1. Rendez votre compte bancaire opérationnel
Après l’immatriculation, vérifiez que vous pouvez effectivement recevoir un paiement, régler vos fournisseurs et suivre les mouvements de votre entreprise.
Si vous avez constitué une société et déposé son capital sur un compte bloqué, transmettez à l’établissement les justificatifs nécessaires au déblocage des fonds. Contrôlez ensuite l’activation des moyens de paiement, les plafonds de virement et les droits d’accès des personnes autorisées. Obtenez les coordonnées bancaires définitives du compte pour vos documents commerciaux.
Si vous exercez en micro-entreprise, un compte dédié à votre activité devient obligatoire lorsque votre chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant deux années civiles consécutives. Par ailleurs, si vous avez la qualité de commerçant, le Code de commerce vous impose de disposer d’un compte ouvert auprès d’un établissement de crédit ou d’un bureau de chèques postaux. Un compte dédié à l’activité professionnelle n’est pas nécessairement une offre bancaire commercialisée sous l’appellation « compte professionnel » : vérifiez toutefois que l’établissement autorise son utilisation pour votre activité.
Même lorsque la séparation des comptes n’est pas obligatoire, elle facilite votre suivi. Vous identifiez plus facilement les recettes, les dépenses professionnelles et les sommes à réserver pour vos prochaines échéances.
À préparer avant votre premier encaissement : un RIB utilisable, des moyens de paiement adaptés et une méthode pour rattacher chaque mouvement bancaire à son justificatif. Si vous utilisez un terminal de paiement ou une solution de paiement en ligne, vérifiez également le compte de destination et les délais de versement.
2. Mettez en place votre organisation comptable
Votre organisation comptable commence dès vos premières opérations, même si vous n’avez encore réalisé aucune vente. Une facture de logiciel, un achat de matériel ou des frais bancaires doivent pouvoir être retrouvés et traités correctement.
Définissez d’abord qui fait quoi. Si vous travaillez avec un expert-comptable, précisez les documents à transmettre, leur fréquence d’envoi et la répartition des tâches. Si vous assurez vous-même votre suivi, choisissez une organisation compatible avec vos obligations et votre volume d’activité.
En micro-entreprise, vous devez notamment tenir un livre des recettes encaissées. Un registre des achats est également requis pour certaines activités, notamment la vente de marchandises. La simplicité du régime ne vous dispense donc pas de conserver vos justificatifs ni de suivre vos opérations.
Créez un classement unique pour vos factures clients, vos factures fournisseurs, vos relevés bancaires et vos contrats. Prévoyez une sauvegarde et évitez de laisser les seules copies dans votre messagerie. Pour les dépenses engagées personnellement avant l’immatriculation, faites vérifier les conditions de leur prise en charge par l’entreprise.
Organisez aussi votre calendrier : déclarations, paiements, transmission des pièces et contrôle des factures impayées. Activez les espaces professionnels nécessaires auprès des administrations concernées et vérifiez que vous recevez leurs notifications.
Le bon réflexe : réservez chaque semaine un créneau pour classer vos justificatifs et rapprocher vos encaissements de vos factures. Une facture envoyée ne signifie pas que son montant est disponible sur votre compte.
3. Préparez votre facturation électronique
Avant d’émettre votre première facture, paramétrez votre outil avec les informations exactes de votre entreprise, les mentions applicables, votre situation au regard de la TVA et une numérotation conforme. Vérifiez également les données de vos clients et les modalités de paiement.
Depuis le 1er septembre 2026, les entreprises établies en France et assujetties à la TVA doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques, y compris les micro-entreprises bénéficiant de la franchise en base. L’obligation d’émission s’applique depuis cette même date aux grandes entreprises et aux entreprises de taille intermédiaire ; elle commencera le 1er septembre 2027 pour les PME et les micro-entreprises, pour les opérations entrant dans le champ de la réforme.
