Par Jean-David Boussemaer, le 9 juillet 2026 - 6 min de lecture

Mouvement de terrain : les assurances pour votre entreprise

Affaissement, glissement de terrain, effondrement de cavités souterraines ou éboulement peuvent fragiliser un bâtiment, interrompre une activité pendant plusieurs semaines et entraîner des pertes financières importantes. Dans quelles situations votre assurance professionnelle peut-elle intervenir ?

Mouvement de terrain

1. Qu'appelle-t-on un mouvement de terrain ?

Un mouvement de terrain correspond au déplacement, à la déformation ou à l'effondrement du sol ou du sous-sol. Ce phénomène peut être progressif, en se développant sur plusieurs semaines ou plusieurs mois, ou au contraire se produire de manière soudaine, avec des conséquences parfois très importantes pour les bâtiments et les infrastructures.

Les mouvements de terrain trouvent leur origine dans différents facteurs. Ils peuvent être provoqués par des épisodes de fortes pluies qui déstabilisent les sols, par des périodes de sécheresse entraînant un retrait des terrains argileux, par des infiltrations d'eau, par l'érosion naturelle ou encore par les caractéristiques géologiques du sous-sol. Dans certaines régions, la présence de cavités naturelles ou d'anciennes exploitations minières augmente également le risque d'affaissement ou d'effondrement.

Les principaux types de mouvements de terrain sont :

  • les glissements de terrain, lorsque des masses de terre se déplacent sur une pente ;
  • les affaissements, qui correspondent à un enfoncement progressif du sol ;
  • les effondrements de cavités souterraines, pouvant provoquer un affaissement brutal de la surface ;
  • les éboulements rocheux, fréquents dans les zones montagneuses ou escarpées ;
  • les coulées de boue ;
  • les tassements différentiels des sols, qui provoquent des mouvements irréguliers des fondations, notamment sur les terrains argileux.

2. Quels dommages peuvent subir les entreprises ?

Les conséquences d'un mouvement de terrain vont souvent bien au-delà des fissures visibles sur un bâtiment. En fonction de l'ampleur du phénomène, les dommages peuvent compromettre la stabilité des locaux, endommager les équipements professionnels et entraîner une interruption totale de l'activité.

Les dégâts peuvent notamment concerner :

  • les fondations du bâtiment, qui peuvent se déplacer ou s'affaisser ;
  • les murs porteurs, susceptibles de présenter des fissures importantes ou des déformations ;
  • les planchers et les dallages, qui peuvent se soulever, s'affaisser ou se fissurer ;
  • les réseaux d'eau, de gaz, d'électricité ou d'assainissement, pouvant être rompus ou détériorés ;
  • les parkings, voiries privées et accès au site, parfois rendus impraticables ;
  • les machines industrielles et les équipements professionnels, qui peuvent être désalignés, endommagés ou devenir inutilisables ;
  • les stocks de marchandises, susceptibles d'être détruits ou détériorés à la suite de l'effondrement d'un bâtiment ou d'infiltrations d'eau ;
  • les véhicules stationnés sur le site, qui peuvent être endommagés par un affaissement ou un éboulement.

Au-delà des dommages matériels, un mouvement de terrain peut également avoir des conséquences économiques importantes. Si les locaux ne répondent plus aux conditions de sécurité, l'entreprise peut être contrainte de suspendre temporairement son activité. Les salariés ne peuvent plus travailler dans des conditions normales, les livraisons sont retardées, les clients ne peuvent plus être accueillis et certaines commandes doivent parfois être annulées.

Dans les situations les plus graves, les bâtiments deviennent totalement inutilisables pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Les travaux de consolidation ou de reconstruction peuvent être particulièrement longs, ce qui renforce l'importance de disposer d'une couverture d'assurance adaptée afin de limiter les conséquences financières d'un tel sinistre.

3. Les mouvements de terrain sont-ils toujours considérés comme des catastrophes naturelles ?

Non. Tous les mouvements de terrain ne relèvent pas automatiquement du régime des catastrophes naturelles.

En France, la garantie catastrophe naturelle ne s'applique que lorsque plusieurs conditions sont réunies. Le phénomène doit résulter d'un agent naturel d'une intensité anormale et un arrêté interministériel doit reconnaître officiellement l'état de catastrophe naturelle dans la commune où le sinistre est survenu.

Cette reconnaissance concerne notamment certains mouvements de terrain provoqués par des événements naturels exceptionnels, comme des pluies particulièrement abondantes, des épisodes de sécheresse entraînant des mouvements des sols ou d'autres phénomènes géologiques majeurs. Sans cet arrêté, la garantie catastrophe naturelle ne peut généralement pas être mobilisée.

