Par Jean-David Boussemaer, le 7 septembre 2026 - 7 min de lecture

Comment améliorer la rentabilité de son entreprise ?

Améliorer la rentabilité ne consiste pas seulement à vendre plus. Vous devez surtout comprendre ce que chaque vente rapporte réellement, concentrer vos efforts sur les activités les plus contributives et limiter les dépenses qui n’apportent pas suffisamment de valeur. Cette démarche repose sur quelques indicateurs simples, des décisions régulières et une bonne maîtrise des risques.

rentabilité

1. Que signifie améliorer la rentabilité de votre entreprise ?

Améliorer la rentabilité de votre entreprise consiste à augmenter le résultat obtenu par rapport aux moyens engagés pour exercer votre activité. Cette démarche ne revient donc pas uniquement à développer votre chiffre d’affaires. Elle suppose également de mieux maîtriser vos coûts, d’optimiser vos prix et de concentrer vos ressources sur les produits, les services ou les clients les plus profitables.

La rentabilité ne doit pas être confondue avec le chiffre d’affaires, qui correspond au montant total de vos ventes, ni avec la trésorerie, qui désigne l’argent disponible à un moment donné. Votre entreprise peut ainsi être rentable tout en connaissant des tensions de trésorerie, notamment lorsque vos clients règlent leurs factures tardivement. À l’inverse, elle peut disposer temporairement de liquidités grâce à un emprunt, un apport en capital ou un décalage de paiement, alors que son activité demeure structurellement déficitaire.

Pour évaluer votre performance, vous pouvez suivre trois principaux niveaux de résultat. La marge brute mesure ce qu’il reste après déduction des coûts directement liés aux produits ou aux services vendus. Le résultat d’exploitation intègre également les charges nécessaires au fonctionnement courant de votre entreprise, comme les salaires, les loyers ou certains frais administratifs. Enfin, le résultat net tient compte de l’ensemble des produits et des charges de l’exercice, notamment du résultat financier et de l’impôt sur les bénéfices, afin de déterminer le bénéfice ou la perte enregistré par l’entreprise.

Vous pouvez compléter cette analyse en suivant votre taux de marge et votre taux de marque. Le taux de marge se calcule ainsi : marge commerciale ÷ coût d’achat des marchandises vendues × 100. Le taux de marque correspond à : marge commerciale ÷ prix de vente hors taxes × 100. Ces deux indicateurs utilisent la même marge, mais pas la même base de calcul. Il est donc important de ne pas les confondre lorsque vous analysez vos performances ou fixez vos prix.

2. Commencez par mesurer la rentabilité réelle de chaque activité

La rentabilité globale de votre entreprise peut masquer des écarts importants entre vos offres. Un produit très vendu n’est pas nécessairement celui qui vous rapporte le plus. De même, une prestation apparemment lucrative peut mobiliser davantage d’heures que prévu, nécessiter de nombreuses corrections ou entraîner des dépenses que vous n’avez pas intégrées dans votre prix.

Pour identifier ces écarts, analysez votre rentabilité par produit, service, client, canal de vente ou établissement. Rapprochez le chiffre d’affaires généré des coûts réellement engagés : achats, matières premières, commissions, livraison, sous-traitance ou service après-vente. Intégrez également le temps de travail consacré à chaque activité et tenez compte des remises accordées, qui réduisent le montant de vos ventes.

Prenons l’exemple d’une prestation facturée 1 000 euros hors taxes. Si vous déduisez uniquement 300 euros de sous-traitance, vous pouvez avoir l’impression de dégager une marge de 700 euros. Pourtant, cette mission mobilise aussi 250 euros de temps de travail et 100 euros de frais annexes. Il vous reste donc 350 euros pour couvrir les charges communes de votre entreprise et contribuer à votre bénéfice. Si les heures réellement consacrées à la prestation dépassent vos prévisions, ce montant diminue encore.

Pour affiner votre analyse, vous pouvez ensuite répartir les charges communes, comme le loyer ou les frais administratifs, selon une méthode cohérente avec votre activité. Veillez toutefois à ne pas compter deux fois une même dépense, notamment les salaires déjà intégrés dans le coût du temps de travail.

