1. En résumé
- ➜ Commencez par définir précisément votre activité, vos clients et la manière dont votre entreprise gagnera de l’argent.
- ➜ Réalisez une étude de marché et construisez un prévisionnel avant d’engager des dépenses importantes.
- ➜ Choisissez votre statut juridique en fonction de votre activité, de votre situation personnelle, de votre régime social et fiscal et de vos perspectives de développement.
- ➜ Vérifiez si votre activité est réglementée et si un diplôme, une autorisation, une assurance ou d’autres conditions sont exigés avant de commencer.
- ➜ Pour une société, plusieurs démarches précèdent généralement l’immatriculation : rédaction des statuts, constitution et dépôt du capital social et publication d’un avis de constitution.
- ➜ Les formalités de création sont réalisées en ligne sur le Guichet unique des formalités des entreprises.
- ➜ Après l’immatriculation, préparez votre facturation, votre comptabilité, vos contrats et les assurances nécessaires avant de développer votre activité.
2. Définissez précisément votre projet d’entreprise
Une idée ne constitue pas encore un projet d’entreprise. Vous devez déterminer ce que vous allez vendre, à qui, à quel prix et dans quelles conditions.
Commencez par définir votre produit ou votre prestation. Demandez-vous ensuite quel problème vous résolvez pour votre client et pourquoi celui-ci choisirait votre offre plutôt que celle d’un concurrent.
Cette réflexion doit également vous permettre d’identifier vos besoins : matériel, local professionnel, stock, logiciels, véhicule, salariés, sous-traitants ou investissements de départ.
Plus votre activité est précisément définie, plus les étapes suivantes deviennent simples. Votre activité influence notamment votre modèle économique, vos besoins financiers, votre statut juridique et certaines de vos obligations professionnelles.
Si vous envisagez plusieurs activités, vérifiez également qu’elles peuvent être exercées ensemble et que vous disposez, le cas échéant, des qualifications nécessaires.
3. Vérifiez si votre activité est réglementée
Avant de créer votre entreprise, vérifiez si l’activité que vous souhaitez exercer est réglementée. Certaines professions sont accessibles librement, tandis que d’autres imposent des conditions particulières pour pouvoir démarrer légalement.
Selon votre métier, vous pouvez notamment devoir justifier d’un diplôme, d’une qualification professionnelle ou d’une expérience, obtenir une autorisation ou un agrément, effectuer une déclaration préalable, vous inscrire auprès d’un organisme professionnel ou encore respecter des conditions particulières d’installation et d’exercice.
Certaines professions sont également soumises à une obligation d’assurance. C’est notamment le cas de certaines activités réglementées pour lesquelles une assurance de responsabilité civile professionnelle est imposée par les textes. Dans le bâtiment, les professionnels soumis à l’obligation d’une assurance de responsabilité civile décennale doivent être assurés avant l’ouverture du chantier concerné.
Effectuez ces vérifications suffisamment tôt. Une obligation de formation, l’obtention d’un agrément ou certaines démarches administratives peuvent retarder le lancement de votre activité et entraîner des dépenses supplémentaires à intégrer à votre budget prévisionnel.
Les contraintes varient fortement d’un secteur à l’autre. Un restaurateur doit notamment tenir compte des règles relatives à l’hygiène alimentaire, à la vente éventuelle d’alcool et aux établissements recevant du public. Un consultant travaillant depuis son domicile rencontrera généralement moins de formalités sectorielles. Les métiers du bâtiment, de la santé, du droit, de l’immobilier ou encore du transport peuvent, quant à eux, être soumis à leurs propres conditions d’accès et d’exercice.
L’immatriculation de votre entreprise ne signifie donc pas automatiquement que vous êtes autorisé à exercer votre activité. Avant de vous lancer, identifiez précisément les règles applicables à votre profession et accomplissez les démarches requises.
4. Réalisez une étude de marché
L’étude de marché vous permet de confronter votre projet à la réalité économique avant d’engager des dépenses importantes. Son objectif n’est pas simplement de démontrer qu’un marché existe, mais de déterminer s’il existe une demande suffisante pour votre offre et si vous pouvez l’exploiter de manière rentable.
Commencez par identifier précisément vos clients potentiels. Cherchez à comprendre leurs besoins, leurs habitudes d’achat, les problèmes auxquels ils sont confrontés, les critères qui déterminent leur choix et le prix qu’ils sont prêts à payer. Plus votre clientèle cible est clairement définie, plus vous pourrez construire une offre adaptée.
