1. En résumé
- ➜ Les extincteurs sont une obligation de sécurité incendie dans la plupart des locaux professionnels : ils doivent être en nombre suffisant, adaptés aux risques, et maintenus en bon état, car les premières minutes d’un départ de feu sont décisives.
- ➜ La règle minimale du Code du travail sert de base, mais elle doit être complétée par une analyse “terrain” selon la configuration des lieux et les zones à risque.
- ➜ En cas de non-conformité, vous vous exposez à des remarques/injonctions lors d’un contrôle, mais surtout à un sinistre qui dégénère (dégâts matériels, arrêt d’activité, pertes d’exploitation, atteinte à la réputation) et à une responsabilité potentiellement engagée.
- ➜ L’efficacité dépend aussi du placement : extincteurs visibles, accessibles, non bloqués par du stock, positionnés près des zones sensibles sans être “collés” au danger, avec une signalisation claire pour être repérés immédiatement.
- ➜ Pour rester réellement protégé, il faut un dispositif complet : choix des bons types d’extincteurs par zone, maintenance régulière avec traçabilité, formation des équipes aux réflexes et, pour les ERP/activités à risques, une organisation encore plus structurée, complétée par une assurance pro solide.
2. Extincteurs : une obligation pour la plupart des professionnels
Dans la grande majorité des locaux professionnels, vous avez l’obligation de mettre en place des moyens de lutte contre l’incendie. Et parmi ces moyens, l’extincteur est l’équipement de base : il permet d’intervenir immédiatement sur un départ de feu, avant qu’il ne prenne de l’ampleur et ne devienne impossible à maîtriser.
Concrètement, le Code du travail encadre cette obligation de manière très claire : « le premier secours contre l’incendie est assuré par des extincteurs en nombre suffisant et maintenus en bon état de fonctionnement ».
La logique est simple : même si vous n’avez ni atelier, ni stockage particulier, vous devez pouvoir réagir dans les toutes premières secondes.
Ce que la loi attend de vous, en pratique
La réglementation ne vous demande pas seulement « d’avoir un extincteur ». Elle impose une présence minimale, structurée.
Le Code du travail prévoit notamment :
- ● Une règle de dimensionnement : vous devez disposer au minimum d’un extincteur portatif à eau pulvérisée (6 litres) pour 200 m² de plancher.
- ● Une règle par niveau : vous devez avoir au moins un appareil par niveau, même si la surface est faible.
- ● Une adaptation aux risques spécifiques : si vos locaux présentent des risques particuliers (et c’est fréquent), vous devez prévoir des extincteurs adaptés, notamment en cas de risque électrique ou de zones sensibles (local technique, réserve, cuisine, atelier, etc.).
Autrement dit : le minimum légal existe, mais il n’exonère pas d’un raisonnement intelligent. Vous devez équiper vos locaux en fonction de la réalité du terrain.
Une obligation qui fait partie de votre responsabilité de sécurité
Cette exigence s’inscrit dans votre responsabilité globale en matière de prévention : vous devez réduire les risques, protéger les personnes présentes sur site et limiter les dommages matériels.
Et cela concerne tous les secteurs. Vous pouvez travailler dans un environnement « calme » (bureaux, prestations de services, commerce), et pourtant être exposé à des scénarios très classiques.
Un incendie peut démarrer à cause :
- ● d’un tableau électrique qui surchauffe,
- ● d’une multiprise saturée ou défectueuse,
- ● d’un appareil laissé en fonctionnement,
- ● d’une batterie en charge (ordinateur, aspirateur, outillage…),
- ● d’une réserve encombrée ou d’un stockage mal organisé,
- ● d’une source de chaleur proche de matériaux inflammables.
Ce sont rarement des causes spectaculaires. La plupart du temps, ce sont des incidents banals, mais aux conséquences lourdes.
Pourquoi la réglementation insiste-t-elle autant sur les extincteurs ?
Parce qu’un incendie se joue souvent en quelques minutes.
Un départ de feu reste parfois maîtrisable si vous agissez immédiatement… à condition que vous ayez un extincteur : accessible, en état de marche et adapté au type de feu.
