1. Fixez des conditions de livraison adaptées à votre restaurant
Une réception de marchandises bien organisée commence avant l’arrivée du livreur. Convenez avec vos fournisseurs de créneaux de livraison compatibles avec le fonctionnement de votre restaurant. Évitez autant que possible les périodes de service ou de forte préparation, lorsque votre équipe dispose de moins de temps pour effectuer les contrôles.
Choisissez de préférence un horaire permettant de vérifier les marchandises puis de les ranger rapidement, notamment lorsqu’il s’agit de produits réfrigérés ou surgelés.
Précisez également les conditions pratiques : adresse exacte, accès à utiliser, lieu de déchargement et personne à contacter. Si votre établissement présente des contraintes particulières, comme une rue piétonne, une cour partagée ou des horaires de livraison réglementés, communiquez-les dès la première commande. Demandez aussi à être prévenu en cas de retard.
Encadrez les substitutions de produits avec vos fournisseurs. Une référence indisponible ne doit pas entraîner un remplacement découvert uniquement au moment du déballage. Un changement de marque, de conditionnement ou de composition peut modifier vos recettes, votre coût matière et les informations relatives aux allergènes.
Enfin, désignez un responsable de la réception des marchandises ainsi qu’un remplaçant. L’équipe doit savoir qui accueille le livreur, qui effectue les contrôles et qui décide de l’acceptation ou du refus d’un produit.
2. Préparez la zone de réception et le matériel de contrôle
Avant l’arrivée du livreur, libérez un espace propre et dégagé pour déposer et contrôler les marchandises. Prévoyez un support approprié afin de ne pas poser les denrées directement au sol.
Organisez leur passage vers les réserves, réfrigérateurs, congélateurs et chambres froides de façon à limiter les croisements avec la vaisselle sale, les déchets ou les préparations alimentaires en cours.
Veillez également à limiter le contact entre les emballages de transport et les surfaces servant à préparer les aliments. Les cartons et caisses utilisés pendant le transport peuvent introduire des salissures dans les zones de préparation.
Gardez votre matériel de contrôle à portée de main. Selon votre organisation, prévoyez :
- ● la commande ou le bon de commande à comparer au bon de livraison ;
- ● un thermomètre adapté aux denrées contrôlées ;
- ● un support papier ou numérique pour enregistrer les contrôles ;
- ● le nécessaire pour nettoyer et désinfecter une sonde lorsque son utilisation le nécessite ;
- ● un moyen de photographier et de documenter une anomalie.
Vérifiez également la capacité disponible dans vos réfrigérateurs, congélateurs et chambres froides professionnelles. Une livraison volumineuse doit pouvoir être rangée rapidement sans surcharger les équipements ni gêner la circulation de l’air.
Intégrez ces étapes à votre plan de maîtrise sanitaire et à vos procédures d’hygiène afin que chaque personne chargée de la réception applique une méthode cohérente.
3. Contrôlez la livraison avant de l’accepter
À l’arrivée du livreur, comparez les marchandises reçues avec la commande et le bon de livraison. Contrôlez les références, quantités, poids ou volumes et conditionnements.
Repérez les produits manquants et les éventuelles substitutions. Un format différent peut modifier le nombre de portions disponibles, tandis qu’un changement de référence peut nécessiter une nouvelle vérification de la composition et des allergènes.
Examinez ensuite l’état des produits avant de les intégrer à vos stocks. Une commande correcte sur le plan quantitatif n’est pas nécessairement conforme sur le plan sanitaire.
Le contrôle à réception peut notamment porter sur :
- ● les conditions de livraison : propreté apparente des contenants, protection des denrées et conditions de transport observables au déchargement ;
- ● l’intégrité des emballages : absence de fuite, déchirure, opercule décollé, gonflement ou perte de vide ;
- ● l’étiquetage : dates, conditions de conservation, identification des produits et numéros de lots ;
- ● l’état des denrées : absence de moisissures, écoulements, altérations visibles ou signes laissant suspecter une décongélation.