Étudiez ensuite vos concurrents directs et indirects. Analysez leurs produits ou services, leurs tarifs, leur positionnement, leurs canaux de vente et les arguments qu’ils mettent en avant. L’objectif n’est pas nécessairement de proposer moins cher, mais de comprendre pourquoi un client choisirait votre entreprise plutôt qu’une autre.
Si votre activité dépend d’une clientèle locale, analysez également votre zone de chalandise. L’emplacement, le passage, l’accessibilité, la présence de concurrents et les caractéristiques de la population environnante peuvent être déterminants pour un restaurant, un commerce, un salon ou un cabinet. Ces critères auront généralement moins d’importance pour un consultant ou un prestataire travaillant principalement à distance.
Ne vous contentez pas de l’impression que « le marché existe ». Appuyez-vous sur plusieurs sources : statistiques publiques, études sectorielles, tarifs pratiqués par vos concurrents, avis clients, questionnaires ou entretiens avec des clients potentiels. Vous pouvez également tester votre offre à petite échelle avant d’investir davantage.
À l’issue de cette étude, vous devez pouvoir répondre à quelques questions essentielles : qui achètera votre offre, pour quel besoin, à quel prix et pourquoi auprès de vous ?
Ces réponses vous permettront de préciser votre positionnement, d’ajuster vos prix et votre offre, mais aussi de construire des hypothèses de chiffre d’affaires plus réalistes pour votre prévisionnel financier.
5. Définissez votre modèle économique
Votre modèle économique décrit comment votre entreprise va gagner de l’argent. Il précise ce que vous vendez, à quels clients, à quel prix et selon quelles modalités.
Plusieurs modèles sont possibles. Vous pouvez vendre un produit à l’unité, facturer une prestation à l’heure, à la journée ou au forfait, proposer un abonnement, percevoir une commission ou encore combiner plusieurs sources de revenus. Le modèle retenu doit être cohérent avec votre activité, les attentes de vos clients et vos coûts.
Ne vous arrêtez toutefois pas au chiffre d’affaires que vous pensez pouvoir réaliser. Une entreprise peut générer beaucoup de chiffre d’affaires sans être suffisamment rentable. Vous devez donc déterminer ce que chaque vente vous coûte réellement.
Identifiez les dépenses directement liées à votre activité : achats de marchandises, matières premières, commissions, frais de livraison, déplacements, logiciels, sous-traitance ou frais de paiement. Pensez également au temps nécessaire pour produire et vendre votre offre, ainsi qu’aux dépenses qui continuent même lorsque vous ne réalisez aucune vente.
Exemple : une consultante facture 600 € par jour. Si elle prévoit de facturer 12 journées par mois, son chiffre d’affaires théorique atteint 7 200 € mensuels. Mais ces 7 200 € ne correspondent pas à sa rémunération. Ils doivent également financer ses cotisations et charges, ses logiciels, son matériel, son assurance, sa prospection, son administration, ses congés et toutes les journées pendant lesquelles elle travaille sans pouvoir facturer un client.
Le bon raisonnement consiste donc à partir du nombre réaliste de journées facturables, des charges supportées par l’activité et du niveau de marge nécessaire pour atteindre la rémunération souhaitée.
Le même raisonnement s’applique à un commerce ou à un restaurant. Le prix payé par le client doit permettre de financer le coût des marchandises ou des matières premières, mais aussi une partie du loyer, des salaires, de l’énergie, des assurances et des autres frais nécessaires au fonctionnement de l’établissement.
Votre prix ne doit donc pas être fixé uniquement en observant vos concurrents. Le marché vous indique ce que les clients sont susceptibles d’accepter, tandis que votre modèle économique vous indique le prix dont votre entreprise a besoin pour fonctionner durablement.
Avant de retenir votre modèle, estimez votre marge sur chaque produit ou prestation, le nombre de ventes nécessaires pour couvrir vos charges et le niveau d’activité dont vous aurez besoin pour vous rémunérer. Ces hypothèses serviront ensuite de base à votre prévisionnel financier.
6. Établissez votre prévisionnel financier
Le prévisionnel financier traduit votre projet en chiffres. Il vous permet de vérifier sa cohérence économique, d’anticiper vos besoins de financement et d’estimer le niveau d’activité nécessaire pour faire fonctionner votre entreprise.
