Par Jean-David Boussemaer, le 23 février 2026 - 6 min de lecture

Règlement CE n°852/2004 sur la formation en hygiène alimentaire

Si vous exercez une activité impliquant la manipulation, la transformation ou la vente de denrées alimentaires, vous êtes directement concerné par le règlement CE n° 852/2004. Ce texte européen impose que le personnel manipulant les denrées alimentaires soit supervisé et dispose d’une formation appropriée en matière d’hygiène alimentaire, adaptée à son activité.

restaurateur

1. En résumé

  • Le règlement (CE) n° 852/2004 impose à tout exploitant du secteur alimentaire de garantir l’hygiène des denrées et de mettre en place des procédures fondées sur les principes HACCP. Il exige que le personnel manipulant les denrées soit encadré et formé en matière d’hygiène alimentaire.
  • Cette obligation concerne toute activité manipulant, préparant ou vendant des denrées alimentaires, quelle que soit la taille ou la structure de l’entreprise.
  • La personne formée doit être en mesure d’appliquer concrètement les règles sanitaires, d’encadrer l’équipe et d’assurer le respect effectif des procédures d’hygiène.
  • En restauration commerciale en France, l’article L.233-4 du Code rural et de la pêche maritime impose que, dans chaque établissement, au moins une personne justifie d’une formation spécifique en hygiène alimentaire adaptée à l’activité exercée (arrêté du 5 octobre 2011 modifié).
  • En cas de non-conformité, l’exploitant s’expose à des sanctions administratives, civiles ou pénales, d’où l’importance de combiner formation réglementaire et assurance responsabilité civile professionnelle.

2. Une obligation issue du droit européen

Le règlement (CE) n° 852/2004 constitue l’un des textes fondateurs du « paquet hygiène » adopté par l’Union européenne afin d’harmoniser les règles sanitaires applicables aux denrées alimentaires. Il s’applique à l’ensemble des exploitants du secteur alimentaire, qu’il s’agisse de producteurs, de transformateurs, de distributeurs ou de restaurateurs.

Son ambition est claire : garantir un niveau élevé de protection des consommateurs sur tout le territoire européen, en imposant des standards communs en matière de sécurité sanitaire. Il repose sur un principe fondamental : la responsabilité première de la sécurité des aliments incombe à l’exploitant.

Concrètement, cela signifie que vous devez être en mesure d’identifier les dangers susceptibles d’affecter les denrées alimentaires que vous manipulez, de mettre en place des mesures préventives adaptées et d’assurer un contrôle permanent de vos pratiques.

Pour atteindre cet objectif, le règlement impose la mise en œuvre de procédures fondées sur les principes HACCP, c’est-à-dire une méthode structurée d’analyse des dangers et de maîtrise des points critiques. Cette méthode repose notamment sur l’identification des risques biologiques, chimiques et physiques, la détermination des points critiques de contrôle, la fixation de limites critiques et la mise en place de mesures correctives en cas de dérive.

Or, ces exigences ne peuvent être respectées que si vous disposez des connaissances nécessaires. C’est pourquoi le règlement prévoit explicitement que les exploitants doivent veiller à ce que les personnes manipulant les denrées alimentaires soient encadrées et formées en matière d’hygiène, en fonction de leur activité.

La formation n’est donc pas une simple formalité administrative. Elle constitue un levier central de prévention des risques sanitaires et un élément clé de votre conformité réglementaire.

En France, cette exigence européenne a été transposée et précisée par des dispositions nationales. Dans le secteur de la restauration commerciale notamment, la réglementation impose que, dans chaque établissement, au moins une personne justifie d’une formation spécifique en hygiène alimentaire adaptée à l’activité exercée.

Vous devez ainsi être en mesure, en cas de contrôle, de démontrer que cette obligation est respectée. Cette exigence traduit la volonté des autorités de s’assurer que les principes posés par le droit européen sont effectivement appliqués sur le terrain, au sein même de votre établissement.

3. Qui est concerné ?

Vous êtes concerné dès lors que votre activité implique la manipulation, la préparation, la transformation ou la mise à disposition de denrées alimentaires destinées à être consommées par le public.