Une conserve bombée, un emballage percé ou une denrée présentant des signes d’altération doivent vous alerter. Ne goûtez jamais un aliment suspect pour essayer de vérifier s’il peut être consommé.
À l’inverse, une odeur ou une apparence normale ne suffisent pas à garantir la sécurité d’un produit. Le contrôle visuel doit être complété par les vérifications adaptées, notamment celles des températures, des dates et de la traçabilité.
4. Vérifiez la température des marchandises à réception
Il n’existe pas une température de réception unique applicable à tous les aliments. La température à respecter dépend de la catégorie de denrée, de la réglementation applicable et, selon les produits, des indications figurant sur l’étiquetage.
Voici quelques températures maximales de référence en restauration pour des catégories courantes de denrées.
| Catégorie de denrées | Température maximale de référence |
|---|
| Viandes hachées réfrigérées | +2 °C |
| Abats d’ongulés domestiques réfrigérés | +3 °C |
| Préparations de viandes réfrigérées | +4 °C |
| Viandes de volailles et de lapins réfrigérées | +4 °C |
| Produits de la pêche frais | Température de la glace fondante, soit de 0 à +2 °C |
| Autres denrées alimentaires très périssables | +4 °C dans les établissements de remise directe |
| Autres denrées alimentaires périssables | +8 °C dans les établissements de remise directe |
| Glaces et crèmes glacées | −18 °C |
Ces valeurs constituent des repères réglementaires et non une grille universelle d’acceptation des livraisons. Des dispositions particulières ou des températures fixées dans les conditions prévues par la réglementation peuvent s’appliquer selon la nature et le conditionnement des produits.
Consultez notamment l’arrêté du 21 décembre 2009 relatif aux règles sanitaires applicables aux denrées alimentaires et les consignes de conservation correspondant aux produits reçus.
Utilisez un thermomètre adapté et correctement entretenu. Un thermomètre infrarouge mesure principalement une température de surface. Il peut faciliter un premier contrôle, mais ne remplace pas nécessairement une mesure par contact ou une autre méthode prévue dans votre procédure.
Lorsqu’une sonde est utilisée directement sur des denrées ou des emballages, appliquez les règles de nettoyage et de désinfection appropriées afin d’éviter une contamination croisée.
Définissez dans votre procédure les produits à contrôler, la méthode de mesure, les tolérances éventuellement prévues et la conduite à tenir en cas d’écart. Un aliment qui retrouve une température froide après son rangement n’est pas pour autant automatiquement conforme.
5. Contrôlez les DLC et DDM lors de la livraison
Lors de la réception, vérifiez les dates des produits en tenant compte de la date à laquelle vous prévoyez de les utiliser.
Il est important de distinguer :
- ● la date limite de consommation (DLC), associée à la mention « à consommer jusqu’au » ;
- ● la date de durabilité minimale (DDM), associée à la mention « à consommer de préférence avant ».
Ces deux indications n’ont pas la même signification et ne doivent donc pas être gérées de manière identique dans les stocks du restaurant.
Une date encore éloignée ne dispense pas de vérifier les conditions de conservation du produit. Tenez également compte des indications concernant la durée de conservation après ouverture. Un conditionnement volumineux peut sembler économique à l’achat, mais générer des pertes si votre débit ne permet pas de l’utiliser suffisamment rapidement.
Définissez avec vos fournisseurs une durée restante compatible avec vos besoins. Appuyez-vous sur vos menus, réservations, volumes de vente habituels et marchandises déjà en stock.
Par exemple, si vous commandez des produits frais destinés à trois jours de service et qu’ils arrivent la veille de leur DLC, vérifiez les quantités que vous pourrez effectivement utiliser. Selon la situation, il peut être préférable de demander une quantité réduite ou le remplacement des produits.
Un emballage endommagé, une température inhabituelle ou une référence différente de celle commandée ne nécessitent pas toujours la même réponse. Définissez à l’avance les situations entraînant un refus et celles nécessitant une vérification complémentaire.