Commencez par estimer votre chiffre d’affaires. Appuyez-vous autant que possible sur les résultats de votre étude de marché et sur votre modèle économique : nombre de clients envisageable, fréquence d’achat, panier moyen, nombre de journées facturables ou capacité de production. Évitez de partir uniquement du revenu que vous souhaitez atteindre.
Recensez ensuite vos dépenses. Distinguez les charges fixes, qui restent relativement stables quel que soit votre niveau d’activité, des charges variables, qui augmentent avec vos ventes.
Ajoutez les dépenses et besoins financiers nécessaires au démarrage : matériel, véhicule, travaux, mobilier, équipements informatiques, dépôt de garantie ou encore constitution d’un premier stock.
Vous pourrez alors estimer votre seuil de rentabilité, c’est-à-dire le niveau d’activité à partir duquel votre entreprise génère suffisamment de marge pour couvrir ses charges. Construire plusieurs hypothèses — par exemple un scénario prudent, un scénario intermédiaire et un scénario plus favorable — permet également de mesurer la résistance de votre projet si les ventes démarrent moins rapidement que prévu.
Erreur fréquente : confondre rentabilité et trésorerie. Une entreprise peut être rentable sur l’année et pourtant rencontrer une difficulté de trésorerie. Cela peut arriver lorsqu’elle doit payer ses fournisseurs, son loyer ou ses salariés avant d’encaisser les factures adressées à ses clients.
Construisez donc également un plan de trésorerie, idéalement mois par mois pour votre première année. Vous pourrez visualiser les périodes pendant lesquelles les sorties d’argent risquent de dépasser les encaissements et déterminer le montant de trésorerie dont vous aurez besoin pour les absorber.
Prévoyez enfin une marge de sécurité pour faire face aux imprévus : démarrage commercial plus lent, dépenses supplémentaires, retard de paiement d’un client ou investissement non anticipé.
Votre prévisionnel n’a pas vocation à prédire exactement l’avenir. Il doit surtout vous permettre de répondre à trois questions : combien devez-vous investir pour démarrer, quel chiffre d’affaires devez-vous atteindre pour rendre votre activité viable et disposez-vous de suffisamment de trésorerie pour y parvenir ?
7. Estimez votre besoin de financement
Créer une entreprise peut nécessiter quelques centaines d’euros comme plusieurs dizaines de milliers d’euros. Le montant dépend principalement de votre activité, de votre mode d’exercice et des investissements nécessaires avant de réaliser vos premières ventes.
Commencez par recenser toutes les dépenses indispensables au lancement. Selon votre projet, vous pouvez avoir besoin d’acheter du matériel ou un véhicule, de constituer un stock initial, de verser un dépôt de garantie pour un local, de financer des travaux ou du mobilier, de créer un site internet ou encore d’acquérir certains logiciels.
Avant d’engager une dépense importante, vérifiez ces points :
| Dépense envisagée | Vérification à effectuer avant de payer |
|---|
| Local professionnel | Bail, destination des locaux, règles ERP, travaux nécessaires et coût réel d’occupation |
| Véhicule ou matériel | Besoin réel, financement, entretien et assurance |
| Stock | Demande réelle, rotation prévisible et impact sur la trésorerie |
| Identité visuelle | Disponibilité du nom, du nom de domaine et éventuels droits antérieurs |
| Site internet | Positionnement, objectifs commerciaux et canal d’acquisition prévu |
| Formation ou agrément | Conditions réglementaires d’accès ou d’exercice du métier |
Ne vous limitez pas aux investissements les plus visibles. Certaines dépenses sont moins importantes individuellement, mais leur accumulation peut peser sur votre budget : frais bancaires, abonnements professionnels, logiciels, communication, honoraires comptables ou juridiques, frais administratifs et assurances professionnelles.
Pensez également aux dépenses qui devront être réglées avant que votre activité génère suffisamment de recettes.
Séparez ainsi les investissements nécessaires au lancement, les dépenses courantes des premiers mois et la réserve de trésorerie destinée à absorber les décalages ou les imprévus.
8. Recherchez vos financements et les aides disponibles
Une fois votre besoin financier estimé, vous devez déterminer comment réunir les ressources nécessaires au lancement de votre entreprise.
Votre apport personnel constitue souvent une première source de financement. Il peut être complété par un prêt bancaire professionnel, un prêt d’honneur, l’entrée d’investisseurs au capital ou encore une campagne de financement participatif.