Cette démarche vous permet de repérer les offres à développer, celles dont vous devez revoir le prix et celles dont l’organisation mérite d’être améliorée. Avant d’abandonner une activité peu rentable, vérifiez également les charges qui disparaîtraient réellement avec elle et son rôle éventuel dans la vente d’autres prestations.

3. Ajustez vos prix sans vous limiter à ceux de vos concurrents

Les tarifs de vos concurrents constituent un point de repère, mais ils ne doivent pas dicter votre politique commerciale. Vous ne supportez pas nécessairement les mêmes coûts et ne proposez pas toujours le même niveau de qualité, d’accompagnement ou de disponibilité. En vous alignant systématiquement sur les prix du marché, vous risquez de vendre à un tarif insuffisant pour assurer la rentabilité de votre activité.

Pour fixer vos prix, partez de vos coûts et de la valeur que vous apportez à vos clients. Chaque vente doit couvrir les dépenses qu’elle entraîne directement, contribuer au financement de vos charges fixes et dégager un surplus permettant de développer votre entreprise. Pensez également à intégrer votre rémunération dans votre analyse, selon votre statut et son traitement comptable. Un prix qui vous permet de payer vos fournisseurs, mais pas de vous rémunérer durablement, ne constitue pas un équilibre satisfaisant.

Ajuster vos tarifs ne signifie pas nécessairement appliquer une hausse identique à toutes vos offres. Vous pouvez créer plusieurs niveaux de service, proposer certaines prestations en option ou instaurer un montant minimal de commande. Cette approche vous permet de mieux faire correspondre le prix facturé au travail réellement fourni. Veillez à présenter clairement ce qui est inclus et ce qui fait l’objet d’une facturation supplémentaire.

Prenons l’exemple d’un produit vendu 100 euros hors taxes, dont le coût variable unitaire atteint 60 euros. Vous dégagez une marge sur coût variable de 40 euros par vente. En portant votre prix à 105 euros hors taxes, cette marge passe à 45 euros, soit une progression de 12,5 %, à coût variable unitaire constant. Une hausse tarifaire de 5 % peut donc améliorer sensiblement la contribution de chaque vente à la couverture de vos charges fixes et à votre bénéfice.

Cet effet positif dépend toutefois de la réaction de vos clients. Si les volumes vendus diminuent trop fortement, le gain unitaire peut être annulé. Après un ajustement tarifaire, suivez donc l’évolution du nombre de ventes et de la marge totale dégagée, plutôt que le seul chiffre d’affaires.

4. Réduisez les coûts qui ne créent pas suffisamment de valeur

Améliorer votre rentabilité ne signifie pas réduire indistinctement tous vos budgets. Certaines dépenses contribuent directement à la qualité de vos prestations, à votre efficacité ou à la fidélisation de vos clients. Les supprimer peut produire une économie immédiate, mais entraîner ensuite davantage d’erreurs, de retards ou de réclamations. Votre objectif consiste donc à éliminer les dépenses inutiles, sans fragiliser ce qui fait la valeur de votre offre.

Pour commencer, distinguez les charges indispensables au fonctionnement de votre entreprise, celles qui soutiennent son développement et celles dont l’utilité mérite d’être réévaluée. Examinez les abonnements peu utilisés, les logiciels qui remplissent les mêmes fonctions, les frais bancaires ou les prestations reconduites par habitude. Intéressez-vous également aux dépenses moins visibles, comme les pertes de matières premières, les achats réalisés dans l’urgence ou les frais de livraison liés à des commandes dispersées. Une dépense difficile à mesurer n’est toutefois pas nécessairement inutile : cherchez à comprendre son rôle avant de la supprimer.

Vous pouvez ensuite renégocier vos contrats fournisseurs, regrouper certains achats ou comparer plusieurs prestataires. Ne vous limitez pas au prix affiché. La qualité des produits, les quantités minimales de commande, la fréquence des livraisons et les conditions de résiliation influencent également le coût réel de votre approvisionnement. Une remise obtenue en achetant davantage peut perdre tout son intérêt si elle augmente vos frais de stockage ou vous expose à des invendus.

Les délais de paiement méritent aussi votre attention : ils agissent d’abord sur votre trésorerie et peuvent limiter vos besoins de financement. Pour chaque changement envisagé, évaluez ainsi l’économie attendue, mais aussi ses conséquences sur votre organisation et votre service client. Vous pourrez alors privilégier les réductions de coûts qui améliorent durablement votre rentabilité, sans déplacer les dépenses vers un autre poste.