À l'inverse, certains mouvements de terrain peuvent avoir une autre origine. Ils peuvent être liés à un défaut de construction, à des travaux réalisés à proximité, à l'exploitation d'une carrière, à une rupture de canalisation ou encore à un phénomène qui ne répond pas aux critères du régime des catastrophes naturelles. Dans ces situations, la prise en charge dépendra des garanties prévues par le contrat d'assurance et des circonstances précises du sinistre.

Il est donc important de ne pas considérer qu'un mouvement de terrain ouvre automatiquement droit à une indemnisation au titre de la garantie catastrophe naturelle. Chaque dossier fait l'objet d'une analyse afin de déterminer l'origine du phénomène, les dommages subis et les garanties susceptibles de s'appliquer.

En cas de doute, votre assureur ou votre courtier pourra vous accompagner pour identifier les garanties mobilisables et vous guider dans les démarches à effectuer.

4. La multirisque professionnelle couvre-t-elle les mouvements de terrain ?

La multirisque professionnelle constitue la principale assurance destinée à protéger les locaux, le matériel et les biens de votre entreprise contre de nombreux sinistres. En cas de mouvement de terrain, elle peut jouer un rôle essentiel, mais son intervention n'est pas systématique.

La prise en charge dépend notamment :

  • des garanties que vous avez souscrites ;
  • de l'origine exacte du mouvement de terrain ;
  • des exclusions prévues par le contrat ;
  • de la reconnaissance éventuelle de l'état de catastrophe naturelle lorsque celle-ci est nécessaire.

Lorsque les conditions d'application sont réunies, la multirisque professionnelle peut indemniser de nombreux dommages matériels, notamment :

  • les bâtiments professionnels et leurs fondations ;
  • les aménagements intérieurs et les installations techniques ;
  • le mobilier de bureau ou de commerce ;
  • les machines, les équipements et le matériel professionnel ;
  • les stocks de marchandises et de matières premières.

Selon les contrats, certaines garanties complémentaires peuvent également couvrir les frais engagés pour sécuriser les locaux après le sinistre, effectuer des travaux conservatoires ou procéder à l'enlèvement des décombres.

Il est toutefois important de rappeler que tous les contrats ne proposent pas le même niveau de protection. Les plafonds d'indemnisation, les franchises, les exclusions et les conditions de mise en œuvre des garanties peuvent varier d'un assureur à l'autre. Certains dommages peuvent également n'être indemnisés qu'en présence d'un arrêté reconnaissant l'état de catastrophe naturelle.

Avant qu'un sinistre ne survienne, il est donc recommandé de relire attentivement votre contrat ou de faire le point avec votre assureur ou votre courtier. Cette vérification permet de s'assurer que les garanties correspondent bien aux risques auxquels votre entreprise est exposée et d'éviter les mauvaises surprises au moment de l'indemnisation.

5. Quand la garantie catastrophe naturelle intervient-elle ?

La garantie catastrophe naturelle n'est pas automatiquement déclenchée après un mouvement de terrain. Son intervention est strictement encadrée par la loi et suppose que plusieurs conditions soient réunies.

En pratique, les conditions suivantes doivent être remplies :

  • le mouvement de terrain doit résulter d'un phénomène naturel d'une intensité anormale ;
  • un arrêté interministériel doit reconnaître officiellement l'état de catastrophe naturelle pour la commune où le sinistre s'est produit ;
  • les biens endommagés doivent être couverts par un contrat d'assurance incluant la garantie catastrophe naturelle, généralement intégrée aux contrats multirisques professionnelles.

La publication de l'arrêté au Journal officiel constitue une étape essentielle. Elle confirme que les pouvoirs publics reconnaissent le caractère exceptionnel du phénomène et permet aux assurés concernés de bénéficier du régime d'indemnisation prévu par la loi.

Une fois ces conditions réunies, l'assureur peut prendre en charge les dommages matériels subis par les biens assurés, dans les limites, plafonds et franchises prévus par le contrat ainsi que par la réglementation en vigueur.

Il est important de noter que cette garantie couvre principalement les dommages matériels directs causés par le phénomène naturel. En revanche, les pertes financières liées à l'interruption de l'activité ne sont pas automatiquement indemnisées. Pour bénéficier d'une compensation de la baisse de chiffre d'affaires, l'entreprise doit généralement avoir souscrit une garantie pertes d'exploitation lorsque celle-ci est prévue par le contrat.

Après un mouvement de terrain susceptible de relever du régime des catastrophes naturelles, il est recommandé de déclarer rapidement le sinistre à votre assureur, de conserver toutes les preuves des dommages (photographies, factures, inventaire des biens endommagés) et de suivre la publication éventuelle d'un arrêté interministériel concernant votre commune. Ces démarches permettent de faciliter l'instruction de votre dossier et d'accélérer l'indemnisation.