C’est précisément pour cela que la réglementation impose une logique de prévention, et qu’elle insiste sur deux points essentiels : le « nombre suffisant » et le « bon état de fonctionnement ».
👉 L’extincteur n’est pas une formalité administrative : c’est un dispositif de protection immédiate qui peut éviter une catastrophe, ou au minimum limiter drastiquement les dégâts.
Quand un incendie se déclenche (même un simple départ de feu), tout se joue très vite. Et c’est précisément à ce moment-là que l’absence d’extincteurs adaptés, ou une maintenance négligée, peut se retourner contre vous.
Car un extincteur ne sert pas à « faire joli » ou à remplir une case : le Code du travail impose clairement d’avoir des extincteurs « en nombre suffisant et maintenus en bon état de fonctionnement ».
Si ce n’est pas le cas, vous cumulez deux risques : un risque réglementaire… et un risque opérationnel, bien plus coûteux.
Lors d’un contrôle : vous pouvez être mis en cause rapidement
Même sans incendie, une non-conformité se voit vite. Il suffit :
- ● d’un extincteur manquant,
- ● d’un appareil non adapté (ex. uniquement de l’eau alors que vous avez un risque électrique),
- ● d’un extincteur inaccessible car caché derrière du stock,
- ● d’une étiquette de maintenance trop ancienne ou illisible.
Et quand un contrôle révèle des manquements, vous pouvez vous exposer à des remarques, des injonctions, voire des obligations de mise en conformité dans un délai imposé.
À ce stade, le sujet n’est plus seulement « prévenir », mais « prouver » que vous avez fait ce qu’il fallait.
En cas de sinistre : vous perdez le contrôle de la situation
C’est le scénario le plus dangereux, parce qu’il se paye cash.
Un départ de feu peut souvent être maîtrisé très vite si vous avez le bon extincteur, au bon endroit, et en état de marche. À l’inverse, si l’appareil ne fonctionne pas, si vous mettez trop de temps à le trouver, ou si vous n’avez pas le bon type d’extincteur, vous perdez de précieuses secondes… et le feu prend l’avantage.
Résultat : au lieu d’un incident gérable, vous basculez vers un sinistre lourd.
Et les conséquences deviennent rapidement très concrètes :
- ● matériel détruit,
- ● local inutilisable,
- ● fumées et suie qui rendent les lieux impropres à l’exploitation,
- ● arrêt d’activité total ou partiel,
- ● pertes d’exploitation (même sans destruction complète),
- ● retards de livraison, annulations de prestations, pénalités possibles,
- ● impact sur la réputation, surtout si vous recevez du public.
Dans certains secteurs, un arrêt de quelques jours suffit à créer une perte de chiffre d’affaires très difficile à rattraper.
Votre responsabilité peut être engagée
En matière de sécurité, la réglementation impose à l’employeur (ou au responsable d’établissement) de mettre en place des actions de prévention, d’information et de formation, ainsi que des moyens adaptés pour protéger les travailleurs.
Ce point est essentiel : si un incident survient et qu’une enquête établit que les équipements obligatoires n’étaient pas là, ou pas entretenus, votre responsabilité peut être recherchée.
Et même sans blessé, la situation peut se tendre très vite.
Les relations avec vos partenaires peuvent se dégrader
Quand il y a un incendie, vous n’êtes rarement seul concerné.
Très souvent, un sinistre crée des tensions avec :
- ● le propriétaire du local,
- ● le bailleur ou le gestionnaire d’immeuble,
- ● vos voisins professionnels (fumées, propagation, dommages),
- ● vos clients (retard, annulation, indisponibilité),
- ● vos salariés (conditions de travail, sécurité, stress, chômage partiel…).
Même si vous êtes de bonne foi, vous n’avez pas envie de gérer tout cela en plus du sinistre lui-même.
Le vrai risque : découvrir le problème « après coup »
C’est la situation la plus frustrante… et malheureusement fréquente.
Vous pensez être équipé, puis vous réalisez trop tard que :
- ● l’extincteur était périmé ou non vérifié,
- ● le mécanisme était défaillant,
- ● l’appareil était mal positionné,
- ● l’extincteur n’était pas adapté au feu,
- ● ou l’accès était bloqué.
