Par Jean-David Boussemaer, le 26 janvier 2026 - 8 min de lecture

Devenir psychologue : formation, obligations et assurances

Vous envisagez de devenir psychologue et vous voulez y voir clair avant de vous lancer ? Excellente idée car si ce métier attire, il ne s’improvise pas. Entre la formation universitaire, le titre protégé, les obligations légales et les assurances à prévoir, mieux vaut avancer avec une feuille de route solide.

devenir psychologue

1. En résumé

  • Le titre de psychologue en France est strictement réglementé et protégé par la loi : sans les diplômes requis et l’enregistrement officiel, il est interdit de se présenter comme psychologue.
  • Pour obtenir ce titre, il faut obligatoirement valider une licence de psychologie puis un master de psychologie incluant un mémoire et au moins 500 heures de stage encadré.
  • Après l’obtention du diplôme, l’enregistrement auprès de l’ARS et l’obtention du numéro ADELI sont indispensables pour exercer légalement, quel que soit le mode d’exercice.
  • La profession impose des obligations fortes, notamment le respect du secret professionnel, du code de déontologie et du RGPD pour la protection des données sensibles des patients.
  • Enfin, des assurances adaptées (RC Pro, protection juridique, multirisque professionnelle ) sont essentielles pour sécuriser l’activité, avec un coût variable selon le mode d’exercice et les risques couverts.

2. Psychologue : un métier réglementé et un titre protégé

En France, le mot « psychologue » n’est pas une simple étiquette : c’est un titre légalement encadré. Vous ne pouvez pas vous installer et communiquer comme psychologue si vous ne remplissez pas des conditions précises. C’est un point fondamental, parce qu’il protège à la fois le public… et votre activité.

Un titre protégé par la loi (et pas seulement « une appellation »)

Le titre de psychologue est protégé par l’article 44 de la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985. Cette loi réserve l’usage du titre aux personnes qui disposent des diplômes requis (ou d’un diplôme étranger reconnu équivalent).

👉 Vous pouvez exercer un métier d’accompagnement, mais vous ne pouvez pas vous présenter comme psychologue si vous n’avez pas le droit légal de porter ce titre.

Les conditions à remplir : diplômes + enregistrement

Pour être autorisé à faire usage du titre de psychologue, le parcours « standard » repose sur un cursus universitaire précis : licence de psychologie + master de psychologie, incluant notamment un mémoire et un stage professionnel. Ce n’est pas une recommandation, c’est la base pour exercer en tant que psychologue en France.

Ensuite, vous devez obligatoirement procéder à un enregistrement auprès de l’ARS (Agence Régionale de Santé). Cet enregistrement permet d’obtenir votre numéro, qui matérialise votre reconnaissance administrative.

Pourquoi cette réglementation existe ?

Ce cadre sert à éviter la confusion entre :

  • un professionnel de la psychologie formé, avec un niveau Bac +5 et une pratique encadrée
  • des activités proches (accompagnement, coaching, bien-être, développement personnel) qui peuvent être utiles, mais qui n’ont pas le même statut ni les mêmes exigences

👉 L’objectif est simple : assurer un niveau de compétence validé et protéger les personnes qui consultent.

Ce que ça change concrètement pour vous

Si vous n’avez pas le bon parcours universitaire, vous pourrez tout à fait développer une activité d’accompagnement, mais vous ne pourrez pas :

  • vous annoncer comme « psychologue » sur votre plaque, votre site ou vos réseaux
  • utiliser le titre dans un annuaire ou une publicité
  • facturer en vous présentant comme psychologue

Même avec une expérience solide, une reconversion pertinente ou une formation alternative, le titre reste verrouillé : on ne “devient” pas psychologue par équivalence informelle. C’est précisément ce qui distingue une profession réglementée d’une activité libre.

3. Quelle formation est nécessaire pour devenir psychologue ?

Devenir psychologue, en France, ne repose pas sur une « certification » ou une simple formation courte. C’est un parcours universitaire complet, exigeant, et surtout encadré par des règles précises. Si vous visez le titre officiel de psychologue, vous devez obligatoirement valider un cursus de niveau Bac +5 en psychologie.