6. La garantie Pertes d'exploitation peut-elle intervenir ?

Oui, dans certaines situations.

Un mouvement de terrain peut avoir des conséquences bien au-delà des seuls dommages matériels. Si les locaux deviennent dangereux ou inaccessibles, l'entreprise peut être contrainte de suspendre totalement ou partiellement son activité pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Durant cette période, les conséquences financières peuvent rapidement s'accumuler :

  • l'activité est interrompue ou fortement ralentie ;
  • les clients ne peuvent plus être accueillis ;
  • certaines commandes sont reportées ou annulées ;
  • les livraisons deviennent impossibles ;
  • les salariés peuvent être empêchés de travailler dans des conditions normales ;
  • les charges fixes (loyers, salaires, abonnements, remboursements d'emprunts, etc.) continuent de courir malgré la baisse du chiffre d'affaires.

C'est précisément dans ce type de situation que la garantie pertes d'exploitation peut s'avérer particulièrement précieuse. Lorsqu'elle est prévue au contrat et que ses conditions de mise en œuvre sont réunies, elle peut compenser tout ou partie de la perte de marge brute ou de chiffre d'affaires subie pendant la période d'indemnisation.

Cette garantie a pour objectif de préserver l'équilibre financier de l'entreprise le temps que les locaux soient réparés et que l'activité puisse reprendre dans des conditions normales.

Les modalités d'indemnisation varient toutefois selon les contrats. Elles peuvent notamment dépendre :

  • de l'origine du sinistre ;
  • des garanties effectivement souscrites ;
  • de la durée maximale d'indemnisation prévue ;
  • des plafonds de garantie ;
  • des franchises éventuellement applicables.

Avant qu'un sinistre ne survienne, il est donc conseillé de vérifier que votre contrat prévoit une garantie pertes d'exploitation adaptée à votre activité. Pour de nombreuses entreprises, cette protection peut faire la différence entre une interruption temporaire d'activité et des difficultés financières durables.

7. Comment déclarer un mouvement de terrain à votre assureur ?

Après un mouvement de terrain, il est essentiel d'agir rapidement afin de limiter l'aggravation des dommages et de faciliter l'indemnisation. Une déclaration complète, accompagnée de justificatifs, permet généralement à l'assureur d'instruire le dossier dans de meilleures conditions.

Dès que la situation le permet, il est recommandé de :

  • sécuriser les lieux afin de protéger les personnes et d'éviter tout risque supplémentaire ;
  • prendre les mesures conservatoires nécessaires pour empêcher l'aggravation des dommages, sans entreprendre de réparations définitives avant l'accord de l'assureur, sauf en cas d'urgence ;
  • photographier les dégâts sous différents angles, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur des locaux ;
  • établir un inventaire précis des biens endommagés ou détruits (matériel, mobilier, marchandises, équipements, etc.) ;
  • conserver les factures d'achat, devis, bons de livraison et tout document permettant de justifier la valeur des biens sinistrés ;
  • déclarer le sinistre à votre assureur dans les délais prévus par votre contrat ;
  • suivre les communications des pouvoirs publics concernant une éventuelle reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle si le mouvement de terrain résulte d'un phénomène naturel exceptionnel.

Selon l'importance des dommages, l'assureur peut missionner un expert afin d'évaluer les causes du sinistre, d'estimer le montant des dégâts et de déterminer les garanties mobilisables. Il est donc conseillé de conserver les lieux dans leur état autant que possible, sauf si des mesures de sécurité imposent une intervention immédiate.

Enfin, pensez à conserver l'ensemble des dépenses engagées à la suite du sinistre, comme les frais de sécurisation, de nettoyage ou de relogement temporaire de l'activité lorsqu'ils sont nécessaires. Selon les garanties souscrites, une partie de ces frais peut être prise en charge par votre assurance.

Une déclaration rapide, précise et bien documentée contribue généralement à accélérer le traitement du dossier et le versement de l'indemnisation.

8. Comment limiter les conséquences d'un mouvement de terrain ?

S'il est impossible d'empêcher un mouvement de terrain d'origine naturelle, il est en revanche possible de réduire ses conséquences grâce à des mesures de prévention et à une bonne préparation. Anticiper les risques permet non seulement de protéger les bâtiments et les équipements, mais aussi de favoriser une reprise plus rapide de l'activité en cas de sinistre.

