Par Jean-David Boussemaer, le 4 février 2026 - 6 min de lecture

Suis-je couvert par mon assurance en cas de sinistre électrique ?

Un court-circuit, une surtension, un incendie provoqué par une installation défectueuse ou encore un matériel endommagé… Les incidents électriques peuvent avoir des conséquences coûteuses, voire dangereuses. Dans quelle mesure votre assurance professionnelle peut-elle vous couvrir ?

sinistre électrique 

1. En résumé

  • Les sinistres d’origine électrique en milieu professionnel peuvent prendre des formes variées (incendie, surtension, panne, électrocution) et entraîner des conséquences humaines, matérielles et financières importantes.
  • La Responsabilité Civile Professionnelle intervient lorsque des dommages électriques causent un préjudice à un tiers, tandis que la multirisque professionnelle couvre les biens, équipements et pertes d’exploitation de l’entreprise.
  • La garantie des dommages électriques n’est pas toujours incluse par défaut et dépend souvent d’options spécifiques ainsi que du respect de critères stricts comme la conformité et l’entretien de l’installation.
  • Pour être indemnisé, l’assuré doit disposer d’une installation conforme aux normes, assurer un entretien régulier, déclarer le sinistre dans les délais et se soumettre à une expertise.
  • Certaines situations restent exclues (non-conformité, défaut d’entretien, négligence volontaire), d’où l’importance d’une prévention active, de contrôles réguliers et de la conservation de tous les justificatifs.

2. Les sinistres d’origine électrique : de quoi parle-t-on ?

Les sinistres électriques en milieu professionnel peuvent revêtir plusieurs formes, allant de l'incident mineur à la catastrophe grave, tant sur le plan humain que matériel. Ils proviennent généralement d’un défaut dans l’installation électrique, d’une surcharge, d’un dysfonctionnement d’équipement ou d’un mauvais entretien. Voici les cas les plus fréquents.

Incendie causé par un court-circuit

Un court-circuit peut survenir lorsqu’un câble dénudé entre en contact avec un autre conducteur ou une masse métallique. Cela provoque une surchauffe quasi instantanée, pouvant entraîner un départ de feu dans un tableau électrique, un local technique ou même à proximité d’un appareil branché. Ce type d’incident est l’un des plus redoutés, car il peut rapidement détruire tout ou partie d’un local professionnel et engager la responsabilité du dirigeant si l’installation n’était pas conforme.

Dégât sur un équipement électrique suite à une surtension

Une surtension est une élévation brutale de la tension électrique dans un circuit. Elle peut être causée par un orage, un problème sur le réseau ou un dysfonctionnement interne. Ordinateurs, imprimantes, systèmes de sécurité, caisses enregistreuses : tous les équipements électroniques modernes sont vulnérables. Lorsqu’ils grillent, cela peut représenter des milliers d’euros de perte pour une entreprise, sans parler de la paralysie temporaire de l’activité.

Panne générale liée à une installation vétuste

Une installation électrique ancienne ou mal entretenue est plus sujette aux coupures de courant, aux baisses de tension ou aux dysfonctionnements récurrents. Ce type de panne peut bloquer l’accès à certains services (éclairage, chauffage, ventilation, outils numériques) et, dans certains cas, interrompre complètement la production ou la vente. À terme, cela peut se traduire par une Perte d'exploitation importante, difficile à compenser sans assurance adaptée.

Électrocution d’un tiers (client, prestataire, intervenant extérieur)

Lorsqu’un individu subit un choc électrique dans vos locaux, les conséquences peuvent être dramatiques, à la fois médicalement et juridiquement. Qu’il s’agisse d’un client touchant un appareil défectueux ou d’un prestataire intervenant sur une armoire électrique, votre responsabilité peut être engagée. Les frais médicaux, indemnisations et procédures peuvent alors rapidement s’accumuler.

3. RC Pro ou multirisque pro : quelle couverture prévoir ?

En cas de sinistre électrique, il est essentiel de bien identifier les responsabilités et les dommages subis pour activer les bonnes garanties. Deux types d’assurance peuvent intervenir : la RC Pro et la multirisque professionnelle. Chacune joue un rôle complémentaire.

Responsabilité Civile Professionnelle (RC Pro)

La RC Pro vous protège si un tiers (client, fournisseur ou intervenant extérieur) subit un dommage du fait de votre activité ou de votre matériel. En cas de sinistre d’origine électrique, elle peut intervenir dans plusieurs situations concrètes.

Par exemple, si un client se blesse à cause d’un appareil électroménager défectueux dans votre commerce, ou si un prestataire est électrocuté en manipulant une prise non conforme, votre responsabilité peut être engagée. La RC Pro prend alors en charge :

  • les frais médicaux ou d’hospitalisation de la victime,
  • les dommages et intérêts éventuellement dus,
  • les honoraires d’avocat et les frais de procédure, en cas de mise en cause devant un tribunal.