Précisez également qui est autorisé à prendre la décision et qui contacter lorsque le responsable habituel est absent.
Lorsqu’une anomalie est détectée, documentez-la précisément. Notez notamment le produit concerné, son lot, la quantité et la nature du problème. Selon la situation, ajoutez la température mesurée, l’heure du contrôle et des photographies.
Une indication précise telle que « emballage sous vide ouvert sur deux unités » sera plus exploitable qu’une mention générale comme « marchandise non conforme ».
Signalez rapidement le problème au fournisseur et conservez une trace écrite de vos échanges. Indiquez la solution demandée : reprise, remplacement, avoir ou autre traitement convenu.
Si seule une partie de la livraison est refusée, identifiez précisément les quantités acceptées et celles qui ne le sont pas.
Lorsqu’un produit reste temporairement dans l’établissement dans l’attente d’une décision, isolez-le des marchandises pouvant être utilisées et identifiez-le clairement, par exemple avec la mention « Ne pas utiliser – en attente de décision ».
Respectez ses conditions de conservation pendant cette période et informez les personnes susceptibles de le manipuler.
Enfin, une réserve inscrite sur un bon de livraison permet de documenter un problème commercial, mais elle ne rend pas une denrée dangereuse acceptable sur le plan sanitaire. Enregistrez la décision finale et les mesures prises.
7. Rangez rapidement les marchandises après le contrôle
Une fois les contrôles terminés, transférez sans attente inutile les denrées acceptées vers leur lieu de stockage. Donnez la priorité aux produits devant rejoindre un réfrigérateur, un congélateur ou une chambre froide.
Placez chaque marchandise dans un emplacement adapté. Séparez les produits crus des aliments prêts à consommer et protégez les denrées des écoulements. Évitez notamment de stocker une viande crue au-dessus d’un produit qui ne subira plus de cuisson.
Ne surchargez pas les équipements frigorifiques : une circulation correcte de l’air participe au maintien d’une température homogène.
Retirez les cartons et autres emballages de transport conformément à votre organisation, en limitant leur passage dans les zones de préparation. Veillez néanmoins à conserver les informations nécessaires à la traçabilité, notamment la référence, le lot, la date et les conditions de conservation.
Si une denrée est transvasée dans un autre contenant, maintenez un lien permettant de retrouver ces informations.
Profitez également du rangement pour organiser la rotation des stocks. Utilisez en priorité les produits dont la date d’échéance est la plus proche. Une livraison récente pouvant parfois présenter une date plus courte qu’un produit déjà stocké, l’ordre d’arrivée ne suffit pas toujours à déterminer l’ordre d’utilisation.
Le règlement européen relatif à l’hygiène des denrées alimentaires encadre notamment les conditions de stockage et la protection des aliments contre les contaminations.
8. Assurez la traçabilité des marchandises reçues
Prévoyez un enregistrement simple, adapté aux risques et au fonctionnement de votre restaurant. Une fiche papier ou un tableau numérique peut notamment servir à enregistrer la date de réception, le fournisseur, les produits contrôlés, les températures relevées et l’identité de la personne ayant effectué les vérifications.
Le support doit rester suffisamment simple pour être utilisé régulièrement par l’équipe.
En cas d’anomalie, indiquez également les mesures prises : refus, mise à l’écart, remplacement demandé ou contact avec le fournisseur. Enregistrez ensuite la suite donnée au problème.
Conservez les documents permettant de retrouver l’origine et l’identification des denrées. Classez les bons de livraison et les informations relatives aux lots de façon à pouvoir retrouver rapidement les produits concernés en cas d’alerte ou de retrait.
Si vous retirez un emballage ou transvasez son contenu, veillez à conserver un lien fiable entre le produit et ses informations de traçabilité.
Pour structurer vos procédures et vos autocontrôles, vous pouvez notamment vous appuyer sur le guide de bonnes pratiques d’hygiène applicable au secteur de la restauration et sur les principes de votre plan de maîtrise sanitaire.
