Par Jean-David Boussemaer, le 6 juillet 2026 - 6 min de lecture

Président de SAS : protégez-vous contre la perte de revenus

Le président d'une SAS bénéficie d'un statut social protecteur sur certains aspects, mais cela ne signifie pas que ses revenus sont garantis en toutes circonstances. Révocation, maladie, accident, liquidation de l'entreprise ou baisse brutale de l'activité peuvent entraîner une diminution importante, voire une disparition totale de sa rémunération.

Président de SAS

1. En résumé

  • Le président de SAS ne bénéficie pas automatiquement de l'assurance chômage.
  • Une révocation ou une liquidation peut entraîner une perte immédiate de revenus.
  • La prévoyance permet de maintenir un revenu en cas d'arrêt de travail.
  • Une assurance chômage privée peut compléter cette protection.
  • Diversifier ses revenus et constituer une épargne restent des leviers essentiels.

2. Pourquoi le président de SAS peut-il perdre ses revenus ?

Contrairement à un salarié bénéficiant d'un contrat de travail, le président d'une SAS ne dispose d'aucune garantie lui assurant le maintien de sa rémunération. Celle-ci dépend avant tout de la situation de l'entreprise et de son mandat social. Plusieurs événements peuvent ainsi entraîner une diminution importante, voire une suppression totale de ses revenus.

La révocation du mandat

Le président de SAS peut être révoqué dans les conditions prévues par les statuts de la société. Cette décision met fin à son mandat et, sauf dispositions particulières, à la rémunération qui y est attachée. Si le dirigeant ne bénéficie pas d'un contrat de travail distinct répondant aux conditions légales, il ne peut généralement pas prétendre aux allocations chômage.

Les difficultés financières de l'entreprise

Même sans changement de dirigeant, une société confrontée à une baisse de son chiffre d'affaires, à une hausse de ses charges ou à des problèmes de trésorerie peut décider de réduire ou de suspendre la rémunération de son président. Les dirigeants sont souvent les premiers à adapter leur rémunération afin de préserver la continuité de l'activité et de maintenir les emplois.

La liquidation judiciaire

Lorsque l'entreprise cesse définitivement son activité à la suite d'une liquidation judiciaire, la rémunération du président prend généralement fin. Cette situation peut entraîner une perte brutale de revenus, d'autant plus que le mandat social n'ouvre pas automatiquement droit à l'assurance chômage.

La maladie ou l'accident

Une maladie ou un accident peut empêcher le président d'exercer ses fonctions pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Selon les modalités de sa rémunération et la situation de l'entreprise, cette interruption d'activité peut avoir des conséquences importantes sur ses revenus. Les indemnités versées par le régime obligatoire ne suffisent pas toujours à compenser cette perte.

L'invalidité

À la suite d'une maladie ou d'un accident, une invalidité peut réduire durablement, voire définitivement, la capacité du président à diriger son entreprise. Cette situation peut entraîner une baisse significative de ses revenus et remettre en cause la poursuite de son activité professionnelle.

Une baisse durable de l'activité

Une évolution défavorable du marché, la perte de clients importants, une crise économique ou encore un changement réglementaire peuvent fragiliser durablement l'entreprise. Dans ce contexte, le président peut être amené à diminuer sa rémunération pendant plusieurs mois afin de préserver l'équilibre financier de la société.

3. Le président de SAS a-t-il droit au chômage ?

Contrairement à une idée largement répandue, le président d'une SAS ne bénéficie généralement pas de l'assurance chômage. Bien qu'il relève du régime général de la Sécurité sociale en tant qu'assimilé salarié, ce statut ne lui ouvre pas automatiquement les mêmes droits qu'un salarié titulaire d'un contrat de travail.

Le mandat social n'ouvre généralement pas droit au chômage

Le président exerce ses fonctions dans le cadre d'un mandat social. À ce titre, il ne cotise pas à l'assurance chômage pour cette activité et ne peut donc, en principe, pas percevoir d'allocations de France Travail lorsque son mandat prend fin, que ce soit à la suite d'une révocation, d'une démission ou de la cessation d'activité de la société.

Cette absence de couverture peut avoir des conséquences importantes, notamment si le dirigeant perd soudainement sa principale source de revenus.

Être assimilé salarié ne signifie pas être couvert contre le chômage

Le président de SAS est affilié au régime général pour la maladie, la retraite ou encore la maternité. Cette situation conduit souvent à penser qu'il bénéficie également de l'assurance chômage.