👉 Cetet garantie est particulièrement importante pour les professionnels accueillant du public ou intervenant sur des installations techniques.

Assurance Multirisque Professionnelle

La multirisque professionnelle couvre vos propres biens et infrastructures. Elle devient indispensable lorsqu’un problème électrique provoque des dommages matériels ou une interruption d’activité dans vos locaux.

Les garanties utiles dans ce cadre incluent notamment :

  • la remise en état des locaux et équipements endommagés, après un incendie ou une surtension,
  • la réparation ou le remplacement des équipements endommagés (ordinateurs, machines, appareils électriques),
  • l’indemnisation de la perte d’exploitation, si l’incident vous empêche de poursuivre votre activité (baisse de chiffre d'affaires, frais fixes à couvrir, etc.).

Attention : la couverture des dommages électriques dépend des contrats. Elle peut être incluse dans certaines formules ou nécessiter une extension spécifique à souscrire en supplément. Elle peut également être conditionnée à des critères stricts :

  • la conformité de l’installation électrique aux normes en vigueur,
  • un entretien régulier par un électricien professionnel,
  • des systèmes de protection (parafoudre, disjoncteurs différentiels…).

👉 Ne pas répondre à ces exigences peut entraîner un refus d’indemnisation en cas de sinistre.

4. Les conditions pour être indemnisé

Souscrire une assurance ne garantit pas automatiquement l’indemnisation de tous les sinistres. En cas de problème électrique, les compagnies d’assurance appliquent des critères stricts avant d’activer la garantie. Plusieurs conditions doivent être réunies pour que la prise en charge soit effective.

Conformité de l’installation électrique

Premier point essentiel : votre installation électrique doit être sécurisée et conforme aux règles en vigueur, notamment celles issues de la norme NF C 15-100. Une non-conformité grave ou un défaut de mise en sécurité peut entraîner un refus d’indemnisation.

Il est donc indispensable de faire appel à un professionnel certifié pour toute mise aux normes ou rénovation électrique, et de conserver les justificatifs de conformité (Consuel si applicable, rapports de vérification, interventions…).

Entretien régulier

Une installation électrique conforme ne suffit pas si elle n’est pas entretenue. Les assureurs peuvent exiger des contrôles périodiques, surtout dans les locaux recevant du public ou manipulant des équipements puissants.

Des interventions préventives par un électricien agréé permettent de détecter des anomalies (échauffements, câblages endommagés, surcharge) avant qu’un sinistre ne survienne. À défaut d’entretien régulier, l’assureur peut considérer qu’il y a négligence.

Déclaration dans les délais

Comme pour tout sinistre, vous êtes tenu d’informer votre assureur rapidement après l’incident. Le délai standard est de 5 jours ouvrés, mais il peut varier selon le contrat.

Une déclaration tardive peut compromettre l’indemnisation, surtout si elle empêche l’assureur de diligenter une expertise dans un état fidèle du dommage. Il est donc recommandé de notifier le sinistre par écrit, en joignant un descriptif précis, des photos, des factures ou tout élément de preuve.

Expertise et validation de la prise en charge

Dans de nombreux cas, surtout si les dommages sont importants, l’assureur mandatera un expert indépendant pour analyser l’origine du sinistre.

L’objectif : vérifier que l’incident relève bien des garanties prévues au contrat, qu’il n’y a pas de faute ou négligence, et chiffrer le montant des réparations ou des pertes. Ce rapport d’expertise est souvent déterminant dans la validation (ou le refus) de la prise en charge.

5. Ce qui n’est généralement pas couvert

Même si vous êtes assuré, certaines situations peuvent entraîner un refus d’indemnisation. Les contrats d’assurance comportent toujours des exclusions de garantie, qu’il est impératif de connaître pour éviter toute mauvaise surprise en cas de sinistre électrique.

Installations non conformes ou dangereuses

Si l’assureur découvre que votre installation électrique est non conforme aux normes ou qu’elle présente un danger manifeste, et que vous en aviez connaissance, il peut refuser de couvrir les dommages.

Cela concerne par exemple :

  • un tableau électrique surchargé,
  • des câbles abîmés ou bricolés,
  • l’absence de disjoncteurs différentiels ou de mise à la terre.

Dans ces cas, l’assureur estimera que vous avez pris un risque délibéré, ce qui constitue une faute contractuelle.

Défaut manifeste d’entretien

Un manque d’entretien évident peut également vous faire perdre le bénéfice de la garantie. Une installation vieillissante, jamais révisée, laissée dans un état de dégradation avancée sera difficilement défendable.

