Par Jean-David Boussemaer, le 8 octobre 2026 - 8 min de lecture

PLF 2027 : calendrier et principales propositions pour les entreprises

Le projet de loi de finances pour 2027 pourrait modifier plusieurs paramètres de votre activité : fiscalité, investissements, reprise d’entreprise ou encore aides sectorielles. Déposé à l’Assemblée nationale le 1er octobre 2026, il doit être examiné en séance publique à partir du 13 octobre. À ce stade, ses dispositions restent des propositions susceptibles d’évoluer pendant les débats parlementaires.

PLF 2027

1. Quel est le calendrier du PLF 2027 ?

Le projet de loi de finances suit plusieurs étapes avant son éventuelle adoption définitive. Certaines dates sont déjà annoncées, tandis que d'autres dépendront de l'avancement des discussions parlementaires.

ÉtapeDate ou périodeCe que vous devez retenir
Dépôt à l'Assemblée nationale✅ 1er octobre 2026 Le texte initial constitue la proposition du gouvernement.
Examen en commission des financesEn cours au 8 octobre 2026Les députés examinent les dispositions et les amendements proposés.
Début prévu de la séance publique13 octobre 2026Les débats doivent se poursuivre dans l'hémicycle.
Examen au Sénat et suite de la procédurePendant l'automneLe contenu du projet pourra encore évoluer.
Promulgation et publicationÀ l'issue de la procédureLes dispositions retenues devront être vérifiées dans la loi publiée.

La Constitution prévoit un délai global de 70 jours pour que le Parlement se prononce sur le projet de loi de finances, avec notamment 40 jours pour la première lecture à l'Assemblée nationale et 20 jours pour celle du Sénat. Ces délais sont encadrés par l'article 47 de la Constitution et les règles organiques applicables.

L'objectif est de permettre l'adoption et la promulgation du budget avant le début de l'exercice concerné, après un éventuel contrôle du Conseil constitutionnel. Toutefois, les délais constitutionnels ne garantissent pas une publication à une date précise.

2. Quelles sont les principales mesures envisagées pour les entreprises ?

Le PLF 2027 comprend plusieurs propositions susceptibles d'intéresser les entrepreneurs. Leur portée dépend notamment de la taille de l'entreprise, de son secteur d'activité et de son régime fiscal.

Mesure envisagéeEntreprises concernéesEffet potentiel
Soutien fiscal à la repriseCertaines TPE et PME reprisesDéduction supplémentaire sur certains investissements
Avantages liés à la reprise par les salariésCédants et salariés repreneurs éligiblesAllègements fiscaux sous conditions
Suramortissement industrie 4.0Entreprises industrielles éligiblesSoutien à l'acquisition de certains équipements
Extension du crédit d'impôt industrie verteCertaines activités industrielles stratégiquesÉlargissement potentiel des investissements éligibles
Dégrèvements après les incendies de 2026Entreprises remplissant les conditions territoriales et économiquesAllègement de certaines taxes locales
Revalorisation du barème de l'impôt sur le revenuEntrepreneurs et dirigeants imposés personnellementModification potentielle de l'impôt selon les revenus du foyer

3. Quelles sont les grandes orientations du budget ?

Dans son cadrage budgétaire, le gouvernement affiche un objectif de déficit public de 5 % du produit intérieur brut (PIB) en 2027, contre une estimation de 5,4 % pour 2026. Son scénario repose également sur une hypothèse de croissance économique de 1 % en 2027.

Ces chiffres concernent l'ensemble des administrations publiques, et non uniquement le budget de l'État. Ils correspondent à des prévisions gouvernementales susceptibles d'être révisées en fonction de l'évolution économique.

Le gouvernement présente un effort global de redressement de 54 milliards d'euros, dont 43 milliards de mesures nouvelles portées par les textes financiers pour 2027. Ces montants concernent donc un périmètre plus large que les seules dispositions fiscales du PLF.

Le projet combinerait maîtrise des dépenses publiques, recettes supplémentaires ciblées et maintien de certains dispositifs de soutien à l'investissement. Le gouvernement annonce notamment vouloir préserver le crédit d'impôt recherche et le pacte Dutreil, utilisé sous conditions pour faciliter la transmission d'entreprises.

Pour préparer votre budget, ces orientations donnent un contexte général. Elles ne permettent toutefois pas, à elles seules, de calculer l'évolution de vos charges : vous devez examiner les mesures correspondant à votre activité, à votre taille d'entreprise et à votre régime fiscal.

4. Un soutien à la reprise des TPE et PME

Le projet de budget comporte un ensemble de mesures destinées à faciliter la transmission et la reprise des petites et moyennes entreprises. Présenté dans le cadre du « pacte Papin », ce dispositif chercherait notamment à encourager les investissements réalisés après une reprise.