Renseignez-vous également sur les aides à la création d’entreprise. Elles peuvent être nationales, régionales ou locales et prendre différentes formes : exonérations, subventions, accompagnement ou dispositifs de financement.
Si vous êtes demandeur d’emploi, certains dispositifs peuvent également accompagner votre création ou votre reprise d’entreprise.
Ne considérez cependant jamais une aide comme acquise avant d’avoir vérifié votre éligibilité. Certaines aides doivent être sollicitées avant la création de l’entreprise ou avant l’engagement des dépenses concernées.
9. Choisissez votre statut juridique
Le choix du statut juridique détermine une partie importante du fonctionnement de votre future entreprise. Entreprise individuelle, EURL, SARL, SASU ou SAS : aucune forme juridique n’est systématiquement meilleure que les autres.
Attention à une confusion fréquente : la micro-entreprise n’est pas une forme juridique distincte, mais un régime applicable sous certaines conditions à l’entreprise individuelle.
Pour choisir, ne comparez pas uniquement les formalités de création. Prenez également en compte votre chiffre d’affaires prévisionnel, vos charges, la nature de votre activité, votre besoin de financement, l’arrivée éventuelle de futurs associés ou investisseurs et la manière dont vous souhaitez organiser votre rémunération.
Erreur fréquente : choisir son statut uniquement pour réduire les cotisations sociales
Le coût social constitue un critère important, mais il doit être mis en perspective avec votre fiscalité, votre protection sociale, vos charges réelles, votre mode de rémunération, vos besoins de financement et l’évolution prévue de votre entreprise.
Le choix de la structure influence aussi votre régime social et votre fiscalité. Selon la forme retenue et les options exercées, les bénéfices peuvent notamment relever de l’impôt sur le revenu ou de l’impôt sur les sociétés.
Enfin, raisonnez à moyen terme. Une structure très simple et adaptée à votre lancement peut devenir moins pertinente si votre chiffre d’affaires augmente fortement, si vos charges deviennent importantes, si vous souhaitez recruter, accueillir des associés ou lever des fonds.
10. Choisissez l’adresse de votre entreprise
Toute entreprise doit disposer d’une adresse de domiciliation. Il s’agit de son adresse administrative et juridique.
Ne confondez pas nécessairement domiciliation et lieu d’exercice. Une entreprise peut, dans certaines situations, être domiciliée à une adresse tout en exerçant son activité ailleurs.
Si vous exercez seul, vous pouvez notamment envisager de domicilier votre entreprise à votre domicile, sous réserve de respecter les règles applicables à votre situation.
Si votre activité nécessite un local, effectuez vos vérifications avant de signer le bail.
Ces vérifications deviennent particulièrement importantes lorsque vous accueillez du public. Un restaurant, un commerce, un cabinet ou certains ateliers peuvent être soumis aux règles applicables aux établissements recevant du public.
11. Choisissez le nom de votre entreprise
Le nom sous lequel vous exercez peut devenir un élément important de l’identité et de la valeur de votre entreprise.
Avant d’arrêter votre choix, recherchez les noms déjà utilisés par des entreprises exerçant une activité identique ou proche. Vérifiez également l’existence de marques antérieures susceptibles de créer un risque de confusion.
Pensez également à votre présence numérique. Vérifiez suffisamment tôt la disponibilité du nom de domaine correspondant.
Ne confondez pas enfin création de l’entreprise et protection de la marque. L’immatriculation d’une société, l’enregistrement d’un nom de domaine et le dépôt d’une marque produisent des effets juridiques différents.
12. Accomplissez les démarches propres à la création d’une société
Si vous créez une société, plusieurs opérations doivent généralement être accomplies avant de demander son immatriculation.
La rédaction des statuts constitue une étape centrale.
Prenez particulièrement soin de définir l’objet social.
Vous devez également constituer le capital social.
La constitution de la société doit également faire l’objet d’un avis publié dans un support habilité à recevoir des annonces légales.
Si vous entreprenez à plusieurs, ne considérez pas les statuts comme une simple formalité administrative.
13. Immatriculez votre entreprise sur le Guichet unique
Les formalités de création doivent être effectuées en ligne sur le Guichet unique des formalités des entreprises, géré par l’INPI.
Ce dispositif concerne les entreprises quelle que soit leur forme juridique ou leur activité.
Les informations et justificatifs demandés dépendent de votre situation.
Après le dépôt, le dossier est transmis aux organismes compétents. À l’issue du traitement de la formalité, l’entreprise est immatriculée et se voit notamment attribuer un numéro SIREN.