Et dans ces cas-là, la phrase qui revient toujours est la même : vous n’avez pas envie de découvrir « après coup » qu’un extincteur était inutilisable quand vous en aviez réellement besoin.
4. Combien d’extincteurs faut-il prévoir ?
La réglementation ne se résume pas à « un extincteur quelque part ». En réalité, le bon nombre d’extincteurs dépend à la fois d’un minimum réglementaire… et d’une logique très concrète : pouvoir intervenir en quelques secondes, sans devoir traverser tout le local en courant.
Le minimum réglementaire : une base de départ
Dans les locaux relevant du Code du travail, la règle de base est la suivante : vous devez prévoir au moins un extincteur portatif à eau pulvérisée de 6 litres pour 200 m² de plancher, avec au minimum un appareil par niveau.
Cela signifie que même un local « petit » mais réparti sur plusieurs étages doit avoir un extincteur à chaque niveau, même si vous êtes loin des 200 m².
Mais attention : cette règle est un plancher, pas un objectif. Elle donne une base, elle ne garantit pas que votre installation sera réellement efficace en cas d’urgence.
Ce qui fait varier le nombre d’extincteurs dans la vraie vie
Dans la pratique, vous devez adapter votre équipement aux caractéristiques de vos locaux.
Plusieurs facteurs augmentent le besoin :
- ● la présence de plusieurs pièces ou zones isolées (réserve, bureau séparé, local technique…),
- ● une configuration « en longueur » ou avec des obstacles (rayonnages, cloisons, stocks),
- ● un étage, une mezzanine ou un sous-sol,
- ● des zones à risque particulier (cuisine, atelier, machine, stockage…),
- ● une activité avec du public ou un flux important de personnes,
- ● des sources d’énergie ou de chaleur (électricité, cuisson, outillage, compresseur…),
- ● des produits inflammables ou des emballages en grande quantité (cartons, solvants, textiles…).
Plus votre local est segmenté ou chargé, plus vous devez multiplier les points d’accès aux extincteurs.
L’objectif : une couverture suffisante et cohérente
La vraie question à vous poser n’est pas « combien l’exige le texte », mais plutôt :
en cas de départ de feu, est-ce que quelqu’un peut prendre un extincteur en 10 secondes ?
Vous devez viser une couverture :
- ● suffisante (il y en a assez),
- ● cohérente (ils sont placés là où il faut),
- ● accessible (on les attrape immédiatement),
- ● et visible (on les repère sans réfléchir).
C’est exactement ce qui fait la différence entre un incident vite maîtrisé et un sinistre qui dégénère.
L’erreur la plus fréquente : l’extincteur « alibi » à l’entrée
Beaucoup de professionnels font la même erreur : installer un seul extincteur près de l’entrée, « pour être en règle ».
Sur le papier, cela rassure. Dans les faits, c’est souvent inutile.
Si un feu démarre au fond du local, dans une réserve, près d’un tableau électrique ou dans une zone de stockage, il faudra :
- ● remarquer le départ de feu,
- ● traverser le local,
- ● récupérer l’extincteur,
- ● revenir sur place…
Pendant ce temps-là, le feu s’intensifie, la fumée monte, la panique s’installe. Et vous perdez la seule chose que vous n’avez pas : du temps.
Un extincteur efficace, c’est un extincteur dont l’accès est immédiat. S’il faut traverser tout le local pour l’atteindre, vous avez déjà pris du retard au moment où chaque seconde compte.
Exemples simples pour vous situer
Sans entrer dans des calculs complexes, voici une logique facile à retenir :
- ● si vous avez un petit local en un seul volume (type bureau simple), vous pouvez parfois vous en sortir avec le minimum réglementaire,
- ● si vous avez un local compartimenté (accueil + réserve + bureau + arrière-boutique), vous aurez souvent intérêt à en répartir plusieurs,
- ● si vous avez une cuisine, un atelier, ou un local technique, il devient risqué de rester sur un équipement « minimaliste ».
👉 Dans le doute, la meilleure approche est celle-ci : une base réglementaire + un ajustement terrain.
