Par Jean-David Boussemaer, le 15 janvier 2026 - 5 min de lecture

Quel régime de TVA choisir lors de sa création d'entreprise ?

Créer une entreprise, c’est prendre une succession de décisions importantes. Et, il y en a une qui peut impacter immédiatement vos prix, votre trésorerie et votre gestion administrative : le régime de TVA. La TVA n’est pas qu’un sujet « comptable ». C’est un vrai choix stratégique. Et si vous le faites trop vite (ou par défaut), vous risquez de le regretter quelques mois plus tard.

choix

1. En résumé

  • La TVA est un impôt payé par le consommateur final, collecté par l’entreprise sur ses ventes (TVA collectée) et récupérable sur ses achats professionnels (TVA déductible), la différence étant reversée à l’État.
  • Comprendre la TVA dès la création est essentiel car elle impacte les prix, la trésorerie et la gestion, une partie des encaissements ne constituant pas un revenu réel.
  • Trois régimes existent au démarrage : la franchise en base (pas de TVA facturée ni récupérée), le réel simplifié (TVA avec gestion allégée) et le réel normal (déclarations fréquentes et précises).
  • Le choix du régime dépend principalement du type de clientèle, du niveau de dépenses et de la stratégie de l’entreprise, chaque option ayant des avantages et des limites.
  • Les erreurs courantes consistent soit à rester en franchise au détriment de la récupération de TVA et de la marge, soit à passer trop tôt à un régime réel en devenant moins compétitif sur le prix TTC.

2. Comprendre la TVA quand on démarre

Quand vous créez votre entreprise, la TVA peut sembler être un sujet technique réservé aux experts-comptables. En réalité, c’est un mécanisme assez logique… à condition de comprendre comment l’argent circule. L’idée de base est simple : la TVA est un impôt payé par le consommateur final, mais ce sont les entreprises qui la collectent puis la reversent à l’État.

TVA collectée : celle que vous facturez à vos clients

Dès que vous êtes soumis à la TVA, vous devez l’ajouter à vos prix de vente. Vous encaissez donc un montant TTC supérieur à votre prix HT, mais cette différence ne vous appartient pas : elle est encaissée « pour le compte de l’État ».

Exemple : vous vendez une prestation 1 000 € HT. Avec un taux de TVA à 20 %, vous facturez 1 200 € TTC. Dans ces 1 200 €, il y a 200 € de TVA collectée.

TVA déductible : celle que vous payez sur vos achats pro

Quand vous achetez du matériel, des logiciels, du stock ou des prestations pour votre activité, vous payez souvent de la TVA. Si vous êtes assujetti, vous pouvez récupérer cette TVA : on parle alors de TVA déductible.

Exemple : vous achetez un ordinateur 1 000 € HT, soit 1 200 € TTC. La TVA déductible est donc de 200 €.

C’est un point décisif en création d’entreprise : si vous avez des dépenses importantes au démarrage, récupérer la TVA peut améliorer votre trésorerie.

Ce que vous reversez à l’État : la différence entre les deux

Le principe final est très simple : TVA à payer = TVA collectée – TVA déductible.

Exemple complet :

  • Vous facturez 5 000 € HT sur un mois → 6 000 € TTC encaissés.
  • TVA collectée : 1 000 €.
  • Vous avez 2 000 € d’achats HT → 2 400 € TTC payés.
  • TVA déductible : 400 €.
  • TVA à reverser : 1 000 – 400 = 600 €.

Et si vos achats sont très élevés au démarrage (et vos ventes encore faibles), la TVA déductible peut dépasser la TVA collectée. Vous obtenez alors un crédit de TVA, qui peut être reporté sur les périodes suivantes ou faire l’objet d’un remboursement selon votre situation.

Pourquoi est-ce important dès la création d’entreprise ?

Parce que la TVA impacte directement votre quotidien : elle influence votre prix final (surtout si vous vendez à des particuliers), votre trésorerie (une partie de vos encaissements doit être mise de côté) et votre gestion (déclarations, suivi, échéances). Le piège classique, c’est de croire que « tout ce qui entre sur le compte bancaire est disponible », alors qu’une partie devra repartir.

3. Les trois régimes de TVA possibles quand vous démarrez

En création d’entreprise, on distingue trois grands régimes : la franchise en base, le réel simplifié et le réel normal. L’enjeu n’est pas de choisir « le plus simple » mais le plus cohérent avec vos clients, vos dépenses et votre stratégie.

La franchise en base de TVA (vous ne facturez pas la TVA)

Avec la franchise en base, vous ne facturez pas de TVA à vos clients et vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats. Vous encaissez exactement ce que vous facturez, sans TVA à reverser. Vos factures doivent obligatoirement comporter la mention : « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».

La franchise en base a deux avantages immédiats : des prix plus attractifs et une gestion simplifiée. Si vous vendez à des particuliers, c’est souvent un levier commercial puissant, car votre client compare surtout le prix TTC.

Exemple : vous facturez 1 000 € en franchise, le client paie 1 000 €. Un concurrent soumis à la TVA à 20 % facture 1 000 € HT → 1 200 € TTC. Résultat : votre offre peut sembler plus accessible.

Le principal inconvénient, c’est que vous ne récupérez pas la TVA sur vos investissements. Si vous achetez 6 000 € TTC de matériel dont 1 000 € de TVA, cette TVA reste un coût définitif. Deuxième limite : la franchise est soumise à des seuils de chiffre d’affaires. En cas de dépassement, vous pouvez basculer dans un régime réel, ce qui peut vous obliger à revoir vos devis, vos factures et vos prix TTC en cours d’année.