14. Ouvrez un compte bancaire adapté à votre activité
Les obligations relatives au compte bancaire diffèrent selon la forme juridique, le régime applicable et l’activité exercée. La création d’une société nécessite généralement l’ouverture d’un compte permettant notamment le dépôt du capital social.
Pour une entreprise individuelle, les règles sont différentes. Selon votre activité et votre régime, un compte distinct ou dédié à l’activité peut être obligatoire. Par exemple, un micro-entrepreneur doit disposer d’un compte dédié à son activité lorsque son chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant deux années civiles consécutives. Ce compte n’a pas nécessairement à être un compte bancaire « professionnel » proposé comme tel par la banque.
Même lorsqu’aucune obligation immédiate ne vous impose un compte distinct, séparer les opérations professionnelles de vos dépenses personnelles facilite considérablement la gestion de votre entreprise.
Ne choisissez pas votre banque uniquement en fonction du prix mensuel. Vérifiez que ses services correspondent réellement à votre activité.
15. Organisez votre comptabilité et votre facturation
N’attendez pas vos premières échéances fiscales ou sociales pour organiser la gestion administrative de votre entreprise. Mettez en place vos méthodes et vos outils dès le lancement.
Déterminez notamment comment vous allez établir vos devis et vos factures, enregistrer vos encaissements, suivre vos dépenses et conserver vos justificatifs.
Portez une attention particulière à vos factures. Elles doivent comporter les mentions obligatoires correspondant à votre situation.
Vous devez désormais intégrer la facturation électronique à votre organisation. Depuis le 1er septembre 2026, les entreprises établies en France et assujetties à la TVA entrant dans le champ de la réforme doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques. Depuis cette même date, les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) doivent également émettre leurs factures électroniques. Cette obligation d’émission s’appliquera aux PME et aux micro-entreprises à compter du 1er septembre 2027.
Si vous créez votre entreprise aujourd’hui, vérifiez donc que votre organisation et vos outils de facturation vous permettent de respecter les obligations applicables à votre situation.
16. Vérifiez vos assurances professionnelles
Les assurances à prévoir dépendent de votre métier, de vos locaux, de vos équipements et des risques auxquels votre entreprise est exposée.
Certaines assurances sont obligatoires pour certaines professions. D’autres ne le sont pas nécessairement mais peuvent protéger votre activité contre des conséquences financières importantes.
La responsabilité civile professionnelle (RC Pro) peut intervenir, dans les conditions et limites prévues au contrat, lorsque votre responsabilité est engagée à la suite d’un dommage causé à un tiers dans le cadre de votre activité.
Si vous disposez de locaux, de matériel ou de marchandises, une assurance multirisque professionnelle peut couvrir différents dommages aux biens selon les garanties souscrites.
Selon votre activité, vous pouvez également examiner la protection contre les pertes d’exploitation, les risques cyber, les dommages causés après livraison d’un produit ou encore certains risques propres à votre profession.
| Votre situation | Risque principal à examiner | Assurance à envisager |
|---|
| Vous conseillez des clients ou réalisez des prestations | Erreur, faute, négligence ou dommage causé à un tiers | RC Pro |
| Vous disposez d’un local, de matériel ou de marchandises | Incendie, dégât des eaux, vol ou autres dommages aux biens | Multirisque professionnelle |
| Vous réalisez des travaux de construction susceptibles d’engager votre responsabilité décennale | Responsabilité liée à certains dommages relevant de la garantie décennale | Assurance de responsabilité civile décennale lorsque l’activité et les travaux y sont soumis |
| Votre activité dépend fortement de vos systèmes informatiques | Cyberattaque, indisponibilité ou atteinte aux données | Assurance cyber |
| Un sinistre pourrait interrompre votre activité | Perte de marge brute ou autres pertes financières consécutives à l’interruption de l’activité | Garantie pertes d’exploitation |
| Vous fabriquez ou commercialisez des produits | Dommage apparaissant après la livraison | Responsabilité civile après livraison |
Erreur fréquente : attendre le premier client ou le premier chantier pour s’assurer
Certaines garanties doivent être souscrites avant le démarrage de l’activité ou avant certaines opérations. Dans le bâtiment, l’assurance de responsabilité civile décennale doit notamment être souscrite avant l’ouverture du chantier lorsque le professionnel est soumis à cette obligation.
Quelles assurances prévoir pour votre entreprise ?