5. Les types d’extincteurs et leur rôle
Pour être réellement protégé, vous devez aussi choisir des extincteurs adaptés au risque. C’est un point essentiel, car un extincteur mal choisi peut être inefficace… voire dangereux s’il est utilisé sur un mauvais type de feu.
Un extincteur n’est pas universel. Vous devez donc raisonner de façon très simple : quel feu peut se déclarer ici, concrètement ? Et surtout : avec quel moyen l’éteindre rapidement sans aggraver la situation ?
Comprendre les principaux types de feux (et pourquoi cela change tout)
La réglementation incendie s’appuie sur des classes de feux, car on n’éteint pas un feu de la même manière selon ce qui brûle.
Dans votre activité, les cas les plus fréquents sont :
- ● les feux « classiques » de matériaux solides (papier, carton, bois, tissus…),
- ● les feux de liquides inflammables (essence, solvants, huiles, produits d’entretien…),
- ● les feux liés à l’électricité (armoire électrique, ordinateurs, machines, multiprises…).
Et c’est là que beaucoup de professionnels se trompent : ils achètent un extincteur « au hasard » ou uniquement parce qu’il est le plus courant, sans vérifier si c’est réellement adapté à leurs zones à risque.
Les principaux extincteurs que vous rencontrerez en entreprise
Dans les locaux professionnels, vous verrez surtout trois grandes familles.
- ● L’extincteur à eau pulvérisée (avec ou sans additif). C’est un extincteur très courant, souvent conseillé comme base pour des feux de matériaux solides (papier, cartons, textiles). Il est particulièrement cohérent dans des bureaux, des commerces, des espaces de stockage « classiques » ou des zones de circulation.Mais attention : il ne doit pas être votre seule réponse si vous avez des risques électriques importants ou des liquides inflammables.
- ● L’extincteur CO₂ (dioxyde de carbone). Il est très utile pour les zones où l’on veut éviter d’endommager le matériel, et notamment en présence d’installations électriques. Il ne laisse pas de résidus, ce qui est un vrai avantage dans un local technique, une baie informatique, une zone de machines, ou près d’équipements sensibles. En revanche, il ne remplace pas forcément un extincteur « généraliste » dans tout un bâtiment. Il est excellent… mais ciblé.
- ● L’extincteur à poudre. C’est souvent celui qu’on qualifie de « polyvalent », car il peut traiter plusieurs types de feux. Il peut être pertinent dans certaines situations à risques, notamment si vous avez des contraintes spécifiques ou des combustibles variés. Mais il a un gros inconvénient : la poudre se diffuse partout, elle salit énormément et peut détruire du matériel, y compris en éteignant le feu. Dans un bureau, par exemple, éteindre un départ de feu à la poudre peut transformer votre local en zone inutilisable pendant longtemps. C’est pour cela qu’il faut le choisir avec discernement : il peut être très utile, mais il n’est pas toujours le meilleur choix pour un environnement tertiaire.
Raisonner « par zone », et pas au global
La clé, c’est de penser votre local comme un ensemble de zones, avec des risques différents.
Un même établissement peut regrouper :
- ● un espace bureau (papier, matériel informatique),
- ● une réserve (cartons, produits stockés, encombrement),
- ● un local technique (tableau électrique, ventilation, machine),
- ● une cuisine ou un espace de préparation (huile, chaleur, cuisson),
- ● un atelier (outillage, poussières, solvants, machines).
Dans ce cas, vous n’avez pas forcément besoin du même extincteur partout, et c’est totalement normal.
Vous pouvez très bien avoir :
- ● un extincteur « de base » pour les zones générales,
- ● un extincteur spécifique dans le local électrique,
- ● un extincteur adapté près d’une zone de stockage plus sensible,
- ● et une réponse dédiée pour la cuisine si vous en avez une.
Ce raisonnement est plus efficace, plus logique… et beaucoup plus défendable en cas de contrôle.
Le bon réflexe : « bon extincteur + bon emplacement »
Votre objectif n’est pas d’empiler du matériel. Votre objectif est d’être efficace.
Vous devez viser une stratégie simple :
- ● placer un extincteur cohérent à proximité des zones à risque,
- ● sans l’installer au cœur du danger (sinon vous ne pourrez pas l’atteindre),
- ● et faire en sorte qu’il soit visible, accessible, et immédiatement utilisable.