Le parcours universitaire obligatoire : Bac +5 en psychologie

Le chemin classique est le suivant : vous commencez par une licence mention psychologie (3 ans), puis vous poursuivez avec un master mention psychologie (2 ans). C’est ce duo licence + master qui ouvre l’accès au titre.

La licence vous apporte les bases : psychologie cognitive, clinique, sociale, développementale, statistiques, méthodologie de la recherche… L’objectif est de vous construire un socle solide avant de vous spécialiser.

Ensuite, le master marque un vrai tournant : vous entrez dans une logique professionnalisante, avec une orientation plus claire vers un domaine d’exercice.

Le master : spécialisation + mémoire + stage obligatoire

Le master n’est pas un simple « complément ». Il est déterminant, parce qu’il doit obligatoirement inclure un mémoire de recherche et un stage professionnel. Sans ces éléments, vous ne pouvez pas faire usage du titre de psychologue.

Autre point très concret : le stage représente un volume important. Selon l’Onisep, le master comprend au moins 500 heures de stage. Ce stage est encadré et validé officiellement, notamment via les modalités fixées par un arrêté sur l’organisation et la validation du stage professionnel.

👉 Pendant le master, vous passez du « savoir théorique » à la pratique, avec un apprentissage réel du terrain.

Le master « seul » ne suffit pas si vous n’avez pas la licence de psycho

C’est une confusion assez fréquente : certains pensent qu’un master en psychologie suffit. En réalité, le ministère précise bien que l’usage du titre exige licence mention psychologie + master mention psychologie.

Donc, même avec un Bac +5, si la licence n’est pas une licence de psychologie, cela peut bloquer l’accès au titre.

4. Démarches obligatoires pour exercer légalement

Une fois diplômé, vous n’êtes pas « automatiquement » psychologue en exercice. Pour travailler légalement, surtout si vous vous installez en libéral, vous devez valider des démarches administratives incontournables. Elles peuvent sembler secondaires… mais elles conditionnent votre reconnaissance officielle, votre crédibilité et parfois même votre capacité à collaborer avec certaines structures.

Obtenir votre numéro ADELI : l’étape administrative indispensable

Avant toute chose, vous devez enregistrer votre diplôme auprès de l’Agence Régionale de Santé (ARS) du département où vous exercez. Cet enregistrement vous permet d’être inscrit au répertoire ADELI et d’obtenir un numéro ADELI.

Ce numéro est bien plus qu’un simple identifiant : il confirme que vous êtes reconnu officiellement comme psychologue et que vous remplissez les conditions pour exercer.

Dans les faits, l’enregistrement ADELI concerne les psychologues quel que soit le mode d’exercice : salarié, libéral ou mixte. Certaines sources professionnelles indiquent même que cette démarche doit être faite dans le mois suivant votre prise de fonction, et qu’il faut informer l’ARS en cas de changement de situation (déménagement, nouveau mode d’exercice, etc.).

Autre point concret si vous vous installez en libéral : vous ne pourrez pas obtenir certains documents ou effectuer certaines démarches sans cet enregistrement (par exemple, pour être correctement identifié par des organismes ou accéder à certains droits et justificatifs).

Enfin, l’inscription se fait généralement via un formulaire dédié (type Cerfa), à transmettre avec les pièces demandées.

Choisir votre statut en libéral : une décision stratégique (pas seulement « administrative »)

Si vous souhaitez exercer à votre compte, vous allez devoir choisir une forme juridique. C’est un choix important, parce qu’il influence directement votre fiscalité, vos cotisations, vos obligations comptables et votre niveau de protection personnelle.

En pratique, un psychologue peut exercer en libéral sous plusieurs statuts. La micro-entreprise est possible et souvent utilisée pour démarrer, même si la profession est réglementée.

Vous pouvez généralement opter pour :

  • la micro-entreprise, appréciée pour sa simplicité de gestion et son démarrage rapide
  • l’entreprise individuelle au réel, plus adaptée si vous avez davantage de charges à déduire
  • une société (EURL, SASU…), et dans certains cas des structures spécifiques comme les SEL, si votre projet est plus structuré ou si vous anticipez un développement important

Le bon choix dépendra principalement de votre chiffre d’affaires prévisionnel, de vos charges (loyer, matériel, logiciels, supervision, etc.), de votre organisation (cabinet seul, cabinet partagé, exercice mixte) et de votre stratégie à moyen terme.