Il prévoirait, sous conditions, une déduction fiscale supplémentaire pour certains investissements réalisés entre 2027 et 2029. Les taux annoncés seraient de 30 % pour certaines PME et de 60 % pour certaines TPE, selon les catégories d'entreprises et les biens concernés.

Ces pourcentages ne correspondraient pas à des subventions directement versées aux entreprises. Un suramortissement permet, lorsqu'il est applicable, de déduire fiscalement une somme supplémentaire par rapport à l'amortissement habituel. L'économie réelle dépend notamment du montant de l'investissement, du résultat imposable et du régime fiscal de l'entreprise.

La reprise par des salariés pourrait également bénéficier d'avantages renforcés. Le projet envisage notamment un doublement de l'abattement fixe applicable, sous conditions, à certaines plus-values réalisées par un dirigeant partant à la retraite, ainsi qu'une réduction de certains droits de mutation.

Ces avantages seraient soumis à plusieurs conditions. Les salariés repreneurs devraient notamment avoir travaillé dans l'entreprise pendant au moins cinq ans au cours des dix années précédant la cession. Ils devraient également s'engager à conserver la propriété de l'entreprise pendant cinq ans et, durant cette période, à l'exploiter ou à y exercer une fonction de direction.

Ces critères restent susceptibles d'évoluer pendant l'examen parlementaire.

Un amendement pour favoriser la reprise collective par les salariés

Le dispositif fait déjà l'objet de propositions de modification au Parlement. L'amendement I-CF1081, déposé le 4 octobre 2026 dans le cadre de l'examen de l'article 10, propose notamment un abattement de 90 % sur la valeur des parts ou actions cédées pour le calcul des droits de mutation, dans certains cas de reprise sous forme de société coopérative et participative (SCOP) ou d'actionnariat salarié collectif.

Cet avantage serait soumis à un engagement de conservation des titres pendant au moins six ans.

Le statut de cet amendement doit être vérifié dans le dossier parlementaire actualisé au 8 octobre 2026. Même en cas d'adoption en commission des finances, la mesure ne serait pas définitivement adoptée : elle devrait encore franchir les étapes de la procédure législative.

Si vous préparez une reprise d'entreprise, ces propositions méritent donc votre attention. Il serait néanmoins prématuré d'intégrer les avantages annoncés comme des économies certaines dans votre plan de financement.

5. Des incitations à moderniser l'outil industriel

Le gouvernement propose également plusieurs dispositifs destinés à encourager les investissements productifs et la modernisation des entreprises industrielles.

Un suramortissement consacré à l'industrie 4.0 pourrait notamment soutenir l'acquisition de certains équipements et technologies, comme la robotique, l'impression 3D, les jumeaux numériques, l'intelligence artificielle générative ou les outils d'analyse avancée des données.

Le projet prévoit également une extension du crédit d'impôt en faveur de l'industrie verte (C3IV). Les nouvelles activités envisagées concerneraient notamment les réseaux électriques, le solaire thermique, certains composants de batteries et les aimants permanents.

Ces mesures poursuivraient un double objectif : renforcer la compétitivité industrielle et accompagner les investissements dans des technologies considérées comme stratégiques.

Pour votre entreprise, l'intérêt éventuel dépendra toutefois de plusieurs paramètres : la liste exacte des équipements admissibles, les dates d'acquisition retenues, les conditions d'éligibilité et les modalités de calcul de l'avantage fiscal.

Avant de reporter ou d'accélérer une commande, vous avez donc intérêt à comparer deux scénarios : un investissement rentable sans avantage supplémentaire et un investissement bénéficiant du dispositif envisagé.

Cette approche permet d'éviter de faire dépendre une décision importante d'une mesure qui pourrait être modifiée ou supprimée pendant les débats parlementaires.

6. Un soutien fiscal aux entreprises touchées par les incendies

Le PLF 2027 prévoit également des mesures fiscales en faveur de certaines entreprises touchées par les incendies de l'été 2026, notamment en Gironde, dans les Landes et dans le Var.

Les dispositifs envisagés pourraient concerner des TPE, des PME et des entreprises individuelles ayant subi des conséquences économiques liées à ces événements.

Ils porteraient notamment sur des dégrèvements de cotisation foncière des entreprises (CFE), de taxes foncières et de taxe d'enlèvement des ordures ménagères, sous réserve du respect des conditions prévues par le texte.

L'éligibilité dépendrait notamment de la localisation de l'entreprise dans une zone ayant fait l'objet de mesures d'évacuation ou de confinement et de l'importance de la perte de chiffre d'affaires constatée.

Les éventuelles indemnités d'assurance versées au titre de la garantie pertes d'exploitation seraient également prises en compte dans l'appréciation de la situation économique de l'entreprise, selon les modalités prévues par le dispositif.

Ces dégrèvements ne seraient donc pas nécessairement automatiques pour toutes les entreprises situées dans les départements concernés.