Si vous lancez votre activité aujourd’hui, choisissez une plateforme agréée pour recevoir vos factures et vérifiez la connexion avec votre logiciel de gestion. Un simple PDF envoyé par courriel ne constitue pas une facture électronique conforme à cette réforme.
Ne vous limitez pas à la création du compte : vérifiez qui consulte les factures reçues, comment elles sont validées et comment elles parviennent à votre comptabilité. Les ventes aux particuliers et certaines opérations internationales peuvent relever d’obligations de transmission de données, selon leur nature et votre calendrier d’entrée dans la réforme.
Pour approfondir les échéances et le périmètre, consultez notre article sur la facturation électronique obligatoire.
À vérifier avant la première facture : vos données légales, votre paramétrage de TVA, votre numérotation et votre circuit de réception. Utilisez un brouillon ou l’environnement de test de votre outil pour contrôler le résultat.
4. Faites démarrer vos assurances au bon moment
L’immatriculation ne déclenche aucune couverture automatique. Avant votre première prestation ou la prise de possession de vos locaux, identifiez les assurances imposées par votre profession, vos contrats et les risques auxquels vous êtes exposé.
La responsabilité civile professionnelle est obligatoire pour certaines professions réglementées. Elle n’est pas imposée à toutes les activités de conseil ou de services. Dans le bâtiment, lorsque votre responsabilité décennale est susceptible d’être engagée et que vous êtes soumis à l’obligation d’assurance correspondante, la garantie doit être souscrite avant le démarrage des travaux concernés. Vérifiez également que les activités et travaux réalisés sont bien déclarés et couverts par votre contrat.
Même sans obligation légale, votre premier client peut exiger une attestation avant de vous confier une mission. Vérifiez ce point pendant la négociation pour éviter de retarder le démarrage.
Votre assurance responsabilité civile professionnelle doit correspondre aux prestations que vous réalisez effectivement. Décrivez vos activités avec précision, notamment si vous combinez conseil, vente, installation ou maintenance. Examinez les plafonds, les franchises, les exclusions et les territoires couverts.
Si vous disposez de locaux, de matériel ou de stocks, étudiez également une multirisque professionnelle. Les garanties de dommages aux biens, de responsabilité et de pertes d’exploitation répondent à des besoins différents. Leur présence et leur étendue dépendent du contrat : une interruption d’activité n’est pas automatiquement indemnisée.
Le point décisif : vérifiez la date d’effet et les conditions de mise en garantie. Un devis d’assurance reçu ou une demande en cours ne prouvent pas que vous êtes couvert. Conservez votre contrat et votre attestation dans un dossier immédiatement accessible.
Vous souhaitez vérifier vos besoins avant votre première mission ? Identifiez les assurances adaptées à votre activité avec Assurup.
5. Préparez vos devis, contrats et CGV
Votre première commande doit reposer sur un accord suffisamment précis pour éviter les malentendus. Préparez vos modèles avant de devoir répondre dans l’urgence à un prospect.
Votre devis ou votre contrat doit décrire la prestation, les livrables, le prix, les échéances et les modalités de paiement. Précisez également ce que votre client doit fournir pour vous permettre de travailler et comment seront traitées les demandes supplémentaires.
Par exemple, si vous proposez une création de site internet au forfait, indiquez le nombre de pages prévu, les contenus attendus du client et les étapes de validation. Une demande de boutique en ligne ajoutée ensuite doit faire l’objet d’un accord complémentaire sur le prix et le délai.
Adaptez vos conditions générales de vente à votre clientèle. Entre professionnels, lorsque vous établissez des CGV, vous devez les communiquer aux acheteurs professionnels qui en font la demande. Pour les consommateurs, des obligations d’information précontractuelle s’appliquent ; selon votre mode de vente, vous devez également traiter la rétractation et la médiation de la consommation.
Évitez de copier les CGV d’une autre entreprise : elles peuvent décrire des prestations, des garanties ou un processus de vente qui ne correspondent pas aux vôtres. Faites vérifier les clauses sensibles, notamment celles relatives à la responsabilité, à la résiliation et à la propriété des livrables.