5. Améliorez la productivité de votre organisation

Votre rentabilité dépend aussi de la manière dont vous organisez le travail au quotidien. Les doubles saisies, les validations excessives, les informations difficiles à retrouver ou les erreurs récurrentes mobilisent du temps sans améliorer votre offre. Avant de recruter ou d’investir dans un nouvel outil, examinez le déroulement de vos principales opérations, de la réception d’une commande à sa facturation.

Repérez les étapes qui ralentissent le travail et échangez avec les équipes qui les réalisent. Vous pourrez identifier les tâches à simplifier, les informations à centraliser et les procédures à clarifier. Des modèles de devis, une méthode commune de classement ou une répartition plus précise des responsabilités peuvent déjà réduire les pertes de temps. Certaines tâches prévisibles, comme les rappels d’échéance ou la préparation de documents récurrents, peuvent ensuite être automatisées, en conservant les contrôles nécessaires.

L’objectif n’est pas d’accélérer chaque geste ni de demander à vos équipes de travailler davantage, mais de supprimer les étapes inutiles. Un logiciel supplémentaire peut, au contraire, compliquer votre organisation s’il impose de nouvelles saisies ou s’intègre mal aux outils existants. Avant de le déployer, évaluez son coût complet, le temps de formation nécessaire et les gains que vous pouvez raisonnablement en attendre.

Gardez également à l’esprit que le temps gagné ne se transforme pas automatiquement en bénéfice. Il améliore votre rentabilité lorsque vous l’utilisez pour traiter davantage de commandes rentables, développer votre activité ou réduire certaines dépenses, comme les heures supplémentaires et les reprises liées aux erreurs.

Pour mesurer vos progrès, suivez quelques indicateurs adaptés à votre métier : coût de traitement d’une commande, temps moyen consacré à une prestation, marge dégagée par heure travaillée ou capacité de production réellement utilisée. Associez ces mesures à des indicateurs de qualité, comme le taux d’erreur, les retours clients ou le respect des délais. Vous pourrez ainsi vérifier que vos gains de productivité améliorent réellement votre performance, sans dégrader le service rendu.

6. Concentrez-vous sur les clients les plus rentables

Vos clients ne contribuent pas tous de la même manière à votre résultat. Un client qui représente une part importante de votre chiffre d’affaires peut aussi vous demander des remises fréquentes, un accompagnement intensif ou des interventions supplémentaires non facturées. À l’inverse, un client dont les commandes sont plus modestes, mais régulières et simples à traiter, peut dégager une meilleure rentabilité.

Pour comparer ces situations, examinez ce que chaque relation commerciale vous rapporte réellement au regard des ressources mobilisées. Au-delà des coûts de production, intégrez les dépenses d’acquisition, le temps consacré aux échanges commerciaux, les remises et le service après-vente. Tenez également compte du suivi des règlements : les relances mobilisent du temps, tandis que les retards de paiement peuvent entraîner des frais de financement. Analysez ces éléments sur une période suffisamment représentative, car une première commande peut être peu rentable sans que l’ensemble de la relation le soit.

Cette démarche ne consiste pas à écarter systématiquement les clients les moins rentables. Elle vous permet d’abord de comprendre ce qui déséquilibre la relation et d’ajuster vos conditions. Vous pouvez clarifier le périmètre des prestations incluses, facturer les demandes supplémentaires ou proposer une formule mieux adaptée au niveau d’accompagnement attendu. Vous disposez également de repères plus précis pour orienter votre prospection vers les profils auxquels votre offre apporte le plus de valeur, dans des conditions rentables pour votre entreprise.

La fidélisation peut ensuite renforcer cette rentabilité. En développant une relation durable avec un client satisfait, vous pouvez générer de nouvelles ventes sans engager à nouveau l’intégralité des efforts nécessaires à sa conquête. Le renouvellement, les services complémentaires et les contrats récurrents constituent des pistes intéressantes, à condition de répondre à un besoin réel et de préserver votre marge. Une fidélité obtenue grâce à des remises permanentes ou à des services gratuits toujours plus nombreux peut, au contraire, devenir coûteuse.

