Par Jean-David Boussemaer, le 5 février 2026 - 7 min de lecture

Devenir psychothérapeute : formation et obligations

Devenir psychothérapeute attire de nombreux professionnels désireux d’accompagner les personnes en souffrance psychique dans un cadre structuré et reconnu. Ce projet ne s’improvise pas. Il implique un parcours de formation exigeant, le respect d’obligations légales strictes et la souscription d’assurances professionnelles adaptées à la nature sensible de l’activité.

psychothérapeute

1. En résumé

  • Le titre de psychothérapeute est strictement encadré en France.
  • Le parcours pour l'obtenir vise à garantir des compétences solides en évaluation clinique, en accompagnement psychique et en orientation des patients lorsque la situation relève d’une prise en charge médicale ou spécialisée.
  • Le psychothérapeute est soumis à de fortes obligations légales et déontologiques, notamment le secret professionnel, le respect des limites de compétence, l’absence d’emprise et la protection des données de santé conformément au RGPD.
  • L’exercice professionnel implique également une structuration juridique et administrative de l’activité, avec le respect des obligations comptables, fiscales et sociales.
  • Des assurances adaptées, en particulier la responsabilité civile professionnelle et la multirisque professionnelle, sont indispensables pour sécuriser l'activité.

2. Quelle formation pour devenir psychothérapeute ?

Le titre de « psychothérapeute » fait l’objet d’un encadrement légal strict en France afin de protéger le public contre les pratiques non maîtrisées et les dérives thérapeutiques. Vous ne pouvez donc pas vous en prévaloir librement. Son usage est réservé aux professionnels répondant aux exigences fixées par le Code de la santé publique, notamment aux dispositions relatives à l’usage du titre de psychothérapeute.

Pour accéder à ce titre, vous devez en premier lieu disposer d’une base universitaire solide. Sont éligibles les titulaires d’un diplôme universitaire de niveau master en psychologie, ainsi que les médecins. Cette exigence garantit que vous possédez des connaissances approfondies en fonctionnement psychique, en développement de la personnalité et en psychopathologie.

À cette formation initiale s’ajoute une formation complémentaire obligatoire en psychopathologie clinique. Celle-ci comprend un nombre minimal d’heures d’enseignements théoriques portant sur les troubles psychiques, les cadres thérapeutiques, les limites de la pratique et l’orientation vers d’autres professionnels de santé lorsque la situation l’exige. Cette formation est complétée par un stage pratique, réalisé dans un établissement ou un service agréé, afin de confronter vos connaissances à la réalité du terrain et d’acquérir une expérience encadrée auprès de patients.

L’objectif de ce parcours est clair : vous permettre d’évaluer les situations cliniques avec discernement, d’accompagner les personnes de manière adaptée et de garantir leur sécurité psychique. Il s’agit également de vous apprendre à reconnaître les situations relevant d’une prise en charge médicale ou pluridisciplinaire, notamment en cas de trouble grave, de danger pour le patient ou pour autrui, et d'orienter sans délai vers les professionnels compétents lorsque cela est nécessaire.

Une fois l’ensemble de ces conditions remplies, vous devez effectuer une démarche administrative auprès de l’Agence régionale de santé de votre lieu d’exercice. Cette étape est indispensable pour obtenir votre inscription sur le registre national des psychothérapeutes. Cette inscription officielle conditionne le droit d’utiliser légalement le titre et constitue une garantie de sérieux et de conformité pour vos futurs patients.

Le maintien et l’actualisation des compétences, notamment par la formation continue et la supervision, participent directement à la qualité, à la sécurité et à la conformité de la pratique professionnelle.

3. Obligations légales et déontologiques

Le psychothérapeute ne peut ni faire usage du titre sans être régulièrement inscrit sur le registre national tenu par l’Agence régionale de santé, ni se présenter comme professionnel de santé s’il ne relève pas d’une profession réglementée. Il ne peut en outre poser de diagnostic médical, prescrire un traitement ou se substituer à une prise en charge médicale lorsque celle-ci est nécessaire.

Le psychothérapeute est tenu à un devoir d’information claire, loyale et préalable du patient. Cette information porte notamment sur la nature de l’accompagnement proposé, ses limites, ses modalités pratiques, financières et les conditions de son interruption. Elle participe au recueil du consentement libre et éclairé du patient.

