1. En résumé
- ➜ L’assurance professionnelle peut couvrir les dommages liés aux émeutes, mais uniquement selon les garanties prévues au contrat.
- ➜ L’article L.121-8 du Code des assurances prévoit une exclusion de principe, sauf convention contraire.
- ➜ L’État peut, dans certains cas, voir sa responsabilité engagée sur le fondement de l’article L.211-10 du Code de la sécurité intérieure.
- ➜ La CIVI n’est pas, en règle générale, le dispositif principal d’indemnisation des dommages matériels subis par un commerce.
- ➜ En cas de sinistre, il faut déclarer rapidement les dommages, conserver les preuves et relire attentivement les garanties, franchises et plafonds du contrat.
2. L’assurance professionnelle et le Code des assurances
Pour comprendre comment les assurances peuvent aider les commerçants en période d’émeutes, il faut se tourner vers le Code des assurances. L'article L.121-8 stipule que les assureurs ne sont pas tenus d’indemniser les dommages causés par des émeutes ou des mouvements populaires, sauf si le contrat prévoit cette garantie.
Bien sûr, chaque contrat d’assurance a ses spécificités, et il est important de vérifier les conditions précises de son contrat. Mais, en règle générale, l’assurance professionnelle peut offrir une protection significative en cas d’émeutes et de vandalisme, selon les garanties souscrites.
3. L’intervention de l’État : le Code de la sécurité intérieure
Mais les assurances ne sont pas les seules à se mobiliser pour soutenir les commerçants touchés. L’État peut également intervenir en vertu du Code de la sécurité intérieure, plus spécifiquement de l’article L.211-10.
Selon ce texte, l’État est civilement responsable des dégâts et dommages résultant de crimes et délits commis, à force ouverte ou par violence, par des attroupements ou rassemblements armés ou non armés, contre les personnes ou contre les biens. Cette intervention peut donc, dans certains cas, venir en complément de l’indemnisation assurantielle.
En pratique, la situation doit être analysée au cas par cas, notamment pour déterminer si les conditions d’engagement de la responsabilité de l’État sont bien réunies.
4. La CIVI : un dispositif à ne pas confondre
Il est également utile de mentionner la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI). Toutefois, son rôle doit être précisé : la CIVI a principalement vocation à indemniser certaines victimes d’infractions pour des préjudices corporels ou, dans des cas très encadrés, certains préjudices matériels.
Autrement dit, pour un commerçant victime de dégradations sur son local ou son matériel, la CIVI ne constitue pas automatiquement la voie d’indemnisation la plus adaptée. En présence de dommages aux biens liés à des émeutes, l’assurance professionnelle et, selon les cas, la responsabilité de l’État constituent généralement les principaux leviers.
Entre les assurances et les dispositifs publics applicables, les commerçants disposent donc de plusieurs recours pour faire face à ces situations difficiles.
5. Le rôle de Bruno Le Maire et l’intervention de l’État en 2023
Au cœur de ce dispositif d’aide, Bruno Le Maire, alors ministre de l’Économie et des Finances lors des émeutes de juin-juillet 2023, a appelé les compagnies d’assurances à faire preuve de solidarité envers les commerçants touchés. Ses demandes étaient précises : accélérer les indemnisations, prolonger les délais de déclaration de sinistre et réduire les franchises lorsque cela était possible.
Ces mesures ont pu aider les commerçants à se remettre sur pied plus rapidement. Une indemnisation accélérée permet en effet de limiter l’impact financier des émeutes sur l’activité, tandis qu’une réduction des franchises peut alléger le reste à charge supporté par certains professionnels.
4. L’organisation entre les assurances et l’État
Au-delà des actions individuelles, des mesures de soutien ont été annoncées en 2023 entre les pouvoirs publics et les assureurs pour soulager les commerçants touchés.
L’objectif était clair : faire en sorte que les professionnels victimes des émeutes ne soient pas laissés à leur sort, mais puissent être accompagnés pour surmonter ces épreuves et reprendre leur activité le plus rapidement possible.
6. La fédération France Assureurs
La fédération France Assureurs a, elle aussi, pris les devants. Elle a appelé ses adhérents à faciliter les démarches d’indemnisation et de déclaration de sinistre, à accélérer les versements d’acomptes et à adapter l’accompagnement des assurés pendant cette période compliquée.
Elle a également soutenu un traitement au cas par cas, notamment pour les petits commerçants les plus durement touchés.
7. Assurup et les émeutes
Nos assurances professionnelles prennent en charge les casses de ces derniers jours, selon les garanties, exclusions, franchises et plafonds prévus dans vos contrats.
En cas de sinistre, il reste indispensable de vérifier précisément les conditions de votre police d’assurance, ainsi que les modalités de déclaration et d’indemnisation applicables.
8. FAQ – Assurance professionnelle pour les commerçants en cas d’émeutes
Que faire en priorité après des dégradations sur un commerce ?
- ● Sécuriser les lieux et limiter l’aggravation du sinistre
- ● Prendre des photos et conserver toutes les preuves
- ● Déposer plainte lorsque cela est nécessaire
- ● Déclarer le sinistre à l’assureur dans les délais prévus
- ● Conserver les factures, devis et justificatifs de pertes
Les franchises peuvent-elles être réduites ?
Elles peuvent parfois l’être à titre commercial ou exceptionnel, mais cela dépend de l’assureur et du contrat. En 2023, les assureurs ont été appelés à faire preuve de souplesse pour les commerçants les plus touchés.
Un acompte peut-il être versé avant l’indemnisation finale ?
Oui, cela peut être envisagé selon les dossiers. En pratique, le versement d’un acompte peut aider l’entreprise à financer les premières réparations et à reprendre plus vite son activité.