Il est notamment recommandé de :

  • faire surveiller régulièrement les fissures importantes sur les bâtiments afin de détecter une éventuelle évolution ;
  • contrôler et entretenir les réseaux d'évacuation des eaux pluviales pour limiter les infiltrations susceptibles de fragiliser les sols ;
  • veiller à la bonne évacuation des eaux autour des bâtiments afin d'éviter leur accumulation au pied des fondations ;
  • entretenir les murs de soutènement, talus et autres ouvrages de stabilisation lorsqu'ils sont présents sur le site ;
  • faire réaliser une étude ou un diagnostic géotechnique lorsqu'un risque particulier est identifié ou avant des travaux importants ;
  • effectuer des inspections régulières des bâtiments afin de repérer rapidement tout signe d'affaissement, de déformation ou de fissuration ;
  • sécuriser les équipements sensibles et prévoir, lorsque cela est possible, des solutions de repli pour protéger les stocks ou le matériel de valeur ;
  • mettre en place un plan de continuité d'activité afin d'organiser la poursuite ou la reprise rapide des opérations en cas d'interruption.

Il est également conseillé de vérifier régulièrement que votre contrat d'assurance est adapté à l'évolution de votre entreprise. La valeur des bâtiments, du matériel ou des marchandises peut évoluer au fil du temps, tout comme les risques auxquels votre activité est exposée.

Ces différentes mesures ne permettent pas d'éviter un mouvement de terrain, mais elles peuvent en limiter les conséquences humaines, matérielles et financières. Elles contribuent également à réduire la durée d'interruption de l'activité et à faciliter le retour à un fonctionnement normal après le sinistre.

9. Pourquoi vérifier régulièrement vos garanties d'assurance ?

Les conséquences financières d'un mouvement de terrain peuvent être particulièrement lourdes pour une entreprise. Au-delà des réparations à effectuer sur les bâtiments, un tel sinistre peut entraîner une interruption d'activité, des pertes de revenus, le remplacement d'équipements coûteux ou encore des frais liés à la sécurisation des locaux.

Pour faire face à ces risques, plusieurs garanties peuvent être nécessaires selon la nature de votre activité et les caractéristiques de votre entreprise :

  • la multirisque professionnelle, qui protège notamment les locaux, le matériel, le mobilier et les marchandises contre différents dommages matériels ;
  • la garantie catastrophe naturelle, susceptible d'intervenir lorsque les conditions prévues par la loi sont réunies ;
  • la garantie Perte d'exploitation, qui peut compenser tout ou partie de la baisse de chiffre d'affaires pendant la période d'interruption de l'activité ;
  • la protection juridique, qui peut vous accompagner en cas de litige avec un tiers, un voisin, un fournisseur, un maître d'œuvre ou dans le cadre de certaines procédures liées au sinistre.

Les besoins en assurance évoluent au fil du développement de votre entreprise. L'acquisition de nouveaux locaux, l'achat de machines plus performantes, l'augmentation de la valeur des stocks ou encore la diversification de vos activités peuvent rendre votre contrat initial insuffisant.

De même, certaines entreprises sont davantage exposées aux mouvements de terrain en raison de leur implantation géographique ou de la nature des sols sur lesquels elles sont installées. Les établissements situés en zone montagneuse, à proximité de falaises, sur des terrains argileux ou au-dessus d'anciennes carrières peuvent être confrontés à un niveau de risque plus élevé.

Faire le point régulièrement avec votre assureur ou votre courtier permet de vérifier que les montants assurés correspondent toujours à la valeur réelle de vos biens, que les garanties souscrites couvrent les principaux risques auxquels vous êtes exposé et que les plafonds d'indemnisation restent adaptés à votre activité.

Cette démarche préventive contribue à éviter les mauvaises surprises au moment d'un sinistre et permet à votre entreprise de bénéficier d'une protection en adéquation avec son évolution et ses besoins.

10. FAQ

Les mouvements de terrain sont-ils automatiquement couverts par une assurance professionnelle ?

Non. La prise en charge dépend de l'origine du phénomène, des garanties souscrites et, dans certains cas, de la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle.

Une entreprise locataire peut-elle être indemnisée ?

Oui. Si les biens professionnels (mobilier, matériel, marchandises, etc.) sont assurés et que les garanties du contrat s'appliquent, le locataire peut être indemnisé pour les dommages subis sur ses propres biens.

Les pertes d'exploitation sont-elles systématiquement prises en charge ?

Non. Cette indemnisation nécessite généralement la souscription d'une garantie spécifique « pertes d'exploitation » et le respect des conditions prévues au contrat.

Les fissures d'un bâtiment sont-elles toujours liées à un mouvement de terrain ?

Non. Des fissures peuvent avoir différentes origines (vieillissement, défaut de construction, variations climatiques, retrait-gonflement des argiles, etc.). Une expertise est souvent nécessaire pour déterminer leur cause et les garanties éventuellement mobilisables.

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