Veillez enfin à ne pas concentrer excessivement votre activité sur quelques clients, même très rentables. Leur départ ou une réduction de leurs commandes pourrait fragiliser votre entreprise. L’enjeu est de développer un portefeuille à la fois profitable, durable et suffisamment diversifié.

7. Maîtrisez vos stocks et votre besoin en fonds de roulement

Vos stocks représentent de l’argent immobilisé tant que les produits ne sont pas vendus et encaissés. En conservant des quantités excessives, vous augmentez vos besoins de financement, vos frais de stockage et votre exposition à la casse, au vol ou à l’obsolescence. À l’inverse, un stock trop faible peut provoquer des ruptures, retarder vos livraisons et vous faire perdre des ventes. Votre objectif consiste donc à ajuster vos approvisionnements à la demande, tout en conservant une marge de sécurité adaptée.

Pour trouver cet équilibre, analysez vos références selon leur vitesse de rotation, leur contribution au chiffre d’affaires et la marge qu’elles dégagent. Repérez les produits dormants et adaptez les commandes des références qui s’écoulent lentement. Tenez également compte de la saisonnalité, des délais de réapprovisionnement et de la fiabilité de vos fournisseurs. Des livraisons plus fréquentes en petites quantités peuvent limiter les stocks, à condition que les frais de transport supplémentaires n’annulent pas les économies réalisées.

Cette gestion s’inscrit dans la maîtrise de votre besoin en fonds de roulement, ou BFR. Celui-ci traduit le besoin de financement généré par les décalages du cycle d’exploitation, notamment entre le paiement des fournisseurs, la constitution des stocks et l’encaissement des créances clients. Plus vous devez avancer des dépenses longtemps avant d’encaisser vos ventes, plus votre activité mobilise de trésorerie.

Vous pouvez réduire ce décalage en prévoyant des acomptes lorsque votre activité s’y prête, en facturant dès que possible et en suivant régulièrement les échéances de règlement. Des relances rapides permettent de traiter les retards avant qu’ils ne s’accumulent. Vous pouvez également négocier avec vos fournisseurs des conditions de paiement adaptées à votre cycle d’exploitation, dans le respect des délais applicables.

Réduire votre BFR améliore d’abord votre trésorerie : cela n’augmente pas automatiquement votre bénéfice, mais peut limiter vos frais de financement. Ce suivi devient particulièrement important lorsque votre entreprise se développe. Une hausse des commandes peut vous obliger à acheter davantage de marchandises et à engager des dépenses avant de recevoir les paiements correspondants. Même rentable, votre croissance doit donc être accompagnée d’un suivi attentif de votre besoin en fonds de roulement et de votre trésorerie.

8. Réduisez les remises et les ventes insuffisamment margées

Une remise peut faciliter une vente, mais elle réduit immédiatement la marge que vous dégagez si vos coûts restent identiques. Avant de consentir un geste commercial, mesurez donc son effet sur votre rentabilité, et pas seulement sur le montant de la commande.

Prenons l’exemple d’un produit vendu 100 euros hors taxes, avec un coût variable unitaire de 70 euros. Votre marge sur coût variable atteint 30 euros. En accordant une remise de 10 %, vous ramenez le prix à 90 euros et cette marge à 20 euros. Une réduction de 10 % du prix diminue ainsi votre marge unitaire d’un tiers.

Pour compenser cette baisse, vous devez vendre 50 % d’unités supplémentaires : 150 produits à 20 euros de marge permettent de dégager les mêmes 3 000 euros que 100 produits à 30 euros de marge. Ce calcul suppose toutefois que votre coût variable unitaire reste stable et que le volume supplémentaire n’entraîne pas de nouvelles charges fixes. Si vous devez renforcer vos équipes ou louer un espace supplémentaire, l’effort commercial nécessaire sera plus important.

Lorsque vous accordez une réduction, recherchez une contrepartie qui présente un intérêt réel pour votre entreprise. Une commande plus importante, un engagement plus long, un paiement anticipé ou des livraisons regroupées peuvent améliorer les conditions de la vente. Vérifiez néanmoins que l’avantage obtenu justifie la marge abandonnée. Vous pouvez aussi proposer une offre moins coûteuse en réduisant clairement le périmètre de la prestation, plutôt que de fournir le même service à un prix inférieur.