Les besoins d’un consultant, d’un commerçant, d’un restaurateur ou d’un professionnel du bâtiment sont différents. Commencez par identifier les garanties correspondant réellement à votre activité, à vos biens et aux conséquences financières des risques auxquels vous êtes exposé.
Le réflexe Assurup avant de démarrer
- Mon activité est-elle réglementée ?
- Une assurance est-elle obligatoire avant mon premier client ou mon premier chantier ?
- Pourrais-je supporter financièrement une erreur ou un dommage causé à un client ?
- Mon local, mon stock ou mon matériel représentent-ils une valeur importante ?
- Un sinistre pourrait-il interrompre mon activité pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines ?
- Mon entreprise dépend-elle fortement de ses outils numériques ou des données qu’elle traite ?
Si plusieurs de ces questions appellent une réponse positive, l’assurance doit être intégrée à votre préparation financière et opérationnelle avant le lancement, et non traitée uniquement après l’immatriculation.
17. Préparez vos documents commerciaux
Avant de signer avec votre premier client, préparez les documents dont vous aurez besoin pour encadrer vos ventes et vos prestations.
Selon votre activité, vous pouvez notamment avoir besoin de modèles de devis, de bons de commande, de contrats, de factures ou de conditions générales de vente (CGV).
Adaptez ces documents à votre activité plutôt que de reprendre un modèle générique sans vérification.
Définissez également précisément quand et comment vous souhaitez être payé.
Profitez enfin de cette préparation pour définir le périmètre de vos engagements : contenu de la prestation, délais, conditions d’annulation ou de modification, responsabilités respectives et procédure applicable en cas de désaccord.
18. Préparez le lancement de votre activité
Votre entreprise existe juridiquement. Elle doit maintenant trouver des clients.
Préparez votre présence en ligne, votre argumentaire commercial et les principaux canaux par lesquels vos prospects pourront vous découvrir.
Vous n’avez pas nécessairement besoin d’être présent partout.
Un commerce local peut privilégier son référencement géographique et sa réputation. Un consultant B2B peut s’appuyer davantage sur son réseau, la prospection ou LinkedIn. Une entreprise spécialisée peut développer son référencement naturel autour des questions recherchées par ses futurs clients.
Définissez quelques indicateurs simples : nombre de prospects, taux de transformation, panier moyen, chiffre d’affaires, marge et trésorerie.
19. Surveillez particulièrement vos premiers mois
L’immatriculation marque le début de l’entreprise, pas la fin du projet de création.
Comparez régulièrement le chiffre d’affaires réalisé avec votre prévisionnel. Surveillez votre trésorerie et vos délais de paiement. Mesurez vos marges et identifiez les produits, prestations ou clients les plus rentables.
Vérifiez également si votre activité réelle correspond toujours à celle déclarée lors de votre création et aux informations communiquées à votre assureur.
Un déménagement, une nouvelle activité, une augmentation importante du stock, l’achat de nouveaux équipements ou une évolution de votre chiffre d’affaires peuvent nécessiter de revoir certains contrats ou d’accomplir de nouvelles démarches.
20. Checklist : les étapes pour créer votre entreprise
Avant le lancement, vérifiez que vous avez traité les principaux points :
- ● définir précisément votre activité et votre clientèle ;
- ● vérifier les conditions d’exercice de votre métier ;
- ● réaliser votre étude de marché ;
- ● construire votre modèle économique ;
- ● établir votre prévisionnel financier ;
- ● déterminer votre besoin de financement ;
- ● rechercher les aides et financements accessibles ;
- ● choisir votre statut juridique ;
- ● choisir votre domiciliation et, si nécessaire, votre local ;
- ● vérifier la disponibilité du nom envisagé ;
- ● accomplir les formalités propres à la constitution d’une société ;
- ● déposer votre formalité de création sur le Guichet unique ;
- ● organiser votre compte bancaire, votre comptabilité et votre facturation ;
- ● identifier les assurances obligatoires et celles adaptées à vos risques ;
- ● préparer vos devis, factures, contrats et conditions commerciales ;
- ● organiser la recherche de vos premiers clients ;
- ● suivre votre trésorerie et votre rentabilité dès les premiers mois.
Vous n’avez pas besoin de tout prévoir dans les moindres détails avant de vous lancer. En revanche, les décisions qui engagent durablement votre entreprise — statut, financement, local, contrats ou assurances — méritent d’être examinées avant de signer ou d’engager des dépenses importantes.