Cela vise en premier lieu les établissements de restauration commerciale. Si vous exploitez un restaurant traditionnel, un établissement de restauration rapide, un food truck ou une activité de traiteur, vous entrez directement dans le champ d’application des obligations en matière d’hygiène alimentaire.

Il en va de même si vous êtes boulanger et que vous proposez une activité de sandwicherie ou de restauration sur le pouce, si vous tenez un café offrant de la petite restauration, ou si vous exploitez une « dark kitchen » dédiée à la vente à emporter ou à la livraison.

Cependant, la liste ne s’arrête pas à ces exemples. La réglementation adopte une approche large. Dès lors que vous manipulez des denrées alimentaires, même de manière accessoire à votre activité principale, vous êtes tenus de respecter les exigences sanitaires applicables.

Peu importe la taille de votre structure, le nombre de salariés ou votre chiffre d’affaires. Que vous soyez indépendant, gérant d’une société ou responsable d’un établissement franchisé, votre responsabilité est engagée dès que vous intervenez dans la chaîne alimentaire.

En pratique, cela signifie que vous devez être en mesure de démontrer que vous maîtrisez les règles d’hygiène correspondant à votre activité. Vous devez connaître les risques liés aux denrées que vous manipulez, organiser la conservation et le stockage dans des conditions adaptées, assurer la traçabilité des produits et veiller au respect strict des températures et des protocoles de nettoyage.

L’obligation de formation s’inscrit donc dans un cadre plus large : celui de votre responsabilité en tant qu’exploitant du secteur alimentaire. Dès que vous servez un produit destiné à être consommé, vous êtes tenus d’en garantir la sécurité sanitaire.

4. Qui doit suivre la formation ?

La réglementation fixe un principe clair : au moins une personne au sein de votre établissement doit avoir suivi une formation adaptée en hygiène alimentaire.

Il ne s’agit pas nécessairement du dirigeant, même si, dans de nombreux cas, c’est lui qui choisit de se former. La personne concernée peut être le gérant, un salarié, un chef de cuisine ou un responsable d’établissement, à condition qu’elle occupe une fonction lui permettant d’intervenir concrètement dans l’organisation et le respect des règles sanitaires.

L’essentiel n’est pas le statut, mais la capacité d’action. La personne formée doit être présente de manière effective dans l’entreprise et en mesure d’appliquer les principes d’hygiène au quotidien. Elle doit également pouvoir encadrer l’équipe, transmettre les bonnes pratiques et veiller à la bonne mise en œuvre des procédures fondées sur la méthode HACCP.

Autrement dit, il ne suffit pas de détenir une attestation pour être en conformité. Vous devez pouvoir démontrer que les connaissances acquises sont réellement intégrées dans votre fonctionnement interne.

En pratique, même si la loi n’exige qu’une seule personne formée, limiter la compétence à un seul membre de l’équipe peut fragiliser votre organisation. En cas d’absence, de départ ou de surcharge d’activité, le risque d’erreur augmente.

C’est pourquoi il est fortement recommandé de sensibiliser l’ensemble de vos collaborateurs aux règles d’hygiène applicables à votre activité. La sécurité sanitaire ne repose pas sur une personne isolée, mais sur une application collective, constante et rigoureuse des procédures. Plus votre équipe est formée et impliquée, plus vous réduisez le risque d’incident et renforcez la solidité de votre établissement face aux contrôles.

5. Quelle formation choisir ?

En France, lorsque vous exercez une activité de restauration commerciale, la formation doit être dispensée par un organisme de formation enregistré conformément à la réglementation (déclaration d’activité) et respecter le cahier des charges fixé par l’arrêté du 5 octobre 2011 modifié. Ce point est essentiel, car seule une formation conforme aux exigences réglementaires vous permet de justifier valablement de votre mise en conformité en cas de contrôle.

La formation est spécifiquement conçue pour répondre aux obligations issues du règlement (CE) n° 852/2004 et aux textes nationaux qui en précisent l’application. Elle ne se limite pas à des notions théoriques générales. Elle vise à vous donner des outils concrets pour structurer et sécuriser votre organisation.