C’est exactement ce qui fait la différence entre un incendie maîtrisé et un sinistre qui s’étend.
👉 L’objectif est simple : avoir « le bon extincteur au bon endroit », plutôt que « n’importe quel extincteur pour se rassurer ». Parce qu’en cas de départ de feu, ce n’est pas le fait d’être « à peu près équipé » qui protège votre entreprise. C’est le fait d’être équipé intelligemment, avec un matériel cohérent, maintenu, et prêt à servir.
Installer des extincteurs, ce n’est pas seulement « en acheter ». C’est surtout les placer intelligemment, car un extincteur mal positionné revient presque au même que pas d’extincteur du tout.
L’installation doit répondre à une logique simple : un accès rapide, immédiat, sans hésitation.
En cas de départ de feu, vous n’aurez pas le temps de réfléchir, ni de chercher. Vous devez pouvoir agir en quelques secondes, ou au minimum sécuriser une intervention sans perdre de temps.
Un extincteur doit être visible, atteignable, et accessible instantanément
Un extincteur doit être :
- ● visible dès qu’on entre dans la zone,
- ● facilement atteignable, sans devoir déplacer quoi que ce soit,
- ● accessible à tous, et pas seulement au gérant ou à une personne « qui sait où il est ».
C’est un point crucial : l’extincteur ne doit jamais être bloqué par :
- ● des cartons,
- ● du stock,
- ● des portants ou des présentoirs,
- ● un meuble,
- ● une porte qui l’enferme,
- ● ou une réserve devenue trop encombrée.
Très souvent, un local évolue : vous stockez plus, vous ajoutez des étagères, vous réorganisez un espace… et l’extincteur finit progressivement caché derrière quelque chose. C’est exactement ce qu’il faut éviter.
L’objectif est simple : le jour où vous en avez besoin, vous devez pouvoir l’attraper sans obstacle.
Placez-les aux bons endroits : là où ils servent vraiment
Un extincteur doit être placé de manière pertinente.
La logique la plus efficace consiste à le positionner :
- ● sur les cheminements (là où l’on passe naturellement),
- ● près des zones à risque,
- ● dans des zones où il reste accessible même si le feu démarre à proximité.
Le bon placement, c’est souvent « proche mais pas collé ».
Si vous le placez trop loin, vous perdez du temps. Si vous le placez trop près du danger, vous risquez de ne pas pouvoir l’atteindre lorsque le feu démarre.
Typiquement, les zones à considérer comme sensibles sont :
- ● les tableaux électriques et locaux techniques,
- ● les zones de cuisson ou de chaleur,
- ● les réserves avec beaucoup de cartons ou d’emballages,
- ● les ateliers et espaces machines,
- ● les zones de stockage de produits inflammables.
Même dans un simple commerce, l’arrière-boutique et la réserve concentrent souvent plus de risques que la surface de vente elle-même.
Pensez « usage réel », pas seulement « plan théorique »
Sur un plan, tout semble toujours accessible. Dans la réalité, c’est autre chose.
Posez-vous cette question très simple :
si une personne qui ne connaît pas bien vos locaux devait intervenir, est-ce qu’elle verrait immédiatement l’extincteur ?
C’est une excellente manière de tester votre installation.
Car en situation d’urgence, vous pouvez avoir :
- ● un salarié en stress,
- ● un remplaçant,
- ● un prestataire,
- ● ou même un client qui réagit en premier.
Vous devez donc miser sur des emplacements évidents, intuitifs, et stables dans le temps.
La signalisation : un détail qui change tout
Vous avez aussi intérêt à prévoir une signalisation claire, car en cas d’urgence, personne ne doit avoir à chercher.
Une signalisation efficace permet :
- ● d’identifier l’extincteur immédiatement,
- ● de le repérer même si la visibilité baisse (fumée, agitation),
- ● de standardiser vos installations, surtout si vous avez plusieurs zones ou niveaux.
C’est particulièrement important dans les locaux où il y a du public, du passage, ou plusieurs personnes qui ne sont pas « familières » des lieux.
