s’agir d’un don, d’un prêt ou d’une souscription de titres, avec ou sans contrepartie.
Les porteurs de projet à la recherche de financements sont nombreux. Pour séduire et convaincre, appuyez-vous notamment sur les points suivants :
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● Le pitch : c’est un élément fondamental pour présenter son projet de façon claire, concise et convaincante. Il doit être préparé avec soin. Une accroche percutante dès le début et un storytelling pertinent peuvent susciter la curiosité. Pour vous entraîner, de nombreux ateliers existent, y compris gratuitement. Entraînez-vous également devant vos proches en leur demandant de jouer le rôle d’investisseurs. Préparez-vous aux objections : certains interlocuteurs chercheront à tester la solidité de votre projet. Enfin, soignez votre posture et faites preuve d’engagement. Une personne motivée et crédible retiendra plus facilement l’attention. Prenez aussi le temps de vous renseigner sur les personnes devant lesquelles vous allez pitcher, par exemple via leur profil LinkedIn.
Il existe de nombreux investisseurs, qui se distinguent notamment par leur secteur de prédilection, le stade de développement des entreprises qu’ils financent, le montant investi ou encore leur stratégie d’accompagnement.
Il convient également de s’assurer de la capacité de l’investisseur à mettre à disposition un réseau, une expertise métier et un accompagnement adaptés aux besoins de la startup.
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● Le business plan : c’est un document clé pour présenter votre projet. Il permet de comprendre votre concept, votre marché, votre modèle économique et les perspectives de développement de votre startup. Établissez des prévisions financières réalistes. Par ailleurs, connaître votre business plan dans le détail vous aidera à répondre aux questions et à renforcer votre crédibilité.
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● La structuration du capital : avant toute levée de fonds, il est primordial de définir clairement la répartition du capital entre les associés afin de préparer l’arrivée de nouveaux investisseurs dans de bonnes conditions.
Il est également important de veiller à un bon équilibre entre dettes et fonds propres. Une structure financière trop déséquilibrée peut être perçue comme un facteur de risque par les investisseurs.
Bien sûr, il ne s’agit ici que de pistes de réflexion.
Remarques
La levée de fonds est une opération juridique, financière et stratégique structurante, tant pour les investisseurs que pour les fondateurs. L’accompagnement par des professionnels expérimentés est fortement recommandé, en particulier pour la négociation, la rédaction de la documentation juridique et l’analyse des conséquences sur la gouvernance et la répartition du capital. Un avocat et un expert-comptable pourront notamment vous aider à sécuriser l’opération et à apprécier la cohérence des objectifs financiers retenus.
Il convient également de porter une attention particulière aux clauses figurant dans les actes et pactes d’associés. Certaines stipulations peuvent produire des effets importants plusieurs années après la levée de fonds.