L’exercice de la psychothérapie vous place dans une relation de confiance particulièrement forte avec vos patients. À ce titre, votre responsabilité est élevée, tant sur le plan juridique que sur le plan éthique. Vous êtes soumis au respect du secret professionnel, qui constitue un pilier fondamental de la pratique. Toutes les informations recueillies au cours des séances, qu’elles soient verbales, écrites ou numériques, doivent rester strictement confidentielles, sauf exceptions prévues par la loi.

Au-delà de la confidentialité, vous devez adopter une posture déontologique irréprochable. Cela implique de respecter les limites de votre champ de compétences, d’éviter toute forme d’emprise ou de dépendance psychologique et de maintenir une distance professionnelle claire. Toute confusion de rôle, notamment affective, financière ou personnelle, est proscrite. De la même manière, vous ne pouvez jamais promettre une guérison ou un résultat précis. Une pratique reposant sur des méthodes non fondées, insuffisamment maîtrisées ou inadaptées à la situation du patient peut engager directement votre responsabilité civile, voire pénale.

Votre activité doit également s’inscrire dans un cadre juridique parfaitement défini. Vous devez choisir un statut juridique cohérent avec votre mode d’exercice, le plus souvent en entreprise individuelle ou au sein d’une société, puis déclarer votre activité auprès des organismes compétents. Cette structuration implique le respect d’obligations comptables, fiscales et sociales, même en cas d’exercice à temps partiel ou en complément d’une autre activité.

La tenue de dossiers professionnels rigoureux, datés, sécurisés et proportionnés à l’accompagnement proposé constitue un élément essentiel de la prévention des risques juridiques, déontologiques et assurantiels. Ces éléments peuvent s’avérer déterminants en cas de mise en cause de la responsabilité du psychothérapeute.

Enfin, vous êtes tenu de respecter les règles relatives à la protection des données personnelles. En tant que psychothérapeute, vous traitez des données de santé particulièrement sensibles. Vous devez donc vous conformer aux exigences du RGPD, notamment en matière de sécurisation des dossiers patients, de durée de conservation des informations et de transparence sur leur utilisation. Le non-respect de ces obligations peut entraîner des sanctions importantes, tant administratives que financières.

4. Quelles assurances sont indispensables pour un psychothérapeute ?

Votre activité de psychothérapeute comporte des risques professionnels réels, même si elle ne repose pas sur des actes médicaux au sens strict ni sur un contact physique avec les patients. Une erreur d’appréciation, un défaut d’écoute, une mauvaise orientation ou un préjudice psychologique invoqué par un patient peuvent suffire à engager votre responsabilité civile. Dans ce contexte, la souscription d’une assurance RC Pro n’est pas une option, mais une protection essentielle.

La responsabilité civile professionnelle a pour vocation de vous couvrir en cas de mise en cause liée à l’exercice de votre activité. Elle intervient lorsqu’un patient, un proche ou un tiers estime avoir subi un dommage du fait de votre accompagnement. Les préjudices peuvent être matériels, immatériels consécutifs ou non consécutifs, voire corporels indirects, notamment lorsqu’un trouble psychologique est aggravé ou qu’une faute professionnelle est alléguée. Cette assurance prend en charge les frais de défense, les expertises éventuelles et les indemnisations, vous évitant ainsi de supporter seul des conséquences financières parfois lourdes.

Au-delà de la responsabilité civile, la protection de votre outil de travail doit également être anticipée. Si vous exercez dans un cabinet, une assurance multirisque professionnelle est fortement recommandée. Elle permet de couvrir vos locaux en cas de sinistre comme un incendie, un dégât des eaux ou un vol, mais aussi votre mobilier, votre matériel informatique et vos dossiers professionnels.

Cette couverture peut également inclure une garantie Perte d'exploitation, particulièrement précieuse en cas d’interruption forcée de votre activité. En cas de sinistre vous empêchant de recevoir vos patients pendant plusieurs semaines, cette garantie permet de compenser la perte de revenus et de préserver l’équilibre financier de votre structure. En sécurisant à la fois votre responsabilité et vos moyens d’exercice, vous créez les conditions d’une pratique sereine et durable, notamment si vous exercez en libéral.

Selon le mode d’exercice et le niveau d’exposition au risque, des garanties complémentaires peuvent être pertinentes, notamment une assurance de protection juridique professionnelle, une couverture des cyber-risques liés aux données de santé, ainsi qu’une prévoyance en cas d’incapacité ou d’invalidité.

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