L’objectif est simple : sécuriser votre activité, sans vous enfermer dans une structure trop lourde ni choisir un régime qui va limiter votre rentabilité dès que votre activité décolle.

5. Quelles obligations pour un psychologue ?

Devenir psychologue, ce n’est pas seulement conduire des entretiens et accompagner des patients. C’est aussi exercer dans un cadre professionnel exigeant, avec des obligations concrètes : confidentialité, respect des règles déontologiques, protection des données… et, en toile de fond, une responsabilité importante vis-à-vis des personnes que vous suivez.

Respect du secret professionnel et de la confidentialité : la base de la relation de confiance

La confidentialité n’est pas un « confort » : c’est une condition essentielle à l’efficacité du travail thérapeutique. Si vos patients ne se sentent pas en sécurité, ils ne peuvent pas déposer ce qui les traverse, ni avancer sereinement.

Dans la pratique, cela signifie que tout ce que vous apprenez dans l’exercice de votre métier doit être protégé : ce qu’on vous confie, mais aussi ce que vous observez, ce que vous comprenez, et parfois même ce que vous déduisez.

Sur le plan juridique, le secret professionnel est notamment encadré par le Code pénal (articles 226-13 et 226-14) et plusieurs acteurs professionnels rappellent que les psychologues peuvent être tenus au secret dans ces conditions, y compris en libéral selon la jurisprudence.

Concrètement, votre obligation ne s’arrête pas à « ne rien dire » : vous devez aussi protéger vos supports de travail. Notes manuscrites, dossiers patients, comptes rendus, e-mails, agenda en ligne… tout doit être sécurisé, car une fuite de données ou un accès non autorisé peut engager votre responsabilité.

Et si vous utilisez des outils numériques comme Doctolib, un logiciel de prise de rendez-vous, une solution de visio-consultation ou un stockage en ligne, vous devez être particulièrement vigilant sur la confidentialité et la sécurité des informations.

Cadre déontologique : votre boussole professionnelle au quotidien

Les psychologues s’appuient sur un Code de déontologie qui structure la profession. Même si ce code n’a pas le même statut qu’un texte de loi, il joue un rôle central : il définit ce qu’est une pratique sérieuse, responsable et respectueuse.

On y retrouve notamment des principes essentiels : respect de la personne, confidentialité, intégrité, probité, consentement éclairé, et limites de compétence.

En pratique, cela vous oblige à faire preuve de clarté et de cadre. Par exemple, vos patients doivent comprendre votre démarche, les limites de votre intervention, et le fait qu’ils restent libres : libres de poser des questions, de refuser certaines modalités, ou d’arrêter le suivi. Ce cadre protège vos patients… et vous protège aussi, parce qu’il réduit les malentendus, les attentes irréalistes et les situations ambiguës.

Autre point très important : le code insiste aussi sur le fait de ne pas exploiter la relation professionnelle à des fins personnelles, idéologiques ou autres. C’est une ligne rouge fondamentale dans un métier où la relation de confiance peut être très forte.

RGPD et données sensibles : une obligation incontournable, même en cabinet libéral

Dès que vous collectez des informations sur une personne (nom, téléphone, motif de consultation, notes, informations personnelles), vous entrez dans le champ du RGPD. Or, en psychologie, ces informations sont rarement « neutres » : elles touchent à l’intime, et peuvent relever de données sensibles.

Votre responsabilité porte notamment sur trois points :

  • D’abord, la collecte minimale : vous ne devez garder que ce qui est utile à votre accompagnement.
  • Ensuite, la durée de conservation : vous devez être capable d’expliquer combien de temps vous conservez les informations et pourquoi. Même si certaines durées peuvent exister à titre indicatif dans d’autres domaines, il est essentiel d’avoir une logique claire et cohérente.
  • Enfin, la sécurité : accès limité, protection de vos supports, sauvegardes, mots de passe robustes, matériel sécurisé… parce qu’un vol d’ordinateur ou une faille sur un outil mal paramétré peut vite devenir un problème majeur.