Quel rôle pour votre assurance professionnelle ?

Les aides fiscales envisagées ne doivent pas être confondues avec les indemnisations prévues par votre contrat d'assurance professionnelle. Elles répondent à des mécanismes distincts et à des conditions propres.

Une assurance multirisque professionnelle peut notamment couvrir certains dommages matériels causés par un incendie, selon les garanties, exclusions et plafonds prévus au contrat. Une garantie pertes d'exploitation peut également intervenir pour compenser certaines conséquences financières d'une interruption ou d'une réduction d'activité, lorsque les conditions de garantie sont réunies.

Une perte de chiffre d'affaires ne suffit toutefois pas, à elle seule, à déclencher automatiquement une indemnisation. Il faut notamment vérifier les événements garantis, les éventuelles conditions liées à un dommage matériel et les dispositions particulières du contrat.

Si vous avez subi les conséquences des incendies, rassemblez vos justificatifs de chiffre d'affaires, les documents relatifs aux restrictions d'accès et les éléments transmis par votre assureur. Vous pourrez ainsi examiner séparément vos droits éventuels à indemnisation et votre éligibilité aux dégrèvements fiscaux envisagés.

7. D'autres propositions fiscales à surveiller

Le projet de loi de finances comporte également plusieurs dispositions susceptibles d'intéresser les entrepreneurs, les dirigeants et certains secteurs d'activité.

Une revalorisation du barème de l'impôt sur le revenu

Le gouvernement propose une revalorisation de 2,1 % du barème de l'impôt sur le revenu. Cette mesure viserait à tenir compte de l'évolution des prix et pourrait notamment concerner les entrepreneurs imposés personnellement sur leurs bénéfices ainsi que les dirigeants percevant une rémunération soumise à cet impôt.

Son effet réel dépendrait de la situation fiscale de chaque foyer, de ses revenus et des autres dispositions éventuellement adoptées.

Une contribution exceptionnelle partiellement reconduite pour les grandes entreprises

La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises serait partiellement reconduite, avec des taux réduits par rapport au dispositif précédent.

Le seuil d'assujettissement envisagé resterait fixé à 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires. Cette mesure concernerait donc principalement les grandes entreprises, et non la majorité des TPE et PME.

Des évolutions concernant la rénovation énergétique

Le projet prévoit également un recentrage de certains soutiens à la rénovation énergétique, notamment vers les rénovations globales et le logement collectif.

Ces orientations pourraient intéresser les entreprises du bâtiment, les professionnels de la rénovation et les acteurs intervenant dans l'amélioration de la performance énergétique des bâtiments.

Leur portée dépendra toutefois des conditions définitives des dispositifs concernés et, le cas échéant, des textes réglementaires nécessaires à leur application.

D'autres secteurs également concernés

Le texte initial comporte par ailleurs des dispositions relatives à la fiscalité des véhicules, au secteur agricole, à la culture et à la lutte contre la fraude fiscale.

Vous devez donc compléter cette vue d'ensemble par une lecture des mesures propres à votre métier. Une disposition secondaire à l'échelle du budget national peut avoir des conséquences importantes pour une activité particulière.

8. Comment préparer vos décisions sans anticiper une mesure incertaine ?

Le PLF 2027 peut vous aider à identifier certaines évolutions fiscales et économiques, mais il ne doit pas être considéré comme un ensemble de règles déjà applicables.

Pour construire votre prévisionnel, conservez d'abord une hypothèse fondée sur les règles actuellement en vigueur. Vous pouvez ensuite ajouter un scénario intégrant les propositions susceptibles de concerner votre entreprise.

Si vous envisagez une reprise, un investissement ou une modification de votre rémunération, identifiez les éléments qui pourraient changer votre décision : montant de l'avantage fiscal, critères d'éligibilité, date d'application, durée de conservation des biens ou des titres et éventuelles obligations déclaratives.

Vous pourrez ainsi mesurer l'intérêt potentiel d'une mesure sans faire reposer votre décision sur son adoption.

Enfin, ne considérez pas le 1er janvier 2027 comme une date d'application automatique pour toutes les dispositions. Certaines pourraient prévoir une entrée en vigueur différée, une période transitoire ou des conditions particulières.

Chaque dispositif devra donc être vérifié dans sa rédaction définitive, après l'adoption de la loi et sa publication au Journal officiel.

9. Où suivre l'évolution du PLF 2027 ?

Pour suivre les débats et vérifier les mesures qui concernent votre entreprise, privilégiez les sources officielles.

Les amendements adoptés en commission, les modifications votées en séance publique et les éventuelles décisions du Conseil constitutionnel peuvent modifier sensiblement le contenu initial du projet. Pour votre entreprise, la référence à retenir sera donc la version définitive de la loi, et non les seules annonces formulées lors de la présentation du budget.

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