Par Jean-David Boussemaer, le 16 février 2026 - 6 min de lecture

Suis-je couvert si un appareil électrique tombe en panne ?

Un appareil électrique tombe en panne. L’écran reste noir. La machine ne démarre plus. Le système informatique se bloque. Pour un professionnel, cela peut devenir critique. Vous vous posez donc une question très concrète : êtes-vous couvert si un appareil électrique tombe en panne ? La réponse dépend du type de panne… et des garanties que vous avez réellement souscrites.

appareil électrique en panne

1. En résumé

  • Une panne simple liée à l’usure, à l’ancienneté ou à une dégradation progressive n’est généralement pas considérée comme un sinistre garanti par l’assurance.
  • L’indemnisation ne dépend pas de la panne elle-même, mais de l’existence d’un événement accidentel, soudain et extérieur prévu au contrat (incendie, dégât des eaux, surtension, foudre).
  • La garantie « dommages électriques » couvre les détériorations causées par un phénomène électrique accidentel, à condition que l’origine soit clairement établie et conforme aux conditions du contrat.
  • La garantie « bris de machine » offre une protection plus large en couvrant certains dommages internes accidentels, et peut être complétée par une garantie Perte d'exploitation pour compenser la baisse de chiffre d’affaires.
  • Pour connaître son niveau réel de protection, il est indispensable d’examiner les causes exigées, les exclusions, les plafonds, les franchises et le mode d’indemnisation prévus au contrat.

2. Une panne n’est pas toujours un sinistre

En matière d’assurance professionnelle, la qualification de l’événement est déterminante. Avant même de parler d’indemnisation, l’assureur va se poser une question simple : s’agit-il d’un sinistre au sens du contrat ?

La panne simple, en elle-même, n’est pas automatiquement considérée comme un sinistre garanti.

Si votre appareil cesse de fonctionner parce qu’un composant électronique arrive en fin de vie, parce qu’un moteur s’use progressivement ou parce qu’un circuit interne se dégrade avec le temps, vous êtes face à un phénomène technique normal. Même si l’impact est lourd pour votre activité, l’assurance considère qu’il s’agit d’un risque prévisible lié à l’exploitation du matériel.

Or, l’assurance repose sur la notion d’événement aléatoire, soudain et extérieur.

  • L’usure n’est ni soudaine, ni extérieure.
  • La dégradation progressive ne présente pas un caractère d’imprévisibilité.
  • La fin de vie d’un composant n’est pas accidentelle.

C’est cette distinction qui explique le refus fréquent d’indemnisation en cas de panne dite « naturelle ».

Prenons un exemple concret. Votre serveur informatique tombe en panne après cinq ans d’utilisation intensive. Aucun court-circuit, aucun dégât des eaux, aucun incendie. Simplement, la carte mère cesse de fonctionner. Même si la réparation coûte plusieurs milliers d’euros, l’assureur peut considérer qu’il s’agit d’une défaillance interne liée à l’ancienneté ou à l’usage normal du matériel.

Autre situation fréquente : une chambre froide qui ne maintient plus la température parce que le compresseur est usé. Là encore, sans événement extérieur identifié, il ne s’agit pas d’un sinistre garanti.

👉 L'assurance n’a pas vocation à se substituer au renouvellement normal des équipements. Elle couvre un accident, pas l’obsolescence.

Trois mécanismes différents à ne pas confondre

  • La garantie constructeur couvre les défauts de fabrication ou les dysfonctionnements intervenant pendant une période déterminée après l’achat.
  • Le contrat de maintenance vise à prévenir les pannes et à prendre en charge certaines réparations liées à l’usure ou au fonctionnement courant.
  • L’assurance, elle, intervient lorsque survient un événement accidentel prévu au contrat.

Confondre ces trois logiques conduit souvent à des déceptions au moment du sinistre.

👉 Si un équipement est essentiel à votre activité, vous ne pouvez pas simplement compter sur votre multirisque professionnelle classique. Vous devez anticiper la fin de vie technique, prévoir un plan de renouvellement ou envisager des garanties spécifiques comme le bris de machine.