Et c’est aussi un bon réflexe pour éviter une situation classique : « il y avait un extincteur… mais personne ne savait où ».
Les erreurs d’installation les plus fréquentes
Dans la pratique, ce sont presque toujours les mêmes erreurs :
- ● installer un extincteur uniquement à l’entrée du local,
- ● le placer derrière un comptoir, une caisse ou un meuble,
- ● le laisser dans une réserve qui se remplit progressivement de stock,
- ● le positionner trop près d’une zone à risque, donc inutilisable dès que le feu démarre,
- ● ne pas signaler clairement son emplacement.
👉 Ces erreurs ne se voient pas forcément au quotidien, mais elles se payent au moment où vous avez besoin de réagir vite.
7. Maintenance : la règle que beaucoup oublient
C’est souvent sur ce point que les professionnels se mettent en tort… sans même s’en rendre compte.
Parce qu’en réalité, le risque ne vient pas uniquement de l’absence d’extincteur. Il vient surtout de cette situation très fréquente : un extincteur présent, mais inutilisable le jour où vous en avez besoin.
Et le problème, c’est que vous ne le découvrez généralement qu’au pire moment.
Avoir un extincteur ne suffit pas : il doit fonctionner, réellement
Un extincteur, c’est un matériel de sécurité. Et comme tout matériel de sécurité, il doit être maintenu en état.
Un extincteur non vérifié, c’est typiquement :
- ● une pression insuffisante,
- ● un mécanisme grippé,
- ● un tuyau ou une lance détériorée,
- ● une goupille manquante ou mal remise,
- ● une cuve endommagée,
- ● ou une cartouche arrivée en fin de validité.
Sur le papier, il est là. Dans les faits, il peut ne rien sortir au moment où vous appuyez. Et dans une situation d’urgence, vous n’aurez ni le temps ni le sang-froid de comprendre pourquoi.
C’est exactement pour cela que le Code du travail insiste sur le fait que les extincteurs doivent être maintenus en bon état de fonctionnement.
La maintenance : une obligation de sérieux, pas une formalité
La maintenance des extincteurs n’est pas une option « confortable ». C’est une exigence de prévention, qui s’inscrit dans votre responsabilité globale en matière de sécurité.
Vous devez pouvoir démontrer que :
- ● vos extincteurs existent,
- ● ils sont en nombre suffisant,
- ● et surtout, ils sont opérationnels.
Et c’est là que la maintenance devient un sujet de preuve autant que de sécurité.
La bonne pratique : des contrôles réguliers par un professionnel
Dans la pratique, la méthode la plus simple et la plus solide consiste à organiser des contrôles réguliers par un prestataire spécialisé.
Pourquoi ? Parce que cela vous apporte :
- ● une vérification technique réelle,
- ● une traçabilité claire,
- ● et une preuve de sérieux si un contrôle a lieu.
Vous évitez aussi la fausse sécurité du « il a l’air en bon état ». Un extincteur peut sembler impeccable visuellement… tout en étant hors service.
La traçabilité : votre meilleure protection en cas de contrôle ou de sinistre
Un point est souvent sous-estimé : la preuve.
La bonne pratique consiste à conserver une traçabilité claire, notamment via :
- ● une étiquette ou vignette de maintenance sur l’extincteur,
- ● un registre de sécurité (ou registre interne),
- ● une preuve d’entretien (bon d’intervention, facture, compte rendu).
Ce suivi est précieux, car il montre que vous ne vous contentez pas d’acheter du matériel : vous le maintenez en conditions opérationnelles.
Et c’est exactement ce qu’on attend de vous en matière de prévention.
Le vrai risque : être parfaitement équipé… mais incapable de le prouver
Même si vous avez mis le bon nombre d’extincteurs, bien placés, avec le bon type, l’absence de suivi peut vous être reprochée.
Lors d’un contrôle, un extincteur sans maintenance identifiable peut être considéré comme non conforme. Et après un sinistre, l’absence de preuves d’entretien peut vous mettre en difficulté au moment où vous avez besoin que tout soit clair et fluide.
👉 Vous pouvez avoir fait le plus gros… et être fragilisé par un simple manque de traçabilité.