À organiser avant la première commande : la transmission des documents, leur acceptation et la conservation de la version acceptée. Un document bien rédigé vous sera peu utile si vous ne pouvez pas établir qu’il a été porté à la connaissance de votre client dans les conditions nécessaires.
6. Sécurisez votre nom et votre domaine
Votre nom figure désormais sur les documents de votre entreprise. Avant d’investir davantage dans votre site, vos supports et votre communication, vérifiez que sa protection a été correctement traitée.
L’immatriculation ne remplace pas un dépôt de marque. La dénomination sociale, le nom commercial, la marque et le nom de domaine correspondent à des éléments distincts, dont les protections ne se confondent pas. Si vous envisagez un dépôt, vérifiez les droits antérieurs et définissez les produits ou services à couvrir. Une recherche limitée aux noms strictement identiques peut être insuffisante. Consultez les informations de l’INPI pour déposer et protéger une marque.
Si votre domaine est déjà réservé, contrôlez son titulaire, les accès au compte et sa date de renouvellement. Lorsqu’un prestataire l’a acheté pour vous, assurez-vous que vous en conservez la maîtrise et que sa récupération ne dépend pas de votre relation commerciale avec lui.
Activez l’authentification multifacteur lorsqu’elle est disponible et utilisez une adresse de récupération accessible. Vérifiez également que les alertes de renouvellement parviennent à une personne qui pourra les traiter.
Le résultat attendu : vous savez qui détient votre domaine, qui peut l’administrer et comment le renouveler. Si vous avez engagé un dépôt de marque, conservez les justificatifs et suivez la procédure jusqu’à son issue.
7. Testez vos procédures avant le premier client
Vos outils sont prêts. Vérifiez maintenant qu’ils fonctionnent ensemble, depuis la demande du client jusqu’à l’archivage du dossier.
Simulez une commande : pouvez-vous établir un devis, recueillir l’accord, demander l’acompte prévu, planifier la prestation et préparer la facturation sans improviser ? Vous repérerez ainsi les informations manquantes et les étapes dont personne n’a la charge.
Préparez également votre manière de traiter une réclamation ou un incident. Définissez où conserver les échanges, qui contacter et comment transmettre une déclaration à votre assureur si nécessaire. Pour un retard de paiement, prévoyez un suivi des échéances et des messages de relance adaptés.
Adaptez cette préparation à votre métier. Pour une activité de conseil, formalisez la validation des livrables. Pour un commerce, testez l’encaissement et le traitement des retours. Pour un restaurant, vérifiez que les contrôles à la réception des marchandises peuvent être réalisés et enregistrés dès la première livraison.
Avant d’accueillir du public ou d’exécuter une activité réglementée, contrôlez également que les autorisations et les conditions d’exercice déjà identifiées sont effectivement remplies. Votre numéro SIREN ne remplace pas ces exigences.
Vous pouvez terminer votre préparation avec cette checklist :
| Point de contrôle | Résultat à obtenir |
|---|
| Compte bancaire | Vous pouvez encaisser, payer et identifier chaque mouvement. |
| Comptabilité | Vos justificatifs sont classés et vos échéances suivies. |
| Facturation | Vos modèles sont paramétrés et votre réception électronique organisée. |
| Assurances | Les garanties nécessaires sont en vigueur pour l’activité prévue. |
| Documents commerciaux | Vous pouvez formaliser une commande et conserver l’accord du client. |
| Nom et domaine | Vous maîtrisez vos accès et avez vérifié votre stratégie de protection. |
| Parcours client | Vous avez testé une commande et prévu le traitement des incidents. |
Avant d’accepter votre première mission, vérifiez que les prestations promises correspondent aux activités déclarées à votre assureur. Consultez également les points à vérifier avant de signer votre premier contrat client. Vous pourrez ainsi démarrer avec des engagements commerciaux clairs et une couverture adaptée aux risques identifiés.