Le RGPD, ce n’est donc pas un détail administratif : c’est une obligation de protection et un vrai marqueur de professionnalisme.

6. Quelles assurances pour un psychologue ?

C’est souvent le sujet qu’on découvre trop tard. Pourtant, exercer sans assurance adaptée peut vite devenir risqué. Une plainte, un conflit, un incident dans votre local, un vol de matériel… et c’est votre activité entière qui peut être fragilisée.

La RC Pro : indispensable pour exercer sereinement

La Responsabilité Civile Professionnelle (RC Pro) est l’assurance de base du psychologue, surtout en libéral.

Elle vous couvre si un patient, un client ou un tiers estime avoir subi un préjudice du fait de votre activité : erreur, maladresse, défaut de conseil, litige lié à une prestation…

Même si vous travaillez avec sérieux, le risque zéro n’existe pas. La RC Pro est là pour vous protéger financièrement et juridiquement.

La protection juridique : votre filet de sécurité en cas de conflit

En complément de la RC Pro, la protection juridique peut vous aider à faire face à un litige : réclamation d’un patient, conflit avec un bailleur, problème avec un prestataire, désaccord contractuel…

Elle peut prendre en charge des frais d’avocat, d’expertise ou de procédure, selon les garanties.

La multirisque professionnelle si vous avez un cabinet

Si vous louez ou possédez un local, vous devez aussi penser à assurer votre environnement de travail.

Selon les garanties souscrites, une multirisque professionnelle peut couvrir :

  • Incendie, dégât des eaux, vandalismes
  • Vol de matériel (ordinateur, tests, mobilier)
  • Responsabilité liée au local (accident d’un patient dans la salle d’attente, par exemple)
  • Perte d’exploitation si votre cabinet devient inutilisable après un sinistre

En clair : vous ne protégez pas seulement votre pratique, vous protégez aussi votre outil de travail.

7. Combien coûte une assurance pour psychologue ?

Le prix d’une assurance pour psychologue peut varier du simple au triple, parce qu’il dépend directement de votre façon d’exercer. Un psychologue en visio depuis son domicile n’a pas les mêmes risques (et donc pas les mêmes besoins) qu’un psychologue qui reçoit du public dans un cabinet, avec du matériel et un bail. L’idée n’est donc pas de chercher « l’assurance la moins chère », mais une couverture cohérente avec votre réalité, au bon niveau, sans payer pour des garanties inutiles.

Ce qui fait varier le prix (et pourquoi)

Le tarif n’est pas fixé au hasard. Les assureurs regardent principalement :

  • votre mode d’exercice : salarié, libéral, mixte, en cabinet, à domicile ou en visio
  • votre chiffre d’affaires (ou votre prévisionnel si vous démarrez)
  • les garanties choisies : RC Pro seule ou avec protection juridique, cyber, etc.
  • les plafonds d’indemnisation et les franchises : plus vous augmentez les plafonds ou baissez la franchise, plus le tarif grimpe

En clair : vous payez en fonction du niveau de risque à couvrir et du niveau de sécurité que vous voulez pour votre activité.

Ce n’est pas une dépense « optionnelle »

Quand vous vous lancez, vous allez investir dans votre installation, vos outils de travail, votre logiciel de prise de rendez-vous, votre communication, votre comptabilité… L’assurance professionnelle fait partie de la même logique : ce n’est pas une dépense de confort, c’est un filet de sécurité.

Parce qu’un litige, une réclamation, une accusation, ou un problème de confidentialité peut coûter beaucoup plus cher qu’une prime annuelle. La RC Pro est précisément là pour absorber ce type de choc et vous éviter qu’un incident ponctuel fragilise tout votre cabinet.

Le bon objectif : être bien couvert, sans surpayer

La meilleure stratégie, c’est de choisir une assurance alignée avec votre pratique.

  • Si vous débutez en visio ou à domicile sans local, une RC Pro bien calibrée peut suffire.
  • Si vous recevez du public dans un cabinet, vous avez intérêt à sécuriser aussi le local et le matériel, via une multirisque professionnelle.

👉 Dans tous les cas, l’enjeu reste le même : trouver le bon équilibre entre prix et protection, pour travailler sereinement, sans payer des options qui ne vous serviront jamais.

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