Un extincteur, c’est utile seulement si quelqu’un sait s’en servir. Et c’est une réalité que beaucoup de professionnels découvrent trop tard : le matériel peut être parfaitement installé… mais inefficace si personne n’ose l’utiliser ou ne sait pas comment réagir.
Vous n’avez pas besoin de transformer vos salariés en pompiers. En revanche, vous devez vous assurer qu’ils sont capables d’adopter les bons réflexes, sans improviser.
Le point clé : gagner du temps, sans prendre de risques inutiles
Lors d’un départ de feu, les premières minutes sont décisives. Mais ce n’est pas le moment de « tenter quelque chose au hasard ».
La priorité est toujours la même :
- ● protéger les personnes,
- ● donner l’alerte rapidement,
- ● et agir seulement si c’est possible et sans danger.
C’est précisément sur cette logique que repose la formation de base en entreprise : permettre à vos équipes d’avoir une réaction simple, structurée, et efficace.
Ce que vos salariés doivent connaître, concrètement
Votre objectif est qu’ils sachent faire 5 choses, clairement.
- ● Repérer immédiatement les extincteurs. Ils doivent connaître l’emplacement exact des extincteurs dans les zones où ils travaillent. Pas « à peu près ». Pas « je crois que c’est dans la réserve ». En situation d’urgence, l’hésitation coûte cher.
- ● Reconnaître l’alarme et comprendre ce qu’elle signifie. Vos équipes doivent identifier le signal et comprendre qu’il déclenche une procédure : alerte, évacuation, mise en sécurité. Même si vous n’avez pas un système complexe, la règle reste la même : tout le monde doit savoir comment l’établissement réagit en cas d’incendie.
- ● Donner l’alerte rapidement. Il faut savoir comment prévenir les secours, qui appelle, et avec quelles informations (adresse, nature du problème, présence éventuelle de personnes, accès au bâtiment, etc.). Cette étape est souvent négligée. Pourtant, retarder l’appel, c’est parfois perdre la maîtrise.
- ● Évacuer et sécuriser les personnes. Un départ de feu peut provoquer de la fumée très rapidement. Et la fumée est souvent plus dangereuse que les flammes. Vos équipes doivent savoir : où sortir, par où passer, où se regrouper et comment éviter les comportements à risque. Le but est d’évacuer proprement, sans panique, et de s’assurer que personne ne reste bloqué.
Utiliser un extincteur si la situation le permet
C’est le point qui fait souvent la différence… mais seulement dans les bonnes conditions.
Vos équipes doivent comprendre qu’un extincteur sert à traiter un départ de feu limité, pas un incendie déjà développé.
Ils doivent savoir :
- ● comment décrocher l’appareil,
- ● comment retirer la goupille,
- ● comment viser à la base des flammes,
- ● comment garder une distance de sécurité,
- ● et surtout quand arrêter et se replier.
Le bon réflexe, c’est de ne jamais se mettre en danger « pour sauver du matériel ». L’action doit rester maîtrisée.
La méthode à retenir : simple, claire, efficace
Un départ de feu se gère d’abord par le calme et la méthode.
Vous devez ancrer une séquence très simple :
alerter → sécuriser → agir si possible → évacuer si nécessaire
Ce sont des étapes logiques, faciles à mémoriser, et surtout faciles à appliquer sous stress.
Un extincteur est un outil. Mais la réaction humaine reste déterminante.
Et c’est exactement pour cela qu’une formation minimale, même courte, a une vraie valeur : elle permet d’éviter l’effet « sidération », cette seconde où personne n’ose bouger et où l’incident prend de l’ampleur.
Un bénéfice souvent sous-estimé : la culture sécurité
Former vos équipes, ce n’est pas seulement pour « le jour où ça arrive ». C’est aussi une façon de créer une culture de prévention.
Quand vos salariés savent réagir, ils sont aussi plus attentifs à des signaux faibles :
- ● une prise qui chauffe,
- ● une odeur anormale,
- ● un matériel défectueux,
- ● un stockage dangereux,
- ● une sortie encombrée.
Et ce sont souvent ces alertes-là qui évitent le sinistre.
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