Le programme aborde notamment les principes de la méthode HACCP, c’est-à-dire l’analyse des dangers et la maîtrise des points critiques. Vous y étudiez les risques microbiologiques, chimiques et physiques susceptibles d’affecter les denrées alimentaires. Vous apprenez également à mettre en place des bonnes pratiques d’hygiène adaptées à votre activité, à organiser la traçabilité des produits, à formaliser un plan de nettoyage et de désinfection efficace, à gérer correctement les températures et à prévenir les intoxications alimentaires.

La durée minimale est généralement fixée à quatorze heures. À l’issue de la formation, une attestation vous est délivrée. Ce document constitue la preuve que vous respectez l’obligation réglementaire et doit être conservé au sein de votre établissement.

Il existe toutefois des cas de dispense. Si vous justifiez d’un diplôme spécifique dans le domaine alimentaire ou d’une expérience professionnelle suffisante dans un poste à responsabilité, vous pouvez être exonéré de cette formation. Encore faut-il être en mesure d’en apporter la preuve.

Avant de choisir un organisme, vous devez donc vérifier sa déclaration auprès de la DREETS, le contenu précis du programme et la conformité de la formation aux exigences en vigueur. Au-delà de l’obligation légale, il s’agit d’un investissement structurant pour la sécurité de votre activité.

6. Quels sont les risques en cas de non-conformité ?

En cas de contrôle réalisé par les services sanitaires, vous devez être en mesure de démontrer immédiatement que votre établissement respecte ses obligations en matière d’hygiène alimentaire. Cela implique notamment de pouvoir présenter l’attestation de formation exigée par la réglementation.

Si vous êtes dans l’incapacité de justifier de cette formation, l’administration peut engager différentes mesures à votre encontre. Une mise en demeure peut d’abord vous être adressée afin de régulariser la situation dans un délai déterminé. Si les manquements persistent ou si d’autres irrégularités sont constatées, des mesures administratives peuvent être prises (mise en demeure, injonction, fermeture administrative) et, le cas échéant, des poursuites pénales peuvent être engagées selon la nature des manquements constatés..

Dans les situations les plus graves, notamment lorsque des risques sanitaires sérieux sont identifiés ou que des manquements répétés sont constatés, l’autorité administrative peut décider d’une fermeture administrative temporaire de votre établissement. Cette mesure peut avoir des conséquences économiques immédiates et significatives.

Au-delà des sanctions administratives, l’enjeu est également juridique. En cas d’intoxication alimentaire, de contamination ou de manquement avéré aux règles d’hygiène, votre responsabilité civile peut être engagée afin d’indemniser les victimes. Selon la gravité des faits, votre responsabilité pénale peut également être recherchée, notamment en cas de blessures involontaires ou de mise en danger d’autrui.

La non-conformité ne se limite donc pas à un simple défaut formel. Elle peut fragiliser durablement votre activité, votre réputation et votre situation financière. Se conformer à l’obligation de formation constitue ainsi une mesure de prévention essentielle, à la fois réglementaire et stratégique.

7. Formation et assurance : deux piliers indissociables

Se former relève d’une obligation réglementaire. Vous devez maîtriser les règles d’hygiène, comprendre les principes HACCP et organiser votre activité de manière conforme aux exigences sanitaires. Cette démarche est indispensable pour prévenir les risques et démontrer votre sérieux en cas de contrôle.

S’assurer, en revanche, constitue une décision stratégique. La formation réduit le risque, mais elle ne l’annule jamais totalement. Même avec des procédures rigoureuses, une intoxication alimentaire peut survenir, une erreur de manipulation peut être commise ou un défaut de traçabilité peut apparaître. Les conséquences financières peuvent alors être considérables.

Une assurance RC Pro adaptée à votre activité alimentaire vous protège face aux réclamations de vos clients. Elle peut prendre en charge les dommages causés à des tiers, les frais de défense engagés pour vous représenter, les indemnisations éventuellement dues ainsi que, selon les garanties souscrites, les Perte d'exploitation consécutives à une fermeture administrative.

Vous devez envisager la conformité réglementaire et la couverture assurantielle comme deux composantes complémentaires d’une même stratégie de sécurisation. La première vise à prévenir le risque. La seconde vous protège lorsque, malgré toutes vos précautions, un incident survient.

En combinant formation et assurance adaptée, vous consolidez la stabilité de votre établissement, vous protégez votre trésorerie et vous renforcez la confiance de vos clients dans la pérennité de votre activité.

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