3. Quand la panne peut-elle être couverte ?

La logique change totalement dès lors que la défaillance de l’appareil trouve son origine dans un événement accidentel garanti par le contrat.

En assurance professionnelle, ce n’est pas la panne qui déclenche l’indemnisation, mais l’événement à l’origine de cette panne.

Si votre matériel est endommagé à la suite d’un incendie, d’un dégât des eaux, d’un choc électrique consécutif à la foudre, d’une surtension sur le réseau ou d’un court-circuit soudain, alors vous n’êtes plus face à une simple défaillance technique. Vous êtes face à un sinistre.

Prenons quelques situations concrètes.

Un orage provoque une surtension sur le réseau électrique. Votre baie informatique est endommagée. Les cartes électroniques grillent instantanément. Ici, la cause est extérieure, soudaine et imprévisible. Si votre contrat couvre les dommages électriques ou les effets indirects de la foudre, la garantie peut s’appliquer.

Autre exemple : une fuite d’eau provenant de l’étage supérieur infiltre vos locaux et détériore vos équipements électriques. La panne qui en résulte est la conséquence d’un dégât des eaux garanti. L’indemnisation devient envisageable.

👉 Dans ces cas, la panne est une conséquence matérielle d’un événement couvert. C’est cette chaîne de causalité qui permet l’intervention de l’assureur.

La nuance est fondamentale.

L’assurance ne couvre pas un appareil qui « tombe en panne ». Elle couvre un appareil endommagé par un événement garanti.

Ce raisonnement peut sembler théorique, mais il est déterminant lors de l’expertise. L’assureur cherchera toujours à établir l’origine précise du dommage. S’il identifie une cause accidentelle prévue au contrat, la garantie peut jouer. S’il conclut à une défaillance interne sans cause extérieure, l’indemnisation peut être refusée.

Autre point essentiel : tous les contrats ne couvrent pas les mêmes événements. Certains incluent les surtensions et phénomènes électriques. D’autres exigent que la foudre ait causé un dommage direct au bâtiment. Les formulations varient, et les exclusions aussi.

👉 Il ne suffit pas d’être assuré. Il faut être assuré contre le bon risque.

4. La garantie « dommages électriques »

La garantie dommages électriques vise à couvrir les détériorations causées par un phénomène d’origine électrique affectant vos équipements. Il peut s’agir d’une surtension, d’une sous-tension, d’un court-circuit, d’un phénomène d’induction ou encore des effets indirects de la foudre.

Concrètement, cela signifie que si un événement électrique soudain et anormal provoque la détérioration de vos appareils, l’indemnisation peut être envisagée.

Prenons un exemple fréquent. Une variation brutale de tension sur le réseau endommage vos équipements informatiques. Les composants électroniques sont touchés, les cartes grillent, les serveurs deviennent inutilisables. Si votre contrat inclut une garantie dommages électriques correctement rédigée, l’assureur peut prendre en charge le coût des réparations ou du remplacement.

Autre situation : un court-circuit interne provoqué par un phénomène électrique externe entraîne la mise hors service d’une machine professionnelle. Là encore, si l’origine électrique accidentelle est établie, la garantie peut jouer. Mais tout repose sur la preuve de la cause.

Si aucun phénomène électrique accidentel n’est identifié, si l’expertise conclut à une défaillance interne progressive, à un défaut d’entretien ou à l’usure normale d’un composant, l’assureur peut refuser la prise en charge. Dans ce cas, la panne est assimilée à un aléa technique inhérent au fonctionnement du matériel.

Il faut également être attentif aux limites du contrat. Certaines garanties excluent les dommages affectant les appareils anciens au-delà d’un certain âge. D’autres appliquent des franchises élevées ou des plafonds d’indemnisation spécifiques aux équipements électroniques. L’indemnisation peut aussi être calculée en valeur d’usage, avec déduction de la vétusté.

👉 Pour les entreprises fortement dépendantes de leurs équipements électriques, ces détails contractuels sont déterminants. Une garantie dommages électriques mal calibrée peut laisser un reste à charge important.