De même, si l’incident découle d’un équipement que vous auriez dû remplacer ou réparer depuis longtemps (par exemple une multiprise fondue ou un convecteur électrique défectueux), l’assureur pourra invoquer un manquement à votre obligation d’entretien.

Négligence volontaire ou usage inadapté

Autre exclusion fréquente : la négligence volontaire ou l’usage inapproprié du matériel. Par exemple :

  • brancher un appareil à forte puissance sur une installation inadaptée,
  • ignorer les alertes d’un électricien sur un risque de court-circuit,
  • effectuer des branchements improvisés sans qualification.

👉 Dès lors qu’un comportement imprudent ou contraire aux règles de sécurité est constaté, l’assureur est en droit de décliner la prise en charge.

6. Comment bien se protéger ?

Face aux risques électriques, une approche préventive et structurée est la meilleure garantie contre les mauvaises surprises. Il ne suffit pas de réagir après un sinistre : il faut anticiper, sécuriser et s’assurer que votre couverture est réellement adaptée à votre activité.

Souscrire une assurance multirisque pro avec une extension Dommages électriques

La première précaution consiste à vérifier que votre contrat multirisque professionnelle intègre explicitement une garantie « dommages électriques ».

Dans de nombreux cas, cette protection ne figure pas dans la formule de base et nécessite une option ou une extension spécifique. Elle couvre les détériorations d’équipements électriques ou électroniques dues à une surtension, un court-circuit ou une défaillance du réseau.

Prenez le temps d’examiner les plafonds d’indemnisation, les franchises, ainsi que les exclusions éventuelles (matériel trop ancien, équipements non certifiés…).

Vérifier que votre RC Pro couvre bien les accidents d’origine électrique

Assurez-vous également que votre Responsabilité Civile Professionnelle inclut les dommages causés par un défaut électrique à des tiers. Cela peut concerner les sinistres corporels (électrocution, brûlure) subis par un client ou un intervenant extérieur.

En cas de doute, n’hésitez pas à demander à votre courtier ou assureur un écrit clair attestant de cette couverture, ou à faire ajuster les garanties en fonction de vos équipements et de votre activité.

Organiser des contrôles réguliers par un électricien qualifié

Les compagnies d’assurance attendent de vous que vous entreteniez vos installations. Pour cela, prévoyez des contrôles réguliers effectués par un professionnel certifié, notamment si votre activité implique une consommation électrique importante ou l’usage d’appareils sensibles.

Un électricien qualifié pourra :

  • vérifier la conformité de l’installation,
  • détecter les anomalies potentielles,
  • recommander des améliorations ou des remises aux normes.

Ces contrôles participent activement à la prévention des sinistres et peuvent peser favorablement en cas de litige avec votre assureur.

Conserver tous les justificatifs

Enfin, il est indispensable de conserver tous les documents liés à votre installation électrique, notamment :

  • les attestations de conformité (Consuel si applicable),
  • les comptes rendus d’intervention,
  • les devis et factures de travaux d’électricité,
  • les rapports de maintenance.

👉 Ces pièces peuvent faire la différence au moment d’un sinistre, car elles prouvent votre bonne foi, la conformité de vos équipements et votre rigueur dans la gestion des risques.

Avec Assurup souscrivez aux meilleurs contrats d'assurance, le plus rapidement possible et sans prise de tête :signe_victoire:


Et bénéficiez de conseils d’experts, d’une plateforme de gestion sécurisée, des tarifs prénégociés et sans frais de dossier, sans honoraires et sans frais de conseils.

Souscrivez votre assurance professionnelle en ligne

sinistre électrique 

Suis-je couvert par mon assurance en cas de sinistre électrique ?

Un court-circuit, une surtension, un incendie provoqué par une installation défectueuse ou encore un matériel endommagé… Les incidents électriques peuvent avoir des conséquences coûteuses, voire dangereuses. Dans quelle mesure votre assurance professionnelle peut-elle vous couvrir ?

FAQ Assurances publié le 04 février 2026
préjudice psychologique

Suis-je couvert par mon assurance en cas de préjudice psychologique ?

Le préjudice psychologique occupe une place de plus en plus importante dans les litiges impliquant les professionnels, tous secteurs confondus. Stress, anxiété, souffrance morale ou sentiment de détresse peuvent aujourd’hui donner lieu à des réclamations, même en l’absence de dommage matériel ou corporel.

FAQ Assurances publié le 29 janvier 2026
Sprinklers

Sprinklers : obligations, conformité et risques pour les entreprises

Un sprinkler est un dispositif de sécurité qui peut sauver des vies et limiter des dégâts majeurs. Malheureusement, beaucoup de professionnels découvrent l’importance des sprinklers au pire moment : après un départ de feu, lors d’un contrôle, ou quand l’assureur refuse de couvrir une partie du sinistre faute de conformité.

FAQ Assurances publié le 22 janvier 2026