Or, il s'agit de deux dispositifs distincts. Le statut d'assimilé salarié permet de bénéficier de la protection sociale applicable aux salariés sur de nombreux aspects, mais il n'inclut pas automatiquement la couverture contre le risque de perte d'emploi. L'assurance chômage est soumise à des règles spécifiques auxquelles le simple exercice d'un mandat social ne répond pas.

Dans quels cas le président peut-il bénéficier du chômage ?

Il existe néanmoins des situations particulières dans lesquelles un président de SAS peut ouvrir des droits à l'assurance chômage. C'est notamment le cas lorsqu'il cumule son mandat social avec un véritable contrat de travail.

Pour que ce cumul soit reconnu, plusieurs conditions doivent être réunies. Le dirigeant doit notamment exercer des fonctions techniques distinctes de celles relevant de son mandat, percevoir une rémunération spécifique pour ces fonctions et être placé dans un véritable lien de subordination à l'égard de la société. En pratique, ces situations restent relativement rares, en particulier lorsque le président détient le contrôle de la société.

Lorsque ces conditions sont remplies, les droits à l'assurance chômage ne concernent que l'activité exercée dans le cadre du contrat de travail, et non le mandat social lui-même.

En raison de cette protection limitée, de nombreux présidents de SAS choisissent de compléter leur couverture en souscrivant une assurance chômage privée ou en mettant en place d'autres solutions destinées à sécuriser leurs revenus en cas de perte involontaire de leur activité.

4. La prévoyance dirigeant : une première protection indispensable

En cas de maladie ou d'accident, la perte de revenus peut intervenir très rapidement pour un président de SAS. Même s'il bénéficie du régime général de la Sécurité sociale en tant qu'assimilé salarié, les prestations versées par le régime obligatoire ne permettent pas toujours de maintenir son niveau de vie. Une assurance prévoyance constitue donc l'un des premiers dispositifs à envisager pour sécuriser sa situation financière.

Selon les garanties souscrites, un contrat de prévoyance peut prévoir le versement de prestations lorsque le dirigeant est en arrêt de travail, devient invalide ou est victime d'un accident l'empêchant d'exercer son activité.

Des indemnités journalières en cas d'arrêt de travail

Une maladie ou un accident peut entraîner une incapacité de travail de plusieurs semaines ou de plusieurs mois. Pendant cette période, le président peut voir sa rémunération diminuer, voire disparaître si l'entreprise n'est plus en mesure de la maintenir.

Le contrat de prévoyance peut alors prévoir le versement d'indemnités journalières destinées à compléter les prestations du régime obligatoire. L'objectif est de préserver tout ou partie des revenus du dirigeant pendant son arrêt de travail et de lui permettre de faire face à ses dépenses courantes.

Le montant des indemnités, leur durée de versement ainsi que le délai de franchise varient selon les contrats.

Une rente en cas d'invalidité

Lorsque l'état de santé du président réduit durablement sa capacité à travailler, la prévoyance peut prévoir le versement d'une rente d'invalidité.

Cette garantie permet de compenser une perte de revenus lorsque le dirigeant ne peut plus exercer son activité dans des conditions normales. Selon le degré d'invalidité constaté et les modalités du contrat, la rente peut être versée jusqu'à l'âge de la retraite ou pendant une durée déterminée.

Cette protection contribue à préserver l'équilibre financier du dirigeant et de sa famille face aux conséquences d'une incapacité durable.

Un capital versé en cas de décès

La prévoyance peut également prévoir le versement d'un capital aux bénéficiaires désignés si le président décède.

Ce capital permet notamment d'aider les proches à faire face aux conséquences financières immédiates du décès : remboursement d'un emprunt, maintien du niveau de vie du foyer, frais liés à la succession ou réorganisation de la vie familiale.

Le montant de cette garantie est fixé lors de la souscription et peut être adapté aux besoins du dirigeant.

Une rente pour protéger les proches

Au-delà du versement d'un capital, certains contrats prévoient une rente destinée au conjoint survivant ou aux enfants.

Selon les garanties choisies, cette rente peut être versée pendant plusieurs années, jusqu'à un âge déterminé des enfants ou, dans certains cas, à vie pour le conjoint. Elle permet d'assurer une certaine stabilité financière à la famille malgré la disparition du dirigeant.

Une protection à adapter à sa situation

Les besoins d'un président de SAS varient selon son niveau de rémunération, sa situation familiale, ses charges personnelles ou encore sa dépendance financière à l'égard de son activité professionnelle. Il est donc essentiel de choisir un contrat dont les garanties, les plafonds d'indemnisation, les délais de franchise et les exclusions correspondent réellement à sa situation.