Le régime réel simplifié (vous facturez la TVA avec une gestion allégée)

Le réel simplifié est souvent le meilleur compromis : vous facturez la TVA, vous la récupérez sur vos achats, et vous reversez la différence, avec un suivi moins fréquent que le régime normal. Dans la plupart des cas, vous payez deux acomptes de TVA dans l’année, puis vous régularisez ensuite avec une déclaration annuelle.

C’est un régime adapté si vous avez un chiffre d’affaires régulier et des dépenses professionnelles significatives. Dès que vous payez beaucoup de TVA sur vos achats (stock, matériel, sous-traitance, outils), la récupération devient un vrai levier.

⚠️ La TVA encaissée n’est pas votre argent. Même si elle arrive sur votre compte, elle doit être provisionnée pour éviter une tension de trésorerie le jour de l’échéance.

Le régime réel normal (vous facturez la TVA avec une déclaration plus fréquente)

Le réel normal fonctionne sur une logique plus régulière. La TVA est déclarée via la déclaration CA3, le plus souvent tous les mois (et parfois tous les trimestres si votre TVA à payer reste faible). L’intérêt est simple : vous payez une TVA calculée sur vos flux réels, sans acomptes estimés.

Il est particulièrement pertinent si votre TVA varie fortement d’un mois à l’autre, si vos montants sont élevés, ou si vous voulez piloter votre TVA de façon très précise. C’est aussi un régime intéressant en création si vous investissez beaucoup, car il peut permettre d’obtenir plus rapidement un remboursement en cas de crédit de TVA.

4. Comment choisir le bon régime de TVA en création d’entreprise ?

Le bon choix dépend presque toujours de trois critères :

  • D’abord, votre type de clientèle. Si vous vendez à des particuliers, la TVA impacte directement votre prix TTC, donc votre compétitivité. La franchise peut alors être un avantage commercial. Si vous vendez à des professionnels, c’est différent : ils récupèrent généralement la TVA, donc ils raisonnent surtout en HT. Dans ce cas, être ou non en TVA est souvent neutre pour le client, mais pas pour vous.
  • Ensuite, vos dépenses. Si vous avez peu de frais, la franchise reste cohérente : simplicité maximale, moins d’administratif, aucun reversement à anticiper. Mais si vous avez des investissements importants dès le démarrage (stock, matériel, sous-traitance, publicité, travaux), un régime réel est souvent plus avantageux, car la TVA récupérable peut représenter une somme significative.
  • Enfin, votre stratégie. Si votre priorité est de démarrer vite et de rester léger, la franchise est souvent idéale. Si vous cherchez à optimiser dès le départ et à récupérer la TVA sur vos achats, un régime réel peut être plus pertinent. Dans beaucoup de cas, c’est une question de timing : démarrer en franchise, puis basculer en réel au bon moment est une stratégie tout à fait cohérente.

5. Les erreurs fréquentes quand on choisit sa TVA au démarrage

La première erreur consiste à choisir la franchise uniquement « pour être tranquille », puis à le regretter. Vous perdez la TVA sur vos achats, vous pouvez dépasser le seuil plus vite que prévu et, surtout, vous risquez de devoir augmenter vos prix brutalement en sortant de la franchise. Si vous ne pouvez pas augmenter vos tarifs TTC, vous absorbez la TVA… et vous perdez une partie de votre marge.

La deuxième erreur, à l’inverse, consiste à passer au réel trop tôt, alors que votre clientèle est très sensible au prix TTC. Dans ce cas, vous devenez mécaniquement plus cher, ce qui peut freiner vos ventes, même si votre prix HT est identique.

👉 À lire : Liste des impôts et taxes que les entreprises doivent payer

Avec Assurup souscrivez aux meilleurs contrats d'assurance, le plus rapidement possible et sans prise de tête :signe_victoire:


Et bénéficiez de conseils d’experts, d’une plateforme de gestion sécurisée, des tarifs prénégociés et sans frais de dossier, sans honoraires et sans frais de conseils.

Souscrivez votre assurance professionnelle en ligne

choix

Quel régime de TVA choisir lors de sa création d'entreprise ?

Créer une entreprise, c’est prendre une succession de décisions importantes. Et, il y en a une qui peut impacter immédiatement vos prix, votre trésorerie et votre gestion administrative : le régime de TVA. La TVA n’est pas qu’un sujet « comptable ». C’est un vrai choix stratégique. Et si vous le faites trop vite (ou par défaut), vous risquez de le regretter quelques mois plus tard.

Entrepreneuriat publié le 15 janvier 2026
Contribution Économique Territoriale

Qu’est-ce que la Contribution Économique Territoriale (CET) ?

La Contribution Économique Territoriale (CET) est un impôt local que paient la plupart des entreprises et des travailleurs indépendants en France. Elle finance les collectivités territoriales et leurs groupements (communes, intercommunalités, etc.) et remplace, depuis 2010, l’ancienne taxe professionnelle.

Entrepreneuriat publié le 14 janvier 2026
Impôt sur les sociétés (IS)

Impôt sur les sociétés (IS) : définition, fonctionnement & enjeux

L’Impôt sur les sociétés fait partie des dispositifs incontournables à maîtriser si vous exercez via une société. Comprendre ses mécanismes vous permet d’anticiper vos charges, d’optimiser votre rémunération et de sécuriser la croissance de votre activité. Encore faut-il savoir si ce régime fiscal est réellement adapté à votre situation, car l’IS n’est pas toujours le choix le plus pertinent.

Entrepreneuriat publié le 12 janvier 2026