Enfin, définissez des règles précises : niveau maximal de remise, marge minimale à préserver et validation nécessaire au-delà de certains seuils. Suivez les prix réellement facturés, en tenant compte des options offertes et des prestations supplémentaires non facturées. Vous éviterez ainsi que des concessions ponctuelles deviennent une pratique habituelle qui dégrade progressivement votre rentabilité.

9. Sécurisez votre entreprise contre les pertes évitables

Améliorer votre rentabilité consiste aussi à protéger les résultats que vous avez construits. Un impayé important, une panne de matériel, un incendie, une cyberattaque ou un litige peut absorber plusieurs mois de bénéfices. Au-delà des dépenses immédiates, ces événements peuvent interrompre votre activité, retarder vos commandes et fragiliser vos relations commerciales.

La prévention participe donc à la préservation de votre performance économique. Selon votre activité, vous pouvez renforcer vos sauvegardes informatiques et tester leur restauration, vérifier les demandes de changement de coordonnées bancaires ou organiser l’entretien régulier de vos équipements. La fiabilité de vos fournisseurs et la diversification de votre clientèle méritent également votre attention : une dépendance excessive peut vous rendre vulnérable à la défaillance d’un seul partenaire.

Prévoyez aussi les mesures qui vous permettraient de poursuivre votre activité en cas d’incident. Identifiez vos équipements indispensables, les informations à récupérer en priorité et les solutions de remplacement disponibles. Cette préparation peut limiter la durée d’une interruption et les pertes qui en découlent.

Vos assurances professionnelles doivent, elles aussi, rester cohérentes avec l’évolution de votre entreprise. Une hausse du chiffre d’affaires, l’achat de matériel, l’ouverture d’un local, l’augmentation des stocks ou le lancement d’un nouveau service peuvent modifier les risques auxquels votre entreprise est exposée ou les éléments déclarés à l’assureur. Ces évolutions sont donc l’occasion de vérifier, avec votre assureur ou votre courtier, que vos garanties restent adaptées. Vérifiez notamment les activités et les biens assurés, les capitaux déclarés, les plafonds d’indemnisation, les franchises et les exclusions. Ne supposez pas qu’un contrat couvre automatiquement tous les événements susceptibles d’affecter votre rentabilité.

L’assurance ne remplace ni la prévention ni une gestion rigoureuse. Lorsqu’un événement entre dans le champ des garanties souscrites, elle peut toutefois en atténuer les conséquences financières, dans les limites et conditions du contrat. L’enjeu est de préserver votre capacité à poursuivre votre exploitation sans qu’un sinistre compromette durablement votre équilibre économique.

10. Pilotez votre rentabilité avec quelques indicateurs réguliers

Attendre la clôture annuelle pour analyser vos résultats peut vous laisser découvrir trop tard une dégradation de votre rentabilité. Construisez un tableau de bord simple, actualisé chaque mois ou chaque trimestre selon le rythme de votre activité. Vous pourrez ainsi repérer les écarts et intervenir avant qu’ils ne s’installent.

Commencez par les données essentielles : chiffre d’affaires, marge brute, charges fixes et résultat d’exploitation. Complétez-les avec quelques indicateurs adaptés à votre modèle économique. Selon votre activité, vous pourrez suivre le panier moyen, le taux de conversion, le coût d’acquisition client ou la marge dégagée par heure travaillée. Les délais de paiement, les impayés et la rotation des stocks vous aideront, quant à eux, à surveiller les tensions susceptibles d’affecter votre trésorerie.

L’objectif n’est pas d’accumuler les chiffres, mais de disposer d’informations qui permettent de décider. Si votre marge diminue, cherchez à déterminer si cette baisse provient de vos prix, du coût des achats, des remises accordées ou d’une proportion plus importante de ventes peu rentables. Une hausse du chiffre d’affaires accompagnée d’une stagnation du résultat doit également vous conduire à examiner les coûts supplémentaires nécessaires pour réaliser ces ventes.

Comparez vos résultats à votre budget, à la période précédente et, lorsque votre activité est saisonnière, à la même période de l’année précédente. Conservez des méthodes de calcul identiques et un périmètre comparable pour éviter les conclusions trompeuses. Une dépense exceptionnelle ou un décalage de facturation peut expliquer un écart ponctuel sans traduire une dégradation durable.