Enfin, utilisez vos relevés pour suivre la qualité des fournisseurs. Des retards répétés, des températures anormales, des emballages fréquemment endommagés ou des DLC régulièrement trop courtes peuvent justifier une discussion avec le fournisseur.
Un historique documenté permet de piloter la qualité des livraisons à partir de faits précis.
La procédure de réception des marchandises doit pouvoir être appliquée avec la même rigueur lorsque le responsable habituel est absent. Présentez-la à chaque personne susceptible d’accueillir un livreur, y compris aux nouveaux collaborateurs et aux remplaçants.
Une démonstration pratique peut permettre d’expliquer comment contrôler une commande, utiliser un thermomètre, relever une température, identifier une anomalie et enregistrer la décision prise.
Assurez-vous que chacun connaît également les limites de son rôle. L’équipe doit savoir dans quelles situations elle peut refuser une marchandise, quand un produit doit être isolé et qui contacter en cas de doute.
Vous pouvez afficher à proximité de la zone de livraison une checklist de réception HACCP rappelant les étapes essentielles : commande, état des emballages, dates, températures, étiquetage, traçabilité et rangement.
Actualisez cette procédure lorsque vos fournisseurs, vos équipements, vos produits ou l’organisation du restaurant évoluent.
Cette vigilance contribue à limiter les pertes de marchandises et le risque d’intoxication alimentaire. Elle permet également de disposer de preuves plus précises lorsqu’une livraison ou un stock fait l’objet d’un dommage.
Pour compléter cette démarche, examinez avec votre courtier les garanties de votre contrat susceptibles d’intervenir en cas de dommages aux marchandises ou de mise en cause de votre responsabilité. Vérifiez notamment les événements couverts, exclusions, plafonds et franchises.
Vous gérez un restaurant ? Faites le point avec Assurup sur les garanties adaptées à votre établissement, à vos marchandises et à votre activité.
10. FAQ
Utilisez un thermomètre adapté à la nature du contrôle. Une mesure infrarouge renseigne principalement sur la température de surface et peut servir de premier repérage. Lorsque votre procédure prévoit une mesure par sonde, appliquez les règles nécessaires pour éviter toute contamination croisée.
Une température anormale doit déclencher l’application de votre procédure de réception. Selon le produit, l’importance de l’écart et les critères définis dans votre plan de maîtrise sanitaire, une vérification complémentaire, une mise à l’écart ou un refus peut être nécessaire. Documentez la mesure et la décision prise.
Que faire lorsqu’un emballage est endommagé à la livraison ?
Examinez le type de dommage et le risque qu’il représente pour la denrée. Une fuite, une perte de vide, un opercule ouvert ou un emballage fortement détérioré doivent notamment entraîner une vérification avant toute utilisation. Si le produit n’est pas accepté, identifiez-le clairement et conservez une trace du refus ou de la mise à l’écart.
Quels documents conserver après une livraison en restaurant ?
Conservez les documents et informations nécessaires à la traçabilité des marchandises, notamment les bons de livraison ainsi que les informations permettant d’identifier les fournisseurs, produits et lots concernés. Vos fiches d’autocontrôle peuvent également documenter les températures relevées et les anomalies constatées.
Qu’est-ce qu’une fiche de réception HACCP ?
Une fiche de réception HACCP est un support d’autocontrôle utilisé pour formaliser les vérifications réalisées au moment d’une livraison. Elle peut notamment comporter la date, le fournisseur, les marchandises contrôlées, les températures mesurées, les anomalies constatées et les actions correctives appliquées.
Dans quel ordre ranger les marchandises après une livraison ?
Rangez en priorité les produits nécessitant une conservation au froid afin de limiter leur temps d’attente hors des équipements frigorifiques. Organisez ensuite les marchandises selon leurs conditions de conservation, en séparant notamment les produits crus des denrées prêtes à consommer et en appliquant une rotation fondée sur les dates.