5. La garantie « bris de machine »

Lorsque votre activité dépend directement de vos équipements, la question n’est plus seulement celle du remplacement du matériel, mais celle de la survie opérationnelle de votre entreprise.

La garantie bris de machine offre un niveau de protection plus étendu qu’une multirisque professionnelle classique. Elle couvre en principe les dommages matériels accidentels, soudains et imprévisibles qui affectent vos équipements professionnels, y compris certaines pannes internes dès lors qu’elles ne relèvent ni de l’usure normale ni d’un défaut d’entretien.

Cela signifie qu’un dommage d’origine interne peut être indemnisé s’il présente un caractère accidentel. Par exemple, la rupture brutale d’un composant mécanique, un blocage imprévu entraînant la détérioration d’un moteur, ou encore une erreur de manipulation provoquant la casse d’une pièce essentielle.

Cette garantie est particulièrement adaptée si vous exploitez des équipements de production, du matériel médical, des machines-outils, du matériel de restauration ou des serveurs informatiques. Dans ces secteurs, la moindre défaillance peut entraîner un arrêt immédiat de l’activité.

Sans cette garantie spécifique, une panne interne non liée à un événement extérieur garanti peut rester entièrement à votre charge. Et le coût réel dépasse souvent le simple montant de la réparation.

6. L’impact financier ne se limite pas au remplacement de l’équipement.

Un appareil immobilisé peut entraîner un arrêt total ou partiel de l’activité. Cette interruption peut provoquer une baisse de chiffre d’affaires, des retards dans l’exécution de vos prestations, des pénalités contractuelles ou une détérioration de votre image auprès de vos clients.

C’est précisément pour couvrir cette dimension indirecte qu’intervient la garantie Perte d'exploitation.

Si la panne résulte d’un sinistre garanti, cette garantie permet de compenser la diminution de vos revenus pendant la période nécessaire à la réparation ou au remplacement du matériel. Elle vise à préserver votre équilibre financier malgré l’interruption d’activité.

Sans perte d’exploitation, vous pouvez être indemnisé pour la machine… mais supporter seul la perte de chiffre d’affaires. Or, pour certaines entreprises, cette perte représente un risque bien plus lourd que le coût du matériel lui-même.

7. Cinq points à vérifier dans son contrat

Avant de conclure que vous êtes protégé, vous devez aller au-delà de l’intitulé de votre garantie. Ce n’est pas parce qu’un contrat mentionne « dommages électriques » ou « bris de machine » que la couverture correspond réellement à vos besoins.

  • Premier élément déterminant :la cause exigée pour déclencher la garantie. Certains contrats imposent la preuve d’un événement extérieur précis. D’autres acceptent les dommages internes à condition qu’ils soient accidentels. Cette nuance peut conditionner toute l’indemnisation.
  • Deuxième point essentiel : les exclusions. L’usure normale, le défaut d’entretien, la corrosion progressive, le vice propre ou l’ancienneté excessive du matériel figurent souvent parmi les exclusions classiques. Si votre équipement est ancien ou fortement sollicité, l’impact de ces clauses peut être considérable.
  • Troisième paramètre : les plafonds d’indemnisation. Il arrive que la garantie soit limitée à un montant inférieur à la valeur réelle de vos équipements stratégiques. Un plafond inadapté peut laisser un reste à charge significatif.
  • Il faut également examiner la franchise applicable. Une franchise élevée peut réduire fortement l’intérêt de la garantie pour des sinistres intermédiaires.
  • Enfin, le mode d’indemnisation est déterminant. Une indemnisation en valeur d’usage tient compte de la vétusté et réduit le montant versé. Une indemnisation en valeur à neuf, lorsqu’elle est prévue, permet un remplacement sans pénalité liée à l’âge du matériel, mais elle est souvent encadrée par des conditions strictes.

👉 Deux contrats portant la même appellation peuvent ainsi offrir des niveaux de protection radicalement différents. Seule l’analyse précise des conditions générales et particulières permet d’évaluer votre exposition réelle.

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