Enfin, associez chaque écart significatif à une action précise, à un responsable et à une échéance. Lors du point suivant, vérifiez si la mesure engagée a produit l’effet attendu. Votre tableau de bord devient ainsi un outil de pilotage : il vous aide à ajuster vos décisions, plutôt qu’à simplement constater vos résultats.

11. Établissez un plan d’action par ordre de priorité

Vous n’avez pas besoin d’engager tous les chantiers simultanément pour améliorer votre rentabilité. En dispersant vos efforts, vous risquez de mobiliser vos équipes sans mener les changements jusqu’à leur terme. Commencez par les actions qui combinent un effet attendu important, un coût limité et une mise en œuvre rapide, tout en traitant les situations urgentes qui fragilisent votre activité.

Vous pouvez d’abord examiner les offres les moins rentables, corriger les prix manifestement insuffisants, supprimer les abonnements inutilisés ou encadrer les remises commerciales. Accélérer la facturation peut également constituer une priorité pour votre trésorerie, même si cette mesure n’augmente pas directement votre bénéfice. Appuyez-vous sur les difficultés réellement observées dans votre entreprise pour sélectionner vos premières actions.

Planifiez ensuite les projets plus structurants, comme l’automatisation d’un processus, la renégociation d’un contrat majeur ou la réorganisation d’une gamme. Pour chacun, évaluez les gains attendus, les ressources nécessaires et le délai avant d’en percevoir les effets. Anticipez également les échéances contractuelles et les éventuels prérequis : certains projets doivent être préparés tôt, même si leur mise en œuvre intervient plus tard.

Pour chaque action, désignez un responsable, fixez une échéance et choisissez un indicateur de résultat. Une intention comme « réduire les coûts » reste trop vague pour guider le travail. Un objectif tel que « réduire de 15 % la dépense mensuelle en logiciels avant la fin du trimestre, en supprimant les licences inutilisées et les outils redondants » permet de mesurer les progrès à partir d’un montant de référence clairement établi.

Enfin, faites régulièrement le point sur les résultats obtenus. Vérifiez les économies réellement réalisées, les effets sur la qualité du service et les éventuelles dépenses supplémentaires. Vous pourrez ainsi ajuster votre plan, poursuivre les actions efficaces et revoir celles dont les bénéfices restent insuffisants.

12. Quelles erreurs faut-il éviter ?

La première erreur consiste à rechercher la croissance du chiffre d’affaires à tout prix. Vendre davantage ne garantit pas que vous gagnerez plus d’argent. Une commande supplémentaire peut même dégrader votre résultat si les revenus qu’elle génère ne couvrent pas les coûts supplémentaires qu’elle entraîne. Avant d’accepter une demande assortie d’une forte remise ou de conditions particulières, vérifiez sa contribution réelle à votre marge et ses conséquences sur votre organisation.

Évitez également de réduire toutes vos dépenses de manière uniforme. En diminuant les budgets consacrés à la maintenance, à la formation ou au contrôle qualité, vous pouvez réaliser une économie immédiate tout en augmentant le risque de pannes, d’erreurs ou de réclamations. Cherchez à supprimer les dépenses inutiles plutôt qu’à affaiblir les fonctions qui assurent la qualité de votre offre et la continuité de votre activité.

À l’inverse, augmenter vos prix sans préparation peut fragiliser vos relations commerciales. Appuyez vos ajustements sur une analyse de vos coûts, du positionnement de votre offre et de la valeur perçue par vos clients. Expliquez clairement les changements et surveillez leur effet sur les volumes vendus comme sur la marge totale. Une hausse de la marge unitaire ne suffit pas si elle s’accompagne d’une baisse trop importante des commandes.

Enfin, ne confondez pas bénéfice comptable et trésorerie disponible. Vous pouvez afficher un résultat positif alors que vos clients n’ont pas encore réglé leurs factures et que vos propres échéances approchent. Complétez donc votre suivi de rentabilité par un prévisionnel de trésorerie régulièrement actualisé, fondé sur les dates attendues d’encaissement et de décaissement. Vous pourrez ainsi anticiper vos besoins de financement au lieu de les découvrir au moment de payer.

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