5. L'assurance chômage privée pour les dirigeants

En l'absence de couverture par l'assurance chômage obligatoire, de nombreux présidents de SAS choisissent de souscrire une assurance chômage privée, également appelée assurance perte d'emploi des dirigeants. Son objectif est de verser une indemnisation lorsque le dirigeant perd involontairement son activité dans les conditions prévues par le contrat.

Cette protection permet de disposer d'un revenu de remplacement pendant la période nécessaire pour retrouver une activité professionnelle ou lancer un nouveau projet.

Quels événements peuvent être couverts ?

Les garanties varient d'un contrat à l'autre, mais l'assurance peut notamment intervenir en cas de perte involontaire du mandat social résultant de certains événements, tels que :

  • une révocation du mandat ;
  • une liquidation judiciaire de la société ;
  • une dissolution de l'entreprise ;
  • une cession de la société entraînant la perte des fonctions de dirigeant ;
  • un redressement judiciaire lorsque les conditions du contrat sont réunies.

Chaque assureur définit précisément les événements ouvrant droit à une indemnisation. Il est donc indispensable de vérifier les situations réellement couvertes avant de souscrire.

Quelles sont les conditions d'indemnisation ?

Le versement des prestations est généralement soumis à plusieurs conditions.

L'assureur peut notamment exiger que la perte du mandat soit involontaire, que le dirigeant ait exercé son activité pendant une durée minimale et que les circonstances de la cessation d'activité correspondent aux garanties prévues par le contrat.

Des justificatifs relatifs à la fin du mandat, à la situation de l'entreprise et aux revenus antérieurs sont également demandés afin de déterminer le montant de l'indemnisation.

Un délai de franchise est généralement prévu

L'indemnisation ne débute pas immédiatement après la perte d'activité.

La plupart des contrats prévoient un délai de franchise, parfois appelé délai d'attente, pendant lequel aucune prestation n'est versée. Ce délai peut varier de quelques semaines à plusieurs mois selon les garanties choisies.

Il est donc important de disposer d'une épargne suffisante pour couvrir cette période transitoire.

Pendant combien de temps les indemnités sont-elles versées ?

La durée d'indemnisation dépend du contrat souscrit.

Selon les assureurs, les prestations peuvent être versées pendant plusieurs mois, voire davantage lorsque le niveau de garantie le prévoit. Le montant des indemnités est généralement calculé en fonction des revenus professionnels antérieurs, dans la limite des plafonds fixés par le contrat.

Certaines formules permettent également de choisir, dès la souscription, le niveau de revenus que le dirigeant souhaite protéger.

Quelles sont les principales exclusions ?

Comme tout contrat d'assurance, l'assurance chômage privée comporte des exclusions de garantie.

Selon les contrats, l'indemnisation peut notamment être refusée en cas :

  • de démission volontaire ;
  • de cessation d'activité ne répondant pas aux conditions prévues ;
  • de fraude ou de fausse déclaration ;
  • de perte d'activité survenant pendant le délai de carence ;
  • de situations expressément exclues par les conditions générales.

La lecture attentive des exclusions est essentielle pour connaître précisément l'étendue de la couverture.

Des contrats très différents selon les assureurs

Il n'existe pas de contrat d'assurance chômage standard pour les dirigeants. Les garanties proposées diffèrent fortement d'un assureur à l'autre, tant sur les événements couverts que sur les délais de franchise, les plafonds d'indemnisation, la durée des versements ou les exclusions.

Avant de souscrire, il est recommandé de comparer plusieurs offres afin d'identifier celle qui correspond le mieux à votre situation, à votre niveau de revenus et aux risques auxquels vous êtes exposé. Une analyse personnalisée permet de choisir une protection réellement adaptée à vos besoins.

6. FAQ

Une assurance chômage privée est-elle obligatoire ?

Non. Elle est facultative, mais peut offrir une protection précieuse en cas de perte involontaire du mandat.

La prévoyance couvre-t-elle la perte d'emploi ?

Non. Elle intervient principalement en cas de maladie, d'accident, d'invalidité ou de décès. La perte de mandat relève d'une assurance chômage spécifique.

Quel niveau de protection faut-il prévoir ?

Cela dépend notamment du niveau de revenus, des charges personnelles, de la situation familiale et du patrimoine du dirigeant. Une étude personnalisée permet de déterminer